Corrida d'opportunité du côté de Vauvert

Ce dimanche d'investiture de notre nouveau président une seule corrida en France, une corrida d'opportunité proposée par Carlos Sanchez Toros SL. Le plateau annonce un événement, la première encerrona depuis 1945, année de création de l'élevage conduit par Tomas Prieto de la Cal. L' « heureux » élu est Javier SANCHEZ VARA habitué des pupilles hébergés à « la Ruiza » à San Juan del Puerto, province de Huelva et déjà vu en telle adversité en 2016 à Carcassonne.

 

En théorie la programmation des derniers dépositaires du sang Veragua devrait mobiliser les tenants du bétail brave et des encastes rares, ce n'a pas été le cas à Vauvert où un tiers d'arène seulement a accueilli par une après midi ensoleillée et en l'absence de vent le natif de Guadalajara. Les fidèles de Saint Martin de Crau, Alès et Carcassonne, eux, étaient bien là.

Un regret avec l'absence de panneautage qui a laissé le public dans l'ignorance du guarisme qui n'était pas toujours lisible, les bruits de couloir annonçant des quatre et six ans, pourtant l'information s'imposait.

Les taureaux présentés étaient morphologiquement bien dans le type avec quelques interrogations quant à l'état des armures bien modestes quand elles n'étaient pas endommagées. Pour un certain nombre des belligérants un excès de poids s'imposait à l'oeil, signe de cette sempiternelle préparation qui en réalité se traduit par un engraissement préjudiciable à la performance attendue. Mais là n'est pas l'essentiel. Des signes de faiblesse et un manque de caste ont nuit à la réussite des rencontres même s'ils sont sortis fort des chiqueros et ont pu faire impression avant de faiblir.

Toutefois cela n'a pas été inintéressant du fait du métier du torero qui a assumé son rôle et dont l'expérience a permis de voir ce qu'il y avait à voir dans ces taureaux. Malgré un registre limité il a su varier les faenas et illustrer ses prestations de gestes d'alegria.

Un total de 14 piques souvent désordonnées a été donné sous l'autorité de l'éleveur qui voulait bien voir ses toros.

Le n° 69 se révèle faible à la pique. Banderilles par le maestro. Brindé au public, il est toréé sobrement par Javier Sanchez Vara qui en tire la quintescence sur les deux rives avec moins d'aisance à gauche. L'épée entière mais trop basse et hémorragique sera d'effet immédiat. Salut au tiers.

Le n° 8 sort de manière tonitruante et remate aux planches. Il pousse mollement au cheval malgré de bonnes charges. Après les banderilles posées par le maestro le taureau ne pourra s'engager et chutera sans pouvoir se relever. Le maestro écourte la faena et le couche d'une entière engagée lui valant des applaudissements.

Le n° 60 distrait et mansote à sa sortie exige un joli travail de cape pour le fixer. Il accepte 3 piques en poussant, la troisième très en arrière. Pose délicate des banderilles par le péonage. Brindis à Jacques Mena. Le toro est sur la défensive, il se réserve et se montre violent refusant de collaborer sur la droite. Pinchazo et entière en passant par les boulevards. Silence.

Le n° 16 se montre violent à sa sortie et détruit une cape. Le premier tiers est limité à une seule pique pour le préserver.Le maestro est applaudi aux banderilles. Brindis à la cuadrilla française constituée de Raphaël Cañada, el Santo et José Gomez. Le torero alternera sur les deux cornes avec un meilleur rendu à droite. Le taureau domine le torero qui saura se reprendre concluant par des naturelles méritoires. Après un recibir raté la conclusion se fait d'une entière plate. Une oreille et applaudissements à l'arrastre.

Le n° 35 est long et fort, une vuelta de campana le handicapera. Deux piques, la deuxième symbolique, précèderont la pose de deux paires de banderilles. Il manquera d'élan, les passes lui étant tirées aux forceps... Ce rien se terminera par un bajonazo. Silence.

Le n° 56 présente l'armure la plus belle de la camade. Javier Sanchez Vara met le paquet, il l'accueille par une larga afarola de rodillas et poursuit d'une cape dominatrice et enlevée. Le taureau accepte trois piques désordonnées et mal posées en donnant de la tête. Le maestro poursuit aux banderilles en fleurissant le tiers d'un saut à la garrocha et d'un cite à la chaise, gestes réussis. Devant ce taureau intéressant, le torero va chercher le deuxième trophée, naturelles médiocres, toreo sans tirer les passes, desplantes excessifs, final de rodillas, adornos, pour un travail sans profondeur qui portera sur le public. Il le tue d'un pinchazo et d'une entière basse lui valant la générosité de la présidence qui lui accorde une oreille.

 

Du bon et du moins bon donc mais une certitude : la confrontation a été rendue intéressante par l'expérience de Javier Sanchez Vara qui a su adapter son savoir faire à ce bétail dont le comportement rend interrogatif.