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Vas savoir

J’ai traversé les rues désertées, les maisons magnifiques aux volets blancs fermées, le bord du lac de silence, et atteint le port ou dorment les bateaux que des types d’ailleurs ont parqués là, attendant les prochaines vacances des beaux jours pour leur redonner vie.

Hossegor dort.

Les craquements des coques, le chuintement du frottement sur des pneus ou des bouées, le bruit métallique des anneaux de fers rappelant ce tintement permanent des anneaux sur leurs hampes des drapeaux de mes belles arènes de Dax.

Tout est hors saison.

La plupart des commerces éphémères fermés, les gens qui traversent sont des locaux qui profitent de leur jolie ville..

L’Estacade d’habitude couverte de monde ne supporte que quelques pêcheurs, riverains, qui viennent là faire friture à bon compte.

Le ciel est bardé de couleurs qui oscillent du noir profond, au bleu roi, passant par des pourpres et des mauves que ne renierait pas un Braque ou un Matisse.

Tout m’entraine à la rêverie.

Le ressac répété qui se fracasse sur la base de béton Napoléonienne, et les plots de bois noircis qui soutiennent la jetée.

Je regarde sans voir le roulement des flots, les remous agités, et la houle qui rend cette immensité d’eau si vivante.

Vas savoir pourquoi je pense à lui…

Peut-être parce que j’ai connu la blessure, la gloriole des dimanche ou je jouais devant quelques centaines de spectateurs. Les gens qui traversent la rue pour te saluer quand tu es une (pseudo) vedette, et les gens qui traversent la rue pour t’éviter quand tu n’es plus au panthéon et que tu n’es plus rien de ces codes de la reconnaissance établie.

C’est peut-être parce que je pense à mes amis Vicois, et ce prix donné pour la Novillada de Dolores Aguirre, ce texte sur la pérennité des évènements réguliers, malgré la difficulté à trouver les élevages, les toros et le types à mettre en face.

Peut-être à cause de ce téléthon qui nous ramène toujours à la chance que nous avons, nous, les humains debout.

Là, devant cette eau noirâtre et hostile, je pense au Chano.

Je me souviens justement à Vic d’une paire de banderilles exceptionnelle contre les planches…

Quand ?

Je ne sais plus.

2011, peut-être, pour la corrida d’élevages Français.

Est-ce parce que j’ai revu des photos de Julio Robles, ces jours-ci?

Je n’en sais rien.

Mais je pense au Chano.

Que devient-il ?

Cloué sur sa chaise.

Depuis le festival donné pour l’aider, de quoi vit-il ?

Où ?

Est-il encore impliqué dans le monde taurin ?

Je n’en sais rien.

Je l’ai vu danser devant la corne, je l’ai vu attendre et attendre encore, les bras levés comme un danseur Sévillan, frôler la mort, pour se retirer au tout dernier moment, dans son habit sombre.

Je me souviens des roustes prises, des erreurs de trajectoires, des toros qui coupent leur course, rendant la rencontre plus qu’aléatoire.

 

Je me souviens aussi de son rire, de cet air moqueur qui nous transmettait juste après le frisson, ce soulagement qui rendait la chose “facile“.

 

Aujourd’hui, qu’est-ce que sa vie ?

Qu’est-ce que son rire.

Et qui oublie ?

 

Vas savoir.

 

CHF

El Chano

Comment oublier cet homme, ce torero comme il y en a peu? Con cojones, si señor !!! Arte, y ànimo!!
 

El Chano

Comment oublier cet homme, ce torero comme il y en a peu? Con cojones, si señor !!! Arte, y ànimo!!