AIRE sur l’ADOUR - Vendredi 1er mai 2015

Novillada concours d’élevages représentant diverses branches d’origine Santa Coloma pour Borja ALVAREZ (jade et or), Louis HUSSON (écarlate et or) et Andrés ROCA REY (violet et or).

1er : José ESCOLAR GIL (3 ans 1 mois) : bien présenté et armé correctement, remate aux planches. Deux piques ou simulacres (Antonio Apresa) seront subis, passivement, sans force, le novillo devant être mis en suerte à trois reprises pour la 2ème, montrant un désintérêt profond pour le cheval. La même passivité continue aux banderilles puis à la muleta, devant laquelle il trottine, se réserve et gratte. Il serre néanmoins l’homme qui, après avoir géré les affaires courantes sans grande envie apparente lui non plus, paie son manque de dominio par la difficulté qu’il connaît pour arrêter et cadrer son adversaire. Mise à mort pénible avec mete y saca dans le flanc, pinchazo et entière en place, et l’animal va finir sa vie vers le toril. Deux avis ponctuels (nous n’étions pas loin du 3ème) et silence pour Alvarez, tandis qu’il s’en trouve pour applaudir l’arrastre.

2ème : VALDELLAN (3 ans 2 mois) : negro armé gacho, bien reçu à la cape, qui vient bien en quatre rencontres (Nicolas Flores) ; 1ère en poussant, 2ème au milieu du dos et ôtée de suite, 3ème courte après un gros choc du novillo au cheval, 4ème en arrière et courte. Poursuites irrégulières au 2ème tiers. Après doblones, la faena est équilibrée sur les deux cornes, le novillo, noble mais vif, mettant régulièrement Husson, jamais croisé, en difficulté. Le novillero termine judicieusement par d’autres doblones mais, plus bizarrement, prolonge sa faena et conclut d’une grande entière portée légèrement en avant. Avis, oreille (pour le coup d’épée sans doute) et vuelta pour la dépouille, pour moi généreuse mais pas scandaleuse.

3ème : FLOR de JARA (3 ans 4 mois) : càrdeno reçu par véroniques lentes et larga, qui ne montre rien, si ce n’est sa faiblesse, en deux « piques » anodines. Quite appliqué et varié de Roca Rey et banderilles avec poursuite molle. A la muleta, le novillero montre élégance et temple, malheureusement devant un opposant qui traîne sa charge avare, pourtant mufle au sol. Mete y saca et entière basse d’effet rapide ; une petite demande d’oreille se résout en un salut aux tiers. Quelques sifflets pour l’arrastre.

4ème : RASO de PORTILLO (3 ans 3 mois) : joli negro liston bien armé qui désarme Alvarez et part au cheval avec la cape. Juan Agudo sera le protagoniste d’un bon tercio de piques, en place, hampe bien lancée avant contact ; le novillo vient bien mais lentement, s’employant surtout à la 1ère. Avec une mauvaise lidia, il fait ce qu’il veut aux banderilles. Face à cet adversaire noble et qui vient de loin, Alvarez ne se confie et reste marginal. Comme le novillo s’éteint vite, tout va a menos, et ça dure … Nouvelles difficultés au moment de cadrer, deux tiers de lame en place et descabello. Avis at applaudissements pour l’homme et pour l’animal.

5ème : Pablo MAYORAL (3 ans 5 mois) : càrdeno oscuro étroit d’armure qui fait illusion à la 1ère pique (Gabin Rehabi) en soulevant le cheval mais sort seul de la 2ème et doit être rapproché à la 3ème, hésitant, reculant mais se décidant enfin à venir au galop. 2ème tiers cahotique avec poursuite puis glissade sur le sable mouillé. Au 3ème tiers, le novillo montre une charge tantôt vive, tantôt molle ; comme Husson persiste à toréer verticalement, le faisant autour de lui, il finit distrait et l’emmène aux planches, s’en fait sortir et y revient. Comment dit-on « bouillie pour les chats » en castillan ? Nouvel estoconazo, qui résulte bas et en avant, attente et deux descabellos. Avis, salut aux tiers et applaudissements pour la dépouille.

6ème : Coquilla de SANCHEZ ARJONA (3 ans 1 mois) : negro fin et bien armé. Il pousse un peu sous une pique basse puis vient de biais pour une autre, anodine. Quite en frente por detràs et poursuite irrégulière aux banderilles. Après un long atermoiement du novillo, Roca Rey réussit deux passes changées au centre puis montre de nouveau sa technique, son calme et son temple dans une faena élégante, hélas ponctuée des chutes de l’animal. Deux trincheras pour conclure, entière tombée et deux oreilles (la 2ème discutable, mais logique après celle accordée à Husson : de nouveau, la relativité des trophées …).

Prix au meilleur novillo : Valdellàn, indiscutable sauf à déclarer le prix non attribué, mais illustration une fois de plus du dicton « En tierra de ciegos, … ». A la sortie, se manifestait le regret que ce novillo, le meilleur, ne soit pas tombé dans les mains de Roca Rey, mais c’est ainsi.

Prix au meilleur picador : Juan AGUADO, qui a piqué proprement le Raso de Portillo.

Présidence sérieuse de Christophe Robin, assisté de Dominique Desplats et de Pascal Bouneau-Lavedan.