1 contribution / 0 nouveau(x)
une Journée de plage

 

Jour de plage

 

La mer va et vient, tranquillement, elle a de drôles de reflets, elle passe du vert au bleu avec des reflets pétrole parfois.

Sur le haut de la plage, les résidus de bateaux et autres cochonneries, se sont amassées.

Les plaies des grandes marées s'estompent peu à peu.

Le ciel est au bleu.

Les vacanciers déambulent sur la plage.

Certains se sont assis, d'autres ramassent quelques planches et bouts de bois qui décoreront leur maison.

Les enfants se “chacaillent“ pour deux ou trois coquillages.

Quelques chiens que les mamies trimballent reniflent les odeurs d'iode.

Les photographes amateurs prennent les vagues immuables.

Au loin, comme dressée au dessus des flots, la montagne sacrée, la Rhune, flotte.

Les contreforts des Pyrénées font luire leur neige au soleil.

Tout est calme et tranquille et le temps est au beau.

Les 20 degrés extérieurs nous poussent à choisir une terrasse extérieure même si le vent qui nous vient d'aventure lui, est un peu frais.

Nous nous attablons, il y a foule maintenant.

La carte est riche des produits du Pays, les magrets et confits, se disputent avec les poissons et coquillages...

Le foie gras au pommes me rappelle une anecdote croustillante :

Antonio Ordoñez, le grand maestro vient toréer à Dax le 19 Août 1968, les toros sont...comment dire..commodes, très commodes, alors une pluie de coussins jaillit sur la piste, dès la sortie du premier exemplaire de Domecq...

Antonio se réfugie au callejon, protégé par sa cuadrilla...une pluie de projectiles jonche la piste des arènes Dacquoises.

A son second, Ordoñez s'arrime, il torèe sérieusement avec le temple qui le caractérise, il ouvre la bouteilles des parfums des nuits de Ronda.

Pluie de fleurs.

Les trophées.

Le triomphe.

 

Quelques temps plus tard, la commission taurines de Dax est invitée par son homologue Madrilène. Au menu, accueil à Madrid, réception, soirée madrilène, tienta, déjeuner et retour sur Les Landes...

L'invité pour la tienta c'est Ordoñez.

La réception est conviviale et de haute tenue, on en est presque au dessert, on parle toro, femmes et voitures.

Ordoñez est souriant..

Le Maire de Dax, Max Moras, qui est aussi Président de la commission taurine entre autres responsabilités, voit soudain arriver quatre maîtres d'hôtel chargés de quatre plateaux de pommes.

L'un des maitres d'hôtel d'une voix retenue s'approche et lui dit : “Monsieur le maire, Le maestro Ordoñez vous prie de bien vouloir recevoir les pommes que vos concitoyens lui ont envoyé en Août dernier...“

Le maire de Dax ne dit rien, sourit, Ordoñez s'est éclipsé.

Le Lendemain, à la fin de la tienta, le maestro voit arriver un maitre d'hôtel, lesté d'une bouteille de champagne, et d'un splendide foie gras, qui lui dit : Maestro, monsieur le maire de Dax vous prie de récupérer les objets que vous avez oublié, à la conciergerie des arènes le 19 Août 1968...

Match nul...

 

L'histoire est véridique et drôle, ce sera aujourd'hui mon seul rapport avec la corrida, juste une petite pensée pour Arzacq, en espérant que cela se passe bien...J'ai déjà dit pourquoi je n'irai pas..

 

Après le déjeuner, de nouveau la plage, on marche, il fait doux.

Seul le bruit du ressac, on se pose un moment, on dirait un jour de printemps.

Vers 17h il fait frais, on rentre.

Dans l'auto on parle de Séville...un projet...

Arrivée à Dax, le bruit caractéristique nous fait lever la tête, les longues lignes en V qui strient le ciel, ce sont les oies, elles reviennent (j'allais dire déjà) certes on nous annonce encore de la pluie et du frais cette semaine, mais leur chant est déjà comme une promesse de printemps.

Une promesse de toros.

 

CHF