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TERCIOS

 

Ca commence par un soleil magnifique.

Les six sept personnes autour de moi, n’ont jamais vu de Corrida.

En revanche elles sont toutes allées à Mirandilla …“ou Fabrice les a reçus de superbe manière..“ pendant les trois heures de course, je vais subir le feu roulant de leurs questions

Fabrice, lui, est en bas, il a le chapeau de ganadero très Sévillan, pas le gris, celui qui tire entre la paille, le bronze et l’or…

En vérité, tout est fait pour passer une bonne tarde de toros.

Mais voilà, premier grain de sable, un Albaserrada s’est cassé une corne.

Selon un bénévole, il était fou.

A réembarquer il cassait tout, il a fallu l’abattre au fusil (sic)

Bon, on va bien voir…

Hélas, quatre fois hélas, quatre toros, superbes mais décastés….aie aie aie…ça rentre les têtes dans le callejon, d’autant que Sanchez Vara s’en contrefout, même le désormais traditionnel saut de toro à la vara, pose de banderille est raté…trop mécanique, trop pour touriste, plus du tout spontané.

Le Darré remplaçant, n’est ni plus, ni moins ridicule, Lamelas s’accroche mais bon…

On se désespère un peu.

C’est toujours comme ça ? me demande une dame d’un âge certain ?

Ça arrive…que voulez-vous lui dire ?

Valencia lui aussi s’arrime, sa technique d’allonger la jambe façon épéiste, puis ramener l’autre pour se retrouver de face, m’interpelle.

Son toro est piqué trois fois à l’épaule droite, sans être vraiment piqué, soudain il va poursuivre le garçon jusqu’au planche, celui-ci dos tourné reçoit l’avertissement trop tard, il est pris contre le burladero, un puntazo (un doigt) Heureusement L’AMAC (aide médicale aux corridas est présente, le chirurgien Darracq me regarde, je lui fais signe qu’il va falloir coudre, il acquiesce.

Fini le tour d’honneur, Valencia ira aux soins…

Sortent enfin deux toros dignes de ce nom le cinquième, vicieux, tardo, pas rectifié à la pique (décidément, Lamelas est tout seul au monde).

Le garçon va se la jouer, ça passe par un trou de souris, dans lequel ne passerait pas, même une souris d’ailleurs…il évite, rentre le ventre comme quand tu croises une super nana à la plage, ça frôle, ça touche, mais ça ne pénètre pas…

Et voici le toro à l’arrêt, qui repart, s’arrête.

Lamelas, balance la muleta en haut à droite, puis à gauche, la faux des films d’horreur quand la lame frôle le corps de l’héroïne attachée sur la table…

Pas à pas, façon José Tomas des débuts, il va sur la corne opposée il cambre les reins, avance le pubis, il s’expose de face. Il en a diront les amateurs de “frivolités Lyonnaises“ (comprend qui peut…) bref il insiste, un peu, beaucoup, vraiment beaucoup, trop, tout ça devient long, malgré les encouragements de ceux qui trouvent le garçon gonflé…

Il n’arrive pas à cadrer ce toro pour la mise à mort. On dirait que le torito se moque de lui, au moment suprême lui aussi avance la jambe, retardant le moment fatidique.

Le troisième avis, heureusement que le président a une montre en bois…ne sonnera pas, épée, descabello ouf….une vuelta pas vraiment fêtée…il aurait pu avoir deux oreilles..exit Alberto.

Sort de l’infirmerie Valencia, il boitille, pensement autour de la cuisse il repart au combat. Et ce qui sort est le mieux de l’après-midi, ça court, ça charge, ça prend les trois piques règlementaires et bien posées, ça pousse, les deux cornes, ça court aux planches, et ça s’envoie le jeune homme qui décolle dans les airs, fétu de paille trimballé par le vent printanier…Mais César, se fend, il pourfend, la jambe avance, des : ho des :ha, il tire les passes, le toro aspiré comme une cigarette entre les lèvres de Gainsbourg charge, mufle bas…mise à mort, César se loupe une fois, puis la lame pénètre le cuir en profondeur.

Trois heures après le paseo la course s’arrête, deux oreilles, Valencia est à Hombros, une oreille Lamelas est heureux malgré tout, Vara est déjà ailleurs, et Torrito relève la tête, même si il sait, sans doute, qu’il y a fort à faire, il va s’arrimer à ce dernier toro, trouver l’alchimie, voilà le défi. (la vuelta d’honneur au dernier exemplaire, n’est qu’anecdotique)

Le frais est tombé, le sentiment mitigé, la course a eu trois tercios, allant à mas, heureusement

Alberto et César ont conquis le Gers, une nouvelle fois.

CHF