AIRE sur l’ADOUR – Samedi 17 juin 2017

Corrida de Baltasar IBAN pour Iván FANDIÑO (orange terne et or), Thomas DUFAU (bleu ciel à parements blancs et or) et Juan DEL ALAMO (chocolat à parements blancs et or).

Lot de présentation et d’armures correctes, venant bien à la pique mais sans beaucoup de présence, noble et mobile, les 3ème, 4ème et 5ème pour moi plus encastés. Les six arrastres ont été applaudis, certains à juste titre, d’autres de façon plus surprenante … Cela commence comme une corrida banale, « tranquille », même si l’emploi de cet adjectif est idiot dans le contexte taurin, puis le chef de lidia se fait prendre lors d’un quite au 3ème toro, il chute devant l’animal, qui le reprend au sol et lui enfonce la corne dans le torse. Le torero Ivan FANDIÑO décédera à l’hôpital, à peu près en même temps que la fin de la course.

1er(N° 25, Camarito, 5 ans 8 mois) : castaño bien reçu à la cape, il secoue tête haute à la 1ère pique et revient facilement pour la 2ème, symbolique mais trop en arrière ; et pourquoi pas une 3ème en le plaçant loin, simplement « pour voir » ? Difficile à banderiller malgré la mollesse de ses poursuites. La faena alterne bien main droite et main gauche, souvent basses ; s’en détache une longue série de naturelles données en se croisant. La dernière série, imposée au toro qui charge avec réticence, se termine dans la difficulté. Trois molinetes et un pecho précèdent une entière verticale et tombée. Oreille.

2ème (N° 50, Barberito, 4 ans 4 mois) : colorado un peu efflanqué. De nouveau deux piques, 1ère en poussant un peu, 2ème en arrière, pour la forme. 2ème tiers mené vite à défaut de bien. La faena débute par deux passes cambiadas au centre ; suivent deux séries de derechazos, 1ère passe citée de loin, mais prudentes et bruyantes. Le toro est une véritable machine à charger, d’une noblesse sans reproche ; cependant, de par le manque de sitio du torero, il finit par lui accrocher le leurre. Bernadinas et entière contraire, suivie d’une longue attente, attente qui coûtera peut-être l’oreille. Trois descabellos avec démarrage du toro, avis et salut aux tiers.

3ème (N° 53, Provechito, 4 ans 3 mois) : negro reçu par belles véroniques et deux demies. Mis en suerte au centre (!) sans être arrêté, le toro se rapproche pour finir entre les raies et prendre une pique levée de suite ; il est remis au centre, proprement cette fois, pour une 2ème basse et carioquée ; là encore, peut-être qu’une 3ème … Aux banderilles, l’animal, qui vient de provoquer le drame que l’on sait, poursuit les hommes avec tant de vivacité qu’il accroche un peon au niveau d’un burladero. Est-ce le contexte qui rend le public survolté ? Toujours est-il que la faena de Del Alamo, sérieuse il est vrai, débute dans le délire. Doblones appliqués, naturelles prudentes puis derechazos plus sincères se suivent face à un toro noble et mobile. L’homme ne sait pas résister à la tentation de deux circulaires inversées et, après un pinchazo a recibir, loge une entière plate contraire ; las, trois descabellos limiteront la « récompense » à une vuelta. Mort au toril d’un toro encasté.

4ème(N° 15, Camarito, 4 ans 7 mois) : le plus laid –ou discret- d’armure, c’est le sobrero, car le titulaire s’est abîmé lors de la mise en chiqueros. Dufau le reçoit par une larga à genoux, la charge est courte et lente, et la lidia lamentable pour deux piques en arrière (1ère prise en poussant), la 2ème en étant placé quasiment sous le cheval. Poursuite des hommes aux trois paires de banderilles, alors que le matador avait demandé d’écourter le tercio (donc matador pas écouté et tercio pas écourté, comme quoi quand l’on veut …). Après avoir amené son adversaire au centre par doblones, l’homme torée sur le voyage, bouge beaucoup et finit par reculer ; quelques sifflets le font se reprendre, et il se remet une fraction du public dans la poche en faisant tourner son toro autour de lui. Entière plate portée sincèrement, attente et trois descabellos, « essuyant » de nouveau les démarrages du cornu. Silence.

5ème (N° 34, Clavillero, 5 ans 8 mois) : negro astifino qui se retourne sèchement dans la cape. Il cherche à faire sauter une pique en arrière, pompée et vrillée en carioca puis, placé (trop) près, ne monte rien à la 2ème. Banderilles avec poursuite, la demande d’arrêt (encore refusée, heureusement) a lieu cette fois avec deux seuls palos sur le toro. Voyant que son opposant sort distrait de la passe, Del Alamo réussit à lui garder la tête dans la muleta ; la corne gauche s’avérant moins facile, il opte pour des passes en rond au centre, suivies de manoletinas. Entière plate, descabello, mort bouche fermée et oreille.                   

6ème(4 ans 8 mois) : burraco armé brochito, saute dans la cape. Mise en suerte par chicuelinas, le toro en profite pour s’échapper au cheval et prend une pique correcte ; 2ème pique tout aussi correcte après être venu en accélérant et nouvel arrêt regrettable du tercio. 2ème tiers correct, en particulier pour Manolo de los Reyes. Dufau commence le 3ème tiers au centre et à genoux, mais son adversaire se révèle le moins mobile du lot ; le torero, marginal, leurre accroché à chaque passe, nous sert une faena de tâcheron, pathétique dans son manque de dominio, que de plus il n’a même pas l’idée d’écourter. Logiquement, il se fait promener au moment de cadrer et conclut d’un pinchazo suivi d’une entière en place ; longue agonie, avis et silence.

Présidence trop accomodante pour les changements de tercio aux piques, plus affirmée aux banderilles et pour les avis ; officiaient Eric ENCINAS assisté de Pierre NOGUES et d’Alain LABROUCHE.

Prix au meilleur picador attribué à Rafael AGUDO (1er toro). Personnellement, s’il fallait vraiment le donner, je l’aurais plutôt vu  pour le tercio de varas du 6ème.