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Si j'avais eu des oeufs, je t'aurais fait une omelette au Jambon, mais je n'avais pas de Jambon....

C'est le sentiment diffus de cette féria de Vic. Quand il y avait toro, il n'y avait pas de torero, et quand les hommes semblaient en vouloir, c'est le toro qui faillissait.

Pourtant la majorité des toros sont sortis magnifiques, mais pas de grands toros.....les quelques toreros "majeurs" ne se sont pas trop mouillés, profilés, sur le bord, loin, trés loin de peser sur les toros, au point même,  de se faire voir et se faire mettre en danger,  les piques données dans leur majorité comme d'habitude à "l'emporte piéce" mais surtout pas au bon endroit, bref des lueurs, des moments, mais décousus, sans continuité......décevant.

Rappelons quelques fondamentaux, applaudir un toro parce qu'il est beau c'est bien. Mieux vaut attendre tout de même sa sortie, sa course, voire s'il rémate aux planches, si il suit les leurres, si son attitude à la charge, tête baissée au lieu de pattes balancées vers l'avant, la queue à l'horizontale etc etc etc....et surtout après sa première pique. Placé d'abord de près, puis de plus en plus loin, on a vu exactement l'inverse...il faut que le toro soit fixé (de plus en plus délicat avec les chevaux mobiles) que la tête soit fixe, sur le frontal, et pas sur l'une des cornes, avec une poussée franche et continue, en mettant les reins, sans coups de tête. Et il vaut mieux des toros moins faits, ah les mammouths de chez Pedraza....que des toros hors gabarit.

 Les banderilles (quatre obligatoires) et c'est mieux quand ce ne sont pas des poses par demi-paires, voir si le toro suit l'homme aux planches, à condition que sa course ne soit pas coupée d'un coup par un coup de cape avant que le risque ne soit trop grand pour le subalterne

La musique qui ne doit jouer, par principe, qu'après la première série de la main gauche, par exemple. (ou droite si le torero est gaucher bien sur...) bref après avoir vu le toro sur les deux cornes. 

La faena, dont le principe fondamental est d'être positionné de trois-quart face, main tendue vers le toro et pas à hauteur de hanche, avec le fameux point d'interrogation (le toro partant droit, évitant le torero en suivant le leurre, dans le ventre de la muleta et pas sur l'extérieur de celle-ci, encore moins sur la pointe, la passe se finissant en arrière vers l'intérieur et le bas ou mis hauteur en cas de faiblesse). Le torero en ces cas là domine son toro. Rappelons aussi que dans l'absolu, les passes données à l'opposé de la charge naturelle du toro, facilitent la mise à mort, en faisant baisser la tête du toro, l'accoutumant à charger sur la main opposée à celle qui tiendra l'épée.

Rappelons qu'un toro qui tourne sur lui-même ne le fait jamais au campo, celà permet de faire tenir des invalides debout, et surtout de passer derrière la corne. Enfin avancer la jambe au ieu de la reculer, comme un héron, pèse sur le toro car le torero gagne du terrain sur l'animal qui peu à peu se laisse dominer.

Ca, c'est la théorie, et ne fonctionne pas toujours, mais ce qui est sur est que si ce minimum n'est pas effectué, alors on verra des toros de respect ou mansos, ou ayant écourté leur course, mettre l'homme en danger surtout après cinq ans, l'animal n'étant plus naïf à cet âge....Et quand tout celà se télescope on en arrive à ce que nous avons vus.

Bref de tout celà, peu à se mettre sous la dent, et le flyer remis avant la course donnait quelques clefs à un public parfois naïf, parfois non connaisseur, bon enfant, à quelques exceptions près et rappelant à "ceux qui savent, ou croient savoir" quelques bases simples, mais nécessaires (sic)

Quelques anecdotes plus loin, on se serait cru à un moment, au marché de Brive la Gaillarde, ou quand il s'agit de rosser les "cognes" tout le monde se réconcilie...l'anecdote du "lanceur d'alerte" volontiers "casse-couilles", mais tellement dans le vrai, que la sécurité voulut faire taire par l'intervention de la maréchausséee, et qui finit verre à la main, est à noter.

Et, je dois dire que si il avait été à côté de moi, il m'aurait certes dérangé, mais d'une extrêmité l'autre, le silence quasi religieux que l'on cherche à imposer dans l'arène, est tout aussi ridicule. Comme disait l'autre:" vas à la messe si tu veux du silence". Je me souviens des "personnages" à Madrid, à Bilbao ou ailleurs tançant les toreros, les cuadrillas, leur interdisant toute triche, leur demandant le respect de la lidia, et si ceux-là étaient encore les gardiens du temple, comme l'avait dit zocato à un Catalan bien connu qui lui expliquait pourquoi il était en colère....c'était à Vic il y a quelques années...et oui, on peut dire à ceux qui nous "amusent" qu'ils nou prennent pour des agneaux de lait et que l'on voit leur magouille, même si ça dérange madame, ou monsieur à la chemise siglée...

La deuxième anecdote concerne Gabin Rehabi 

La blague que nous avions mis en place de nommer tous les picadors Gabin à leur sortie, se perpétue, tout comme celle, lancée par mon ami Norbert d'Istres avec le fameux: "vas chercher" quand un torero se débarasse d'une banderille qui traine. Certains y voient là une offense, tout comme les applaudissements nourris à sa sortie en piste transformés en huées à sa sortie de piste et après une série de trés vilaines piques....encouragements, puis  huées....ou est le fautif? Tout le monde répond il y a un patron, et c'est le torero....certes, mais parfois le picador aussi....on ne peut pas sortir en marche arrière ou renvoyer un cheval au Patio de Caballo seul, comme un rejoneador, se faire applaudir et ne pas subir les foudres du public quand la pique endommage un toro...voire quand le picador rate carrément celui-ci au point de lui tomber sur le dos....qu'il soit coupable ou non?  Celà serait trop facile et Gabin peut le meilleur mais aussi le pire....surtout quand il se met la pression tout seul....

Bon, voilà, si l'on voulait être du côté obscur de la théorie du complot, pour l'organisateur, on pourrait se dire: "il y a-t-il un veedor dans la salle?" ou encore:"les éleveurs vous ont-ils respectés". côté toros.

Côté piétons:" Qui, pour toréer ce genre de toros" (entendre en capacité de le faire) et accepter la tauromachie recherchée et dite authentique? Ont-ils remplis leur contrat ? (certains murmurent qu'ils sont payés au "lance pierre") il s'en dit TELLEMENT des choses....Surtout quand le résultat en piste est décevant.

Et si la réponse était au milieu? Juste que la mayonnaise n'a pas pris, tout simplement parce que à aucun moment les conditions ont été requises, ou les deux (toros toreros) étaient en harmonie.?

Un autre jour je parlerai des toros des rues, et du Portugal....la solution est peut-être de ce côté là.....

En attendant, comme disait Coluche:" si j'avais eu des oeufs je t'aurais fait une omelette au Jambon, mais je n'avais pas de Jambon....."

CHF