Arles, 10 septembre 2005 - Un show mis en scène par Christian Lacroix

.......Temps couvert, 4/5 d'arènes

.......Quelques mots sur la partie strictement torera du spectacle : .......6 toros de Mercedes Perez Tabernero, anovillados, aux armures bien commodes, en général faibles, ne donnant pas de jeu et devenant, à l'exception du 3ème, rapidement tardos. .......Cesar Rincón lidia très professionnellement et très intelligemment l'indigent matériel qui lui était opposé, ne tua pas très bien, saluts. .......Morante de la Puebla s'illustra par deux ou trois superbes derechazos à son premier, trois longues naturelles à son second, les plus beaux gestes de l'après midi qui resteraient inoubliables s'ils avaient été effectués devant des adversaires dignes de ce nom. Mises à morts médiocres, palmitas. .......Juan Bautista sut prendre la mesure du faible mais très agréable troisième, bien accueilli par des véroniques pieds joints, et donna une faena qui alla a mas sachant très opportunément la teinter d'une certaine dose de créativité tout à fait bienvenue dans le contexte du jour. Comme il l'expédia d'un superbe volapie, il obtint les 2 oreilles. ........Avec le dernier animal, hésitant et retors, ce fut une autre musique. Le torero devenu lui aussi hésitant recula souvent et ne parvint pas à dominer.

.......Pour le reste, Christian Lacroix avait réussi son pari, l'habillage était à la fois spectaculaire et plaisant. Mais l'aficionado reste perplexe. La corrida de toros est un mystère (plus qu'un spectacle) qui se suffit amplement à lui-même et que tout prétendu rajout ne peut que dénaturer. Certains aficionados trouvent que la musique est déjà excessive durant une faena ! Ici, bien sûr, les décors de Lacroix étaient agréables à l'œil. Ils eurent l'avantage de le distraire quand l'action qui se déroulait dans le ruedo, était, comme ce fut souvent le cas au cours de l'après midi, ennuyeuse. Ce décor inhabituel aurait été, par contre, très gênant si le combat avait été intense et prenant. .......Il est permis de s'interroger, en outre, sur l'effet que les dessins imprimés sur la piste ont pu produire sur les taureaux eux-mêmes. Cette intéressante question fut débattue au cours de la tertulia qui eut lieu, après la corrida, au siège de "La Muleta d'Arles". Nous savons que beaucoup de toreros demandent que, quand le fer de l'élevage a été dessiné au centre du ruedo, il soit effacé après le paseo. Nous connaissons d'autre part la sensibilité des taureaux aux barrières américaines. La profusion des belles arabesques envahissant les trois quarts de la piste aura pu constituer pour eux une sorte de menaçant dédale, contrariant la spontanéité de leurs charges, multipliant des tentations de micro-querencias...

(Rincón avec son premier taureau) Alors ? Effet de barrière ou pas ?.Photo : Jacky Nègre