DAX – Samedi 9 septembre 2017

Corrida de D. Victorino MARTIN pour Antonio FERRERA (vert d’eau et or), Alberto AGUILAR (bleu et or) et Emilio DE JUSTO (grenat à parements blancs et or).

Lot homogène en poids et en âge (autour des quatre ans et demi), présenté et armé correctement. Malheureusement, comme depuis plusieurs années dans cet élevage, on note toujours une faiblesse latente, pas vraiment handicapante mais … ; de plus (ceci entraînant cela ?), une présence et une force au cheval plus que mesurée pour au moins quatre exemplaires. Au 3ème tiers, quelques retours de caste à ne pas négliger par les hommes et des arrivées à la mort bouche fermée. Côté lidia, nous relèverons plusieurs mises en suerte ni soignées ni judicieuses et un usage (sauf pour De Justo) parcimonieux de la main gauche, pourtant celle du cœur. Bien sûr, tous les arrastres ont été applaudis (peut-être faudra-t-il un jour écrire sur les billets que cela n’est pas obligatoire et ne doit donc pas être systématique).

1er (4 ans 7 mois, 520 kg) ; càrdeno armé vers le haut et astifino. Une pique avec poussée sur la corne gauche et une autre sans poussée, avec une mise en suerte de nouveau près de la raie. 2ème tiers correct à la charge du maestro, avec des poursuites de plus en plus convaincues. A la muleta, le toro montre une charge assez lente ; Ferrera amène son adversaire au centre par doblones puis sert des derechazos soignés, allongeant le bras. Le 2ème série est plus « bougée », puis les naturelles sont prudentes, avec des virages rapides du cornu. Le retour à droite voit des demi-passes sur le voyage puis d’autres naturelles sur le pico et main haute montrent une domination de l’animal sur l’homme. Entière basse et longue agonie, peones écartés par le matador ; mort à plus de quatorze minutes avec un seul avis sonné (?). Ferrera, qui espérait peut-être une oreille, laquelle a été demandée par personne, refuse de sortir du burladero pour saluer…

2ème(4 ans et demi, 515 kg) ; armé plus discrètement. Après avoir être venu au petit pas pour prendre passivement une 1ère pique, il désarme Aguilar et est « balancé » au cheval par un peon, la cape restant étalée au sol ; quel soin dans la lidia ! 2ème pique appuyée, sans rien. L’animal se figeant aux banderilles, le 2ème tiers sera bâclé avec application. Au 3ème, l’équation n’est pas facile à résoudre pour le torero, en ce sens que le toro, bien que faiblot et tardo, démarre puis charge mufle au sol plutôt vivement, d’où des agenouillements, auxquels il faut ajouter des retours sur l’homme à gauche. L’homme conclut par deux séries de derechazos plus rageuses que dominatrices suivies d’une entière en place d’effet rapide. Oreille accordée comme à regret sur une demande que j’ai vue minoritaire.

3ème (4 ans 7 mois, 505 kg) ; càrdeno oscuro reçu par véroniques soignées. Le picador sort sous les huées après deux piques laides et prises anonymement : 1ère soigneusement vrillée, 2ème manquée, placée en arrière après contact, carioquée avec ce « joli » mouvement de balancier. Banderilles avec salut et ersatz de poursuites. De Justo débute sa faena par des doblones soignés, son toro « fait l’avion » mais plie des antérieurs ; les derechazos sont templés bien que donnés sans se croiser. Le passage à gauche révèle quelques difficultés, le toro venant sur l’homme à la 1ère série et le poursuivant à la 2ème. Autres doblones pour finir, entière en avant portée al encuentro avec voltereta, descabello, avis et oreille.

4ème(4 ans 4 mois, 500 kg) ; negro bien armé, veleto, distrait. Un peu plus actif que ses prédécesseurs, il pousse sous une pique en place suivant une mise en suerte bâclée puis secoue à la 2ème, ayant été de nouveau replacé à la raie. Banderilles cette fois plantées par la cuadrilla (« bouderie » du maestro ?), correctement et sans poursuites. Ponctuée une fois de plus d’agenouillements, la charge, mesurée dès de le début, finit au pas. Les naturelles sont données sur le pico ; un spectateur ayant le mauvais goût de le lui faire remarquer, le torero revient à droite pour une série longue et torchonnée suivie d’une autre plus soignée. L’échec à la mort provoquera deux avis bien cherchés auparavant : quart de lame al encuentro « surprise » (avec accrochage ?), tiers de lame, deux mete y saca, bajonazo et quatre descabellos. Quelques sifflets.

5ème (4 ans 7 mois, 520 kg) ; negro entrepelado d’armure moyenne, faible et jetant les pattes. Et pourtant, il pousse sous deux piques encore peu orthodoxes, 1ère basse, 2ème en arrière ; dommage que le palco n’ait pas imposé une 3ème rencontre à bonne distance, simplement « pour voir ». Quatre banderilles seulement avec arrêt a juridiccion, et de nouveau des génuflexions à la muleta. Aguilar s’applique, se croisant tant à droite qu’à gauche, mais lasse le public par son insistance et conclut d’une demi-lame en place ; simples applaudissements.

6ème (4 ans 7 mois, 510 kg) ; un fin negro bien armé qui saute dans la cape de manière spectaculaire puis, bien que chargeant tête basse, ne montre rien en deux rencontres. Banderilles avec salut des deux peones. Après des doblones légers, le torero compose habilement et honnêtement avec la charge vive mais aussi avec les agenouillements et les chutes de son opposant, servant des séries en se croisant, comportant une séquence gauchère impressionnante de courage. Cet ouvrage volontaire est conclu d’une entière portée en se jetant comme un malade, qui résulte basse et en avant, suivie d’un descabello. Deux oreilles accordées en deux fois.

Présidence avec quelques décisions surprenantes de Bernard SICET, assisté de René BERLANDIER et de Nicolas DARRACQ.

A noter que les trois toreros sont sortis chacun par une porte : celle des cuadrillas pour Aguilar, la « grande » pour De Justo, celle de l’infirmerie pour Ferrera (?).