La saison taurine 2017 se met en place avec l'étape traditionnelle à Samadet. Le programme est immuable et toujours attractif pour les aficionados landais et les nîmois et arlésiens qui prennent désormais leurs habitudes en pays de Tursan. Á l'affiche, le trio de novilleros français, tous trois originaires du Sud Est, que nous reverrons à plusieurs occasions durant la saison et qui ont dû affronter les pupilles d'Ignacio Lopez Chavez annonçant leur retour en terres françaises.

La faiblesse du bétail qui présentait tout de même une certaine noblesse a gâché le plaisir des spectateurs et limité les possibilités d'expression pour les « actueurs ». Le mot dominant qui courait à la sortie était ennui, comme quoi l'adage qui veut qu'il n'y ait pas de corrida sans taureau conserve tout son sens. La sortie n'a toutefois pas été inutile et il est satisfaisant de constater que les jeunes professionnels français sont prêts à affronter cette nouvelle saison.

Deux douzaines de manifestants hurlaient leur haine et leur détresse à comparer aux deux tiers d'arènes.

La course a commencé par un émouvant hommage rendu à Philippe Cuillé décédé brusquement en février dernier.

 

Ici à Samadet la musique est omniprésente et de qualité. La peña al violin a assuré comme d'habitude aussi bien à la baguette que pour l'organisation de la journée.

Les novillos plutôt justes de trapio et pour certains équipés de cornes discrètes se sont tous révélés bien faibles sans que la pique puisse être incriminée. En conséquence la mono-pique, souvent un simple picotazo, a été de rigueur et seules deux paires de banderilles ont pu être posées à chaque exemplaire. Toréer à mi-hauteur a été la règle.

La présidence de Jean Paul Delpech s'est distinguée par une grande générosité dans l'attribution des trophées et le déclenchement systématique et donc excessif de la musique.

Andy Younès. Le premier élément a dû être changé après qu'il se soit assommé contre un burladero ; devant l'impossibilité de le puntiller en piste et de le faire sortir, Andy Younès s'est proposé et l'a occis d'une entière efficace. Le sobrero s'est fait remarquer par un volume de taureau adulte sans prouver quoi que ce soit en terme de force et de bravoure bien qu'il ait poussé longuement mais mollement aux deux piques. Sans force il s'emploiera plus à main gauche serrant l'homme du côté droit. Finissant sans charge il sera couché d'une entière un peu en arrière et nécessitera une puntilla. Quelques applaudissements pour Andy.

Son second adversaire entre vivement en piste et est victime d'une vuelta de campana. Mono-picotazo avant le brindis au public. La faena, commencée par une cambiada au centre, sera exécutée sans trop d'engagement, plutôt sur le passage, le novillo bouscule Andy son toreo de proximité étant consécutif à la faiblesse de la charge et non à sa domination. Après un désarmé, la présidence certainement impressionnée par l'estocade engagée, bien placée et d'effet rapide accorde deux généreuses oreilles.

Tibo Garcia. Un an après sa première novillada piquée dans ces mêmes arènes Tibo Garcia sera à son avantage.

Son premier adversaire sort faible du toril il sera épargné à la pique dont il sort seul. Brindis à Didier Cabanis, ami et associé de Philippe Cuillé. Malgré la préservation de ses forces le novillo ira a menos s'arrêtant dans ses charges. Après une faena sobre et réfléchie, Tibo le tue d'un épée certes volontaire mais trop basse ce qui ne l'empêchera pas de couper une oreille accordée malgré une pétition très minoritaire.

Son deuxième et beau novillo sera vite fixé dans une cape dominatrice et douce. Après une vuelta de campana et une pique légère un peu poussée, il se montre faible au quite. Il ne s'améliorera pas et se réfugiera dans sa querencia. Tibo le travaille avec intelligence, souplesse et efficacité dans son refuge. Il l'estoque d'une entière contraire lui valant deux oreilles conformes au barème du jour.

Adrien Salenc. Il ne sera pas à son avantage. Son premier adversaire, vif à son entrée dans l'arène met le novillero à l'épreuve au premier tiers. Il évitera d'être piquée par son comportement de manso. L'intéressante entame ponciste se termine par un désarmé qui change la donne. Le novillero perd pied et le novillo sa charge. La rencontre entre les deux protagonistes ne peut se faire jusqu'à l'épée entière et bien placée qui entraîne une petite pétition avant que ne tombe le mouchoir blanc.

Le dernier novillo est très léger et mobile. Peu piqué il se révélera faible et sera toréé sur le passage sans liaison entre les gestes. L'épée entière nécessitera plusieurs descabellos.

En conclusion,

en négatif, pas de gestes noverils, pas d'échange de quites, pas de banderilles posées par les novilleros, trop de musique, trop de trophées,

en positif, de belles épées, aucun pinchazo, des puntillas toutes décisives,

et une confirmation avec l'excellente prestation de l'école Adour Aficion menée de main de maître par Richard Milian. Une suggestion aux organisateurs des arènes de première catégorie : présenter une telle prestation dont les qualités didactiques pour le public sont évidentes en lever de rideau d'une corrida selon un format à adapter.