Une autobiographie de Claude Mounic à ne pas manquer

                                                             par Jean-Jacques Dhomps

 

 « J’appartiens à une famille de gens de la terre, de viticulteurs, mâtinée de petits commerçants  qui exerçaient leur activité dans le secteur de l’épicerie. La famille, en effet, possédait depuis la seconde moitié du XIXe siècle une propriété d’une quinzaine d’hectares de vignes et de terres labourables sur la commune de Salleboeuf. …»

C’est ainsi que commence la petite autobiographie que Claude Mounic publie à compte d’auteur sous le titre, Homme de la terre et patriote.  Il donne là un émouvant témoignage de ses engagements, de ses combats, de sa vérité.

Fondateur du Cercle Taurin Goya, il est connu parmi nous comme un aficionado exemplaire qui s’est battu opiniâtrement, après la démolition des arènes du Buscat à Bordeaux, survenue en 1970, pour réintroduire la corrida dans le bordelais.

Ceux qui le connaissent un peu mieux, n’ignorent pas ses engagements politiques et sociaux, comment, dès l’enfance, il participa activement à la Résistance. Modeste et discret, il n’en parle que dans un but pédagogique, allant à la rencontre des jeunes dans les écoles et les lycées afin qu’ils connaissent cette page d’Histoire et y trouvent à réfléchir. Il évoque de jeunes amis qui ont perdu leur vie dans ce combat entrepris dès le début de l’occupation allemande, en 1940, poursuivi jusqu’en1944. Son héros exemplaire est celui, de quatre ans son aîné, qu’il considère comme un grand frère, tant leur amitié était forte en dépit de leur différence d’appartenance sociale, Jean-Renaud Dandicolle, fusillé par les allemands le 8 juillet 1944, à 21 ans.

Claude nous apprend très sobrement comment il a été amené à entrer en résistance.

Il ne nous cache rien de son patriotisme et de ses idées de gauche héritées de ses pères. Son arrière-grand-père a participé à la guerre de 70 et, après le siège de Paris, a combattu dans les rangs de la Commune. Son grand-père a fait la guerre de 14, son père, militant de la SFIO, est entré en résistance en 1940 dès l’appel du Général de Gaulle. Claude a commencé à résister en même temps que son père et son ami Jean-Renaud. Il avait 13 ans !

En 1942, à 15 ans, il prend véritablement les armes pour aller rejoindre en Corrèze les Francs-Tireurs et Partisans. Ce n’était pas pour rire, remémorons-nous le Chant des partisans :

Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite!

Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

Nous apprendrons, entre autres exploits, comment il a sauvé de la torture et de la mort, Thérèse Regnault, sa logeuse dans la clandestinité, ou comment il a saboté des lignes téléphonique ou participé à des coups de main plus ou  moins sanglants.

Ensuite, après un service militaire accompli en Allemagne, il fait quelques études par correspondance. À la différence de la plupart des enfants de son âge, il n’avait pas eu le temps d’en faire jusque-là. Elles lui permettent d’intégrer en 1968 le Ministère de l’économie en qualité de stagiaire. Il tiendra à peine trois mois, juste le temps de participer aux fameux évènements en s'alliant aux étudiants pour envoyer quelques pavés du côté de la Sorbonne. Mais sa Gironde lui manquait trop. Après ce bref intermède, il revient se fixer définitivement chez lui, à Sallebœuf, en qualité d’agriculteur.

Sur le plan de l’action citoyenne et politique, il fait un bon bout de chemin avec le parti communiste, mais c’est un communiste un peu atypique, coloré de gaullisme et de maoïsme. En effet, il prend parti pour la Chine contre l'URSS, se rend en Chine, crée à Salleboeuf “l’Association internationale pour les bonnes relations culturelles, commerciales, scientifiques avec la Chine”, distribue pendant un certain temps des périodiques chinois traduits en français.

Mais aussi, toujours infatigable, il milite pour l’indépendance de l’Algérie, se bat contre l’apartheid sud-africain, se rend à Alger en 1963 où il rencontre Ben Bella, Che Guevara et Chou en Laï, le Premier Ministre Chinois… Il s’implique également dans de très nombreux mouvements associatifs… Très sportif, il crée “L’Union sportive de Sallebœuf”… Il anime aussi toutes les festivités de la ville. Bref c’est un homme toujours très occupé, magnifiquement disponible et généreux, très populaire.

Bien entendu, il termine en racontant son vécu tauromachique. Il a vu sa première corrida en compagnie de son grand-père aux arènes de Bordeaux-Buscat, c’était le 15 juillet1933, alors qu’il avait 6 ans. Il y avait six toros d’Escudero pour Armillita, Manolo Bienvenida, Ortega.

À compter des années 50, il voit régulièrement des corridas en France et en Espagne. En 1954, à Céret, il rencontre Cocteau et Picasso. En 1955, à Pampelune, il fait la fête avec Ernest Hemingway, dont il dit, "Avec lui, c’était jour et nuit, il était parfois excessif", l'excès dura huit jours et huit nuits. En 1967, il fait quelques passes et plante même une banderille à un novillo réservé aux étudiants dans les arènes de Valencia de Don Juan (León)…

En 1970, il est catastrophé par la démolition des arènes du Bouscat. À partir de là, il s’engage avec la détermination et la passion qui le caractérisent dans une formidable entreprise pour faire revivre les spectacles taurins en Gironde. À cet effet, en 1974, il fait construire à ses frais, sans trop se préoccuper du permis de le faire, des arènes dans sa propriété de Sallebœuf.

Le Cercle Taurin Goya réussit à y organiser le 8 mai 1982 une première novillada sans picador au prix d’échauffourées violentes avec une cinquantaine de membres de la SPA flanqués de gendarmes. Un aficionado blessé et qui perdait beaucoup de sang est conduit à l’hôpital mais le spectacle peut quand même se dérouler. Il y en a trois ou quatre autres qui suivent la même année, mais en 1983, le nouveau Maire et le Préfet sont hostiles. Le préfet prend un arrêté interdisant les corridas dans la commune. Claude Mounic poursuit néanmoins le combat, attaque l’arrêté d’interdiction du préfet et obtient une satisfaction au moins morale puisque le tribunal administratif de Bordeaux annule, en 1986, la décision du préfet et que l’Etat est condamné à verser au Cercle Taurin Goya une indemnité de 15 000 francs.

Cependant le Tribunal d’Instance, sous l’impulsion du Maire, obtint la démolition des arènes. Claude Mounic qui a perdu beaucoup d’argent dans l’affaire est obligé de vendre sa propriété. Toutefois il a obtenu une première avancée jurisprudentielle qui facilitera l’ouverture des arènes de Floirac et préfigurera l’heureuse conclusion des épopées juridiques qui agitèrent la Haute-Garonne taurine de 1999 à 2008.

Légitimement amer mais toujours déterminé, notre champion continuera à militer pour la cause taurine, il reste très attaché à notre fédération et ne manque pas d’assister à ses congrès annuels. C’est même lui qui a organisé avec le Cercle Taurin Goya  à Sallebœuf, en 1987, notre 71ème Congrès National.

La même année, Alain Vidalies, (actuel secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche) lui remet la médaille de “Juris Aficion”, association créée par le Professeur de droit privé, Reynald Ottenhof, pour la défense juridique des aficionados.

De gauche à droite, Reynald Ottenhof, Claude  Mounic, Alain Vidalies Le médaillé

Il convient de laisser la conclusion à son grand ami, le regretté Claude Pelletier qui, en 1989, lui a adressé le vibrant hommage qui suit :

 

 

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Il est possible de se procurer l’ouvrage chez l’auteur :

M. Claude Mounic -11, avenue de l'Entre Deux Mers - 33370 Sallebœuf 

claude.mounic@orange.fr

Le prix, frais d’envoi compris, est de : 15 €

Joindre un chèque de ce montant à la commande.

Claude Mounic dédicacera son livre

HOMME DE LA TERRE ET PATRIOTE

Dimanche 8 mars 2015

AU SALON DU LIVRE DE SADIRAC

(résistance - tauromachie - combats)