Chers Présidents et Assesseurs,

Pensez à enrichir notre expérience commune. Après chacun de vos passages au palco, que ce soit en qualité de président ou d’assesseur, ne manquez pas d’adresser un compte-rendu à André Roques au moyen du formulaire que vous trouverez ici.

Ainsi nous recouperons les informations et, en lien avec la FSTF, nous défendrons mieux nos positions auprès de l’UVTF et des organisateurs.

 

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Voici les images de deux toros d’Adolfo Martín qui sont sortis le samedi 2 juillet 2016 à Soria :

Image n°1

Image n°2

Première question, avant d’aller plus loin, lequel des deux préférez-vous ?

Deuxième question, que penses vous de leurs cornes ?

Imaginez-vous, maintenant, figurant au palco de cette corrida, le 2 juillet à Soria, dans cette arène de 6000 places et de deuxième catégorie espagnole.

Remarquer dans le callejón, veste bleue clair, cravate et lunettes noires, le toujours jeune, Ortega Cano

Rapprochons-nous du trio présidentiel au risque de le flouter :

Vous êtes à la place, soit de l’heureux président à lunettes, soit de l’une ou l’autre, la brune ou la blonde, des charmantes dames aficionados qui l’encadrent et l’assistent.

Sort, en quatrième position, destiné au chef de lidia  Morenito de Aranda, le taureau de l'image n° 1. Allez ! Ne cherchez pas, je vous la remets !

Dès qu’il apparaît, sifflets et vociférations du public qui n’aime pas ses cornes, exhibe du vert, scande de ses mains : pam, pam, pam … pam, pam, pam …, sortez-le, … sotrtez-le, …

Troisième question, que faites-vous ?

Pour ce qui concerne le président de Soria, il montra le mouchoir vert. Il s’ensuivit un sobrero du même fer représenté sur l’image n°2, le caricatural playero, que je reproduis ci-dessous :

Un taureau qui, selon l’unanimité des reseñas, se comporta comme un bloc de marbre, n’offrant pas d’option à Morenito et refusant de se faire tuer,  jusqu’à entendre deux avis avant de s’y décider.

Sur Cultoro, Javier Fernández-Caballero n’y va pas de main morte : voir ici.

Pas moins que Mulillero, ici

Voici, pour ceux qui ne lisent pas l'espagnol, les principaux arguments de Javier Fernández-Caballero :

Un palco inconsistant

Soria. Une course de taureaux le samedi de l’Agés. Un lot d'Adolfo Martin. Le quatrième taureau, un animal asaltillado, avec les pitons cornipasos dans le type de l'encaste, un public qui demande le rejet d'un animal parce qu’il présente la morphologie inscrite dans son patrimoine génétique, une présidence qui au mépris du règlement accède à sa demande. De manière inconséquente, en toute illégalité, en reniant ce qu’elle avait approuvé dix heures auparavant (NDT : lors de la visite des corrals), en discréditant la Fête que l’éleveur du jour s’efforce de rendre authentique, en n’étant pas à la hauteur qu’une tribune présidentielle exige.

…………………………………

Une présidence inconséquente. Le manque de sensibilité d'une partie du public qui, dans l’ignorance, aurait dû se taire et le manque de critères d'un président qui n'aurait jamais dû accéder à un palco. Adolfo, lui-même, l'a dit dans des déclarations après la course : "Je suis contrarié. Comme vous le comprendrez, le taureau de Saltillo  est comme ça, ce taureau n'a pas plu et le président l'a changé. Les gens ne connaissent plus les encastes, c'est ce qui me contrarie le plus."

Mais vous, chers lecteurs qui pouvez être amenés à siéger à la tribune présidentielle, approuvez-vous ces commentateurs espagnols, ou, au contraire, auriez-vous renvoyé, comme le président de Soria, ce taureau au corral pour insuffisance d’armure ?

Répondez en postant des commentaires ci-dessous comme vous y êtes invités.

