BAYONNE – Vendredi 1er septembre 2017
 
Novillada de LOS MAÑOS pour Andy YOUNES (mauve et or) et et Adrien SALENC (bleu terne et or) en mano a mano ; sobresaliente plus tout jeune (noir à parements roses), sans intervention en piste.
 
Présentation et armures correctes pour cette course attendue après celle de 2016 dans ces arènes. Hélas, la satisfaction s'arrête là car, si la noblesse était bien présente, on ne peut pas en dire autant de la bravoure, ou plus exactement de la force et de la puissance au 1er tiers. Or, comme l'a dit un grand sage, la noblesse, c'est comme le sucre dans le café : trop, c'est écoeurant. Nous eûmes donc droit à des tiers de piques pâlichons, à un peu de faiblesse et, à l'occasion, à de la soseria. Ajoutons à cela une lidia souvent désastreuse, un toreo marginal généralisé, douze pinchazos, quatre fois un avis et un mouchoir bleu en trompe-l'oeil ... Tous les novillos étaient, à un mois près, âgés de trois ans et demi.
 
1er : càrdeno claro bragado, noble et faiblot. Sans mise en suerte digne de ce nom, il prend une pique en place mais agrémentée d'un joli mouvement de balancier et une autre symbolique. 2ème tiers correct et sans poursuite. A la muleta, l'animal charge avec vivacité et noblesse, mufle au sol, d'où peut-être les agenouillements ponctuant quasiment chaque série. Younès hurle mais ne croise pas, finit dominé et peine à cadrer son opposant. Pinchazo, désarmé, poursuite, autre désarmé et enfin mete y saca suffisant. Avis, silence pour l'homme, applaudissements pour le novillo.
 
2ème : fin negro doté d'une charge longue et bien reçu. Une pique manquée et remise en place, appuyée, vuelta de campana, mise en suerte à la raie et 2ème pique pompée, accompagnée de grