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SUERTE SERGIO

Suerte Sergio

 

 

L’info est passée quasi inaperçue, au milieu de ce tiers temps de la temporada.

Finalement, sans bruit, un peu comme lui, l’info a juste été reprise par quelques médias taurins et quelques blogs, Sergio Aguilar se retire en tant que matador pour passer subalterne.

Nîmes, Vic, Las Ventas, les courses battent leur plein.

Les titres sont précis et concis. Sergio Aguilar change d’habit, il passe de l’or à l’argent.

Deux ans, sans toréer, sans contrat, sinon quelques vagues courses dans des confins si éloignés des télévisions et flashs de photographes qu’ici on en parle quasiment pas.

Sergio Aguilar, un type simple, un type sincère, sans doute un type bien.

Pas épargné par les blessures, genoux, vertèbres, et une blessure à la gorge un peu moins spectaculaire que celle d’Aparicio mais tout aussi handicapante.

De ces blessures que le miroir renvoie tous les jours, ramenant l’homme au torero, et le torero au danger permanent de la faucheuse aux deux faux.

Sergio Aguilar, je l’ai vu à Vic, et à Mont de Marsan (peut-être ailleurs en Espagne) mais là ça ne me revient pas.

Sa vie torera, faite de hauts et de bas, est à l’image des toros qu’il s’est toujours farcis.

Du dur, du sérieux, et du pénible…peu de répits.

Ce dont je me souviens, c’est de son élégance.

Favorisé par sa taille (paradoxalement les toreros qui se tapent les toro durs sont plutôt taille “Minimoys “ Rafaellillo, Robleno, Aguilar l’autre…) et d’un courage certain,  il nous a gratifié de séries de naturelles exceptionnelles sur du bétail qui, pourtant se prétait peu au jeu.

Je me souviens notamment en 2008 d’une corrida d’Escolar Gil et de ses deux faenas, l’une à droite, l’autre à gauche, de toros d’intensité rare, et de sa main légère, qui avait bloqué les aiguilles de la grande horloge, une suspension du temps.

Il avait offert en final des séries de naturelles basses, profondes, lentes à désespérer une famille de paresseux australiens, UN TRIOMPHE.

Sergio, je l’ai aussi vu voler par dessus la corne, on n’impose pas toujours à ce genre de bétail la muleta si on la veut “torerista“.

Sergio ne faisait pas partie du sérail…d’apoderados peu influents, en ballades (le circuit taurin, vous savez ?) on ne le voyait qu’à quelques occasions.

De blessures en téléphone muet.

Il a renoncé.

Heureux celui qui le pêchera dans sa cuadrilla, le type est courageux, intègre, et technique.

Nous le saluerons alors pour ce qu’il a été, et ce qu’il sera.

Un homme rare et précieux.

Suerte Sergio

 

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