J’y attends André Roques, bien sûr, mais aussi Véronique Podesta, Dominique Desplats, Marie-Therèse Dupreuilh, Laure Clauzel, Bernard Sicet, Marc Amestoy, Roger Merlin, Guy Tanguy, Jacques Oxandaburu, Jean-François Coste, Francis Manent, Patrice Sifflet, Pierre Fons, Bernard Desvignes, Sébastien Giraldez … mais aussi nos jeunes et trop rares revisteros comme l'inoxydable Christophe Dumond, le solide Benoit Rozes ou le radieux catéchumène Jean Garipuy … mais encore nos inébranlables caciques, Joe Gabordes, Charles Crépin, Yannck Jaoul… mais, bien évidemment, toute la cohorte de nos lecteurs qui peut apporter encore plus que tous ceux qui précèdent réunis …

Aucun de nous ne détient la vérité mais chacun peut ajouter sa petite pierre à l’édifice.

Le cas évoqué ici montre que les publics (et/ou les présidents ?) de nos arènes sont perpétuellement à instruire. Travaillons-y ensemble.

 

Jean-Jacques Dhomps

 

  • Inocente Cándido mar, 07/05/2016 - 18:23

    Oui d'accord, l'animal est dans le type saltillo et ceux à qui ça ne plait pas peuvent aller voir des JPD à Istres.

    N'empêche qu'il a des cornes bien laides et qu'il ne serait jamais présenté à Madrid, Bilbao, Pamplona et pas même à Céret, arène française de 2ème catégorie, comme Soria.

    Le président n'a peut-être pas eu tout à fait tort.

  • Bernard Desvignes mar, 07/05/2016 - 20:40

    Bonsoir à tous,

    A la 1ère question de Jean-Jacques : aucun des deux, mais ... quand même, le sobrero.

    A la 2ème question : pour les cornes, attendre le résultat d'une hypothétique analyse. A côté de cela, dans certains cas, il est extrêmemnt risqué de parier sur l'intégrité des armures.

    A la 3ème question :

    1- Le toro changé était-il boiteux ?

    2- A-t-il révélé un problème de vision ?

    Si la réponses à ces deux questions est "non", pour moi et d'après le Règlement Taurin, il n'y avait pas lieu de le changer.

    Après cette réponses "réglementaire", peut se poser la question suivante : ce toro devait-il sortir en piste ? Et là, nous abordons d'autres questions :

    * le président était-il présent au sorteo, et avant le sorteo, pour voir le lot ?

    * y a-t-il eu pression de l'empresa pour inclure ce toro dans le lot ?

    * y a-t-il eu pression de l'entourage des toreros (apoderados et cuadrillas) pour l'inclure ?

    * y avait-il un 2ème sobrero ?

    * qui pouvait savoir que ce (1er ou seul ?) sobrero allait se révéler un bloc de marbre ?

    A côté de cela, Soria est une arène de 2ème catégorie, oui ; Inocente Càandido cite le cas de Céret, en France et elle aussi arène de 2ème catégorie, mais il y a aussi Istres ...

    La seule conclusion que je peux faire est la suivante : ne jamais faire monter au palco un président homme, portant des lunettes mais pas de cravate, et de plus ne jamais l'entourer de deux de deux assesseurs féminins, surtout quand l'une est brune et l'autre blonde.

  • Christophe Dumond ven, 07/08/2016 - 00:14

    Bonsoir,

    Plusieurs commentaires me viennent à l'esprit. Un peu dans le désordre :

    - Qu'est ce que c'est ce palco de plage ?! Un Président sans cravatte, bras nu, quel manque de respect envers les maestros ! Et comment se faire respecter avec une telle tenue ?!

    - Comment résister à la pression du public avec une telle position géographique du palco ? Au coeur de la vox populi, il est bien difficile d'être intransigeant.

    - La Présidence a t-elle bien vu les toros avant la corrida ? Si le toro en question semblait si laid, il fallait l'écarter avant. Aprés, c'est trop tard et la justification bien difficile.

    - En l'absence d'autres défauts (boiterie ou blessures ou problème de vision), je ne vois pas bien pourquoi changer ce toro (image 1) ; d'autant qu'on imagine qu'il a été approuvé initialement par les vétérinaires et la Présidence.

    - Enfin, la présentation de ce 1er toro ne me choque pas plus que ça, nous sommes en 2e catégorie. Par ailleurs, l'animal est physiquement "bien fait". C'est peut-être parce que je suis nîmois et que je vois souvent des "trucs-toros" bien pires que je dis cela.

    - Quand au sobrero, le toro s'est un peu comme les melons, tant qu'on ne les a pas ouverts, on ne sait pas si ce n'est pas une courge !

     

  • André Roques dim, 07/10/2016 - 00:49

    Bonsoir,

    L'ami Jean-Jacques m'invite à donner mon avis sur cette situation et je ne vais pas esquiver sa demande ..

    Voilà ce que j en pense en me référant 'au règlement français :

    - c'est à la CTEM qu'il appartient de se prononcer sur la présentation des toros 

    - le président et ses assesseurs doivent, le matin de la course, vérifier que l'état des toros ne s'est pas altéré depuis leur approbation par la CTEM

    - l' article 85 du RTM , ne prévoit le changement d'un toro que si celui s'avère impropre au combat lors de sa sortie en piste

    Pour moi il n'y avait, donc, réglementairement parlant, aucune raison de changer ce toro 

    Je conviens avec certains que nous avons vu des Adolfo de présentation plus heureuse et plus sérieuse, mais celui-ci ne s"écarte pas des caractéristiques de l'encaste.

    Sans vouloir accabler le palco de Soria , je l'aurais préféré plus sérieux dans ses décisions et plus digne de sa fonction dans sa présentation.

  • Charles Crépin dim, 07/10/2016 - 09:34

    Président de cette course à Soria, j’aurais été pris d’une furieuse envie de sortir le vert, si bien sûr j’avais commis l’erreur de ne rien voir au sorteo, comme la CTEM…Il y a donc faute à ce niveau (art.49) mais je ne suis pas président. Les articles 44 et 85 du RTM, en revanche, (aspect général et caractéristiques zootechniques de l’élevage) ne sont pas opposables à mon sens : chez Adolfo, il y a aussi et surtout des exemplaires bien armés dans les cercados. Mais pendant la course, la décision ne peut être justifiée au titre du règlement.

    Les réactions du public s’expriment donc à l’égard de l’organisateur et de la Ville de Soria, responsables de présenter un bétail indigne, même de la 2ème catégorie (la comparaison avec Istres n’est pas pertinente, sinon qu’elle permet de cibler une autre tauromachie). Le président de Soria est-il membre du Conseil Municipal ou s’est-il senti personnellement visé par la bronca s’il est partie prenante de près ou de loin dans l’organisation ? ou même, a-t-il été l’objet de pressions discrètes venues d’en haut pendant la course ? Dans tout les cas, il a pris une décision plus « politique » que réglementaire. 

  • Pedrito jeu, 07/21/2016 - 18:10

    No comment!!

    Les ennemis de l'intérieur sont plus efficaces que les imbéciles braillards aux abords des ruedos

  • Yves Charpiat ven, 07/29/2016 - 09:59

    Je découvre avec retard cet intéressant sujet qui pourrait faire l'objet d'une question à l'examen de sortie du CPAC, mais qui omet cependant de rappeler ce que sont les fêtes de Soria....et leur vision très particulière de la tauromachie.

    Le vendredi notamment, il y a deux novilladas non piquées qui se déroulent avec une multitude de participants (on ne peut pas dire spectateurs) dans le ruedo même, ou assis à l'estribo, ou entourant les erales au moment de la mise a matar, tapant des mains pour encourager le novillero. Si vous ne l'avez jamais vu, vous ne me croirez pas, mais demandez par exemple à Adrien Salenc qui y a toréé en  2015 ce qu'il en pense...

    Alors les  corridas (samedi et dimanche) ne sont pas à ce point là, et on retrouve un peu plus de sérieux. Tout d'abord, je ne blâmerai pas pour autant la tenue du palco : certaines ferias ont décidé qu'il devait être vêtu "comme tout le monde" et c'est le cas chez nous avec les chemisettes blanches et foulards rouges de Dax et Parentis, deux arènes à la tauromachie pourtant bien différente. Mais à Soria la fête règne toujours et le public est tout puissant, avec remise systématique de foulards au diestro pendant sa vuelta (obligatoire quel qu'ait été son résultat). Je n'ai pas le détail de la composition du palco, mais il s'agit à l'évidence de membres des penas locales ( 13 paroisses,  13 penas) qui sont plus des associations festives que des clubs taurins. Et ça, Adolfo Martin le sait parfaitement  puisqu'il est programmé chaque année depuis pas mal de temps... C'est peut-être aussi pour cela qu'il n'amène pas ses plus beaux toros...