La Gascogne, terre d'histoires

 

 

La Gascogne mérite que l'on s' y attarde ! Historiquement en citant sans doute le plus célèbre Gascon de la littérature : Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan qui est né à Lupiac en terre gersoise  mais aussi Cyrano de Bergerac qui n'est pas Gascon puisque né en Dordogne mais qui appartenait au régiment des Cadets de Gascogne comme les trois mousquetaires. De cette vieille terre, la guerre de cent ans a laissé des vestiges, des remparts, des donjons comme celui de Bassoues à quelques kilomètres de Montesquiou, et les champs sont continuellement verts. Et, bien sûr, le « bonheur reste dans le pré » : canards et oies, Armagnac, pousse-rapière ou Floc llustrent la carte postale du pays même si les vignes ne sont pas visibles dans cette partie du Gers. Et puis il y a le rugby, partout. Et puis il y a des garçons aux oreilles flétries par tant de mêlées, aux muscles impressionnants qui vont faire la fête à Vic Fezensac, à Eauze, à Aignan, Nogaro, Plaisance, Riscle et tant d'autres villages où le toro qu'il soit Landais ou Espagnol fait partie des traditions. La mode était, cette année, au port de la marinière, celle mise en vedette par l'ex-ministre Arnaud Montebourg, , de shorts et chaussettes de rugbyman.

Direction Vic-Fezensac pour la Feria du toro et le week-end prolongé de la Pentecôte. Les bodegas y sont ouvertes où le vin local Tariquet coule à flot une grande partie de la nuit, un immense terrain de camping reçoit des milliers de festaïres, le torero Ruiz Miguel qui a connu tant de triomphes ici attend les aficionados devant les arènes Joseph Fourniol.

 

Les novillos de Raso de Portillo font la loi

Samedi les premières clarines sonnent pour quatre novillos de la ganaderia Raso de Portillo pour un mano à mano entre Mario Palacios et Miguel Angel Pacheco. Mais la vedette restera aux deux novillos sortis en piste puisque la course fut interrompue en raison de la pluie. Deux novillos impressionnant par leur force et leur bravoure qui n'ont pas hésité à attaquer la cavalerie à trois ou quatre reprises. Rabin Rehabi les mettra en évidence. Et les aficionados quitteront le ruedo à regret de ne pas avoir vu les deux autres novillos. Rendez-vous à Céret !

 

Octavio Charon sort de la mêlée

L'après-midi pour la corrida de Dolores Aguirre, les nuages noirs se bousculent dans le ciel gersois et se dégonfleront par intermittence. Les Dolores Aguirre prennent trois ou quatre piques. Paulita montre de beaux gestes mais le sorteo ne lui est pas favorable, Alberto Lamelas, le chouchou de Vicois, rate ses estocades et c'est Octavio Chacon qui s'en tire le mieux en coupant une oreille au deuxième exemplaire. Si les deux premiers toros ont été les plus en vue, les quatre autres ont permis de suivre une corrida intéressante.

 

La corrida-concours gagne ses lettres de noblesse

Si ce genre d'événement est de plus en plus rare, à Vic la tradition est maintenue. Bien lui en fasse car elle a connu de beaux et grands moment notamment par le toro de Miura sorti en première position et celui de Los Maños qui fermait la course. Bien toréé par Domingo Lopez Chaves, le Miura reçut quatre piques, la faena bien construite mais une estocade basse privera le torero d'une oreille pourtant réclamée majoritairement. Il effectuera 2 tours de piste et la bronca fut « présidentielle »

Le grand moment de cette journée fut la rencontre de Gabin Rehabi avec « Jardinero » pour trois rencontres exceptionnelles accompagnées par l'orchestre « Les Armagnacs » mais « Michelito » le Mexicain de Vic ne fut pas à la hauteur. Il brinda son premier adversaire, le Cuadri, à son père, Michel, enfant du pays. Morenito de Aranda n'était pas dans un bon jour et n'entendit que des silences.

C'est toutefois le toro de Los Maños qui a remporté le prix du meilleur toro de la feria.

 

Une bonne corrida de Palha

Joao Folque de Mendoza, le propriétaire de la ganaderia Palha voulait que ses toros soient mobiles, allant volontiers à la pique et gardant suffisamment de force pour une faena. Ce ne fut pas toujours le cas mais en ce dimanche de Pentecôte il a présenté à Vic une corrida proche de ses désirs.

Bien présentés, allant volontiers au cheval, donnant aux faenas du relief, les Palha ont été applaudis à l'arrastre. Dans la catégorie toreros, Alberto Aguilar a complètement raté ses coups d'épée lardant littéralement son premier adversaire. Ruben Pinar a été intéressant à son premier mais a perdu tout espoir de trophée avec l'épée et a été débordé par le sixième.

C'est Emilio de Justo qui a marqué cette corrida coupant à chaque toro une oreille. Sortie en triomphe et déclaré meilleur torero de la Feria.

Le mayoral Joaquim Dos Santos a salué en piste.

 

Lundi : grande ovation pour Juan Bautista

La corrida de Alcurrucén terminait cette Feria 2017 avec le soleil. Curro Diaz coupa une oreille au premier, Juan Bautista aussi de belle manière et reçut une véritable ovation. Moins convainquant au cinquième, il marqua toutefois la course par son professionnalisme.

Manolo Vanegas recevait ce jour l'alternative. Un hommage fut rendu à Philippe Cuillé disparu récemment à la fin du paseo. Le Venezuelien coupa sa première oreille avec « Cumbra Alta » le toro d'alternative et s'engagea à fond dans les combats. Tour de piste et certainement que son nom sera retenu par le Club taurin vicois pour les prochaines Ferias du Toro.

Mardi matin, les campings étaient vide, la jeunesse avait quitté le navire, et les marinières rangées dans les sacs de voyage. La Gascogne retrouvait son charme rural mais à Vic elle avait satisfait des milliers de véritables aficionados. Et dire qu'un site internet espagnol écrivait que les toros étaient afeités. Mais certainement que l'auteur avait consommé trop de produits locaux de qualité.

On vous invite à venir voir sur place...