Pendant le weekend un baptême et deux anniversaires ont marqué l’arrivée de l’automne dans le Sud-Ouest à Toulouse, Bayonne et Saint Sever, trois adresses taurines qui parlent aux aficionados.

GARIDECH – Fiesta Campera -

Pour commencer, la reprise de l’activité taurine en terres taurines toulousaines, reprise réussie avec une forte mobilisation des personnalités taurines locales. Le programme ludique, pédagogique et diversifié se concluait par une tienta de vaches de LA CRUZ, en harmonie avec la novillada vicoise du dimanche précédent. Les antis ne s’y sont pas trompés qui, Garrigues en tête, ont tenté en vain de gâcher la fête avec quelques débordements regrettables (clous et début d’incendie). Pascal LONDERO, le Président du CTPR de Toulouse, est conscient du chemin parsemé d’embûches qui l’attend pour atteindre son but. Donc aujourd’hui Garidech et demain une montée en charge progressive vers la concrétisation d’espérances mesurées mais déterminées.

                  taureau mécanique                                le CTPR dans ses oeuvres

BAYONNE – 4 ALMA SERENA 4 pour ADRIEN SALENC et CARLOS OCHOA -

La Peña Taurine Côte Basque, club cher à Roger Merlin, concluait les festivités de son 40° anniversaire par une novillada sans picador courue  aux arènes de Lachepaillet.

Le beau temps est de la partie pour accueillir les Erales de « Alma Serena » opposés à Adrien Salenc et Carlos Ochoa. A noter que le feuilleton musical se poursuit, le chef de musique ayant repris « les charriots de feu » malgré les réactions défavorables d’une partie du public.

La présentation du bétail ne souffre aucune réserve, il est doté de caste et de noblesse. Son comportement permettra l’expression des deux novilleros au regard de leur formation, la fondation el Juli pour Adrien Salenc et l’école de Madrid pour Carlos Ochoa, deux écoles, deux styles. La personnalité du Français lui permet de transmettre son enthousiasme qui sera douché toutefois par de profondes lacunes à la pose des banderilles, mais il a l’avantage de tenter. L’application de l’Ibère fait apprécier ses capacités mises à mal par son deuxième adversaire. A signaler les deux brindis à Roger Merlin. Au final Adrien Salenc sera distingué, ayant coupé la seule oreille de la tarde.

                                Adrien SALENC                                       Carlos OCHOA

SAINT SEVER - 6 VICTORINO MARTIN 6 pour JUAN BAUTISTA et THOMAS DUFAU -

La Peña Saint Jean Saint Sever entendait célébrer le 50° anniversaire de la ganaderia Victorino Martin dans les arènes Henri Capdeville décorées avec talent par LOREN par un mano a mano goyesque opposant les deux Français, Jeremy BANTI étant sobresaliente. Le temps beau et chaud était de la partie et le public aussi, l’affluence aux guichets imposant de retarder le paseillo d’un quart d’heure. C’est devant un quasi plein que le Président Garzelli lançait les hostilités.

Tous les toros, cornicortos, majoritairement brochitos et deux un peu veletos, s’emploieront dans la cape avec force mais sans violence se laissant mener vers le centre de l’arène. Les choses se compliqueront après les piques. La tonalité du décor donnera le ton de la corrida, un gris contrastant avec le sable et le ciel, une sensation d’ennui qui gagne et enveloppe les gradins.

JUAN BAUTISTA – n°8 - Milenrama – 12/10 -  Le taureau est du style mansito, il cherche à s’échapper mais sans conviction. Les mises en suerte soignées conduisent à deux piques où il pousse peu et s’endort dans le peto à la deuxième. Quite de Thomas Dufau qui doit reprendre le taureau pour une véronique en paron. Le tiers de banderilles est réduit à la pose de deux paires, pourquoi ? A la muleta le taureau est fuyant, il charge avec violence refusant le travail à main gauche. La faena sera donc essentiellement droitière et peu dominatrice avec un final par molinetes. L’épée entière très légèrement en arrière nécessite un descabello foudroyant. La pétition minoritaire déclenchera l’attribution d’une oreille.

THOMAS DUFAU – n°19 - Embobado – 12/10 – Le taureau est mieux armé mais escobillé à droite. Exigeant à la cape il se laisse conduire au centre par le « toreador » superbement drapé dans un costume gris et noir, finement relevé de machos rouges et signé d’un col empereur. Il subira trois piques mal posées mais provoquant de bonnes et longues charges. Aux banderilles, le peon de brega peinera à le mettre en suerte. Il se révèle difficile à citer, le tiers étant à nouveau limité à deux paires. Brindis à Juan Bautista. Le taureau qui a connu plusieurs fléchissements se défendra violemment en jouant de la tête. Il rompt sa charge et se retourne. Thomas DUFAU sera pris lors d’une charge brutale et spontanée et blessé profondément à la main gauche en se protégeant d’un hachazo. Après un soin précaire réalisé dans le callejon il revient tuer d’un trois quart de lame tombée d’effet immédiat. La présidence lâche une oreille du courage qui lui sera remise à l’infirmerie.

 

JUAN BAUTISTA – n°81 – Milanero – 01/11 – Il devra combattre les trois derniers Victorinos. Milanero sort du toril en bondissant et remate violemment aux planches mettant à mal un élément du décor. Il accepte la cape dominatrice de JB avant deux piques où il pousse peu. Son comportement erratique rendra difficile la pose des bâtons où quatre passages seront nécessaires. Le torero, averti à plusieurs reprises, sera sur la défensive toujours sur le recul. Il écourte la faena et en finit sous les sifflets d’une demi-lame trop plate nécessitant un descabello. La technique indiscutable de JB lui permettant de cacher les vices et limites du taureau pourrait expliquer l’incompréhension du public selon Mathieu Guillon rencontré à la sortie.

N°1 – Mercochudo – 01/11 – Ce sera l’exemplaire le plus gros. Il joue de la tête à chaque mouvement de la cape. Il pousse à la première pique et de trois efforts finit par renverser l’équipage ; il sort seul du deuxième assaut donnant quelques signes de faiblesse. Marco Leal salue aux banderilles. Juan BAUTISTA doit s’arrimer pour contenir un taureau difficile. Après une tentative avortée sur la corne gauche il décide d’abréger et le couche d’une demi-épée bien trop basse suivie d’un descabello.

N°31 – Mosquito – 03/11 – Il s’arrête dès sa sortie mais permet un joli travail à la cape. Il ne pousse pas lors des deux piques. Tardo, il rend la pose des banderilles difficile. Sa charge molle impose des replacements du torero et ne permet pas de lier les passes sauf une courte série sur chacune des deux cornes. Final par des naturelles de la main droite et dernier avertissement sans frais. Un tiers d’épée et deux descabellos provoquent applaudissements à l’arrastre et salut à la barrière.

N°76 – Jarrito – 12/10 – Faible de tête, il se montre conciliant à la cape, contourne le cheval à la première confrontation puis fait un contrepied au picador qui doit s’adapter. Morenito de Arles salue aux banderilles, Manolo de los Reyes aurait pu y être associé. L’entame se fait au centre de l’arène par des naturelles aidées. Le taureau est de charge insipide et lente. La faena s’équilibrera sur les deux rives. Juan BAUTISTA la conclue d’un recibir qui n’était pas évident. L’épée d’effet immédiat fait tomber les trophées : 2 oreilles. Juan Bautista décline la sortie a hombros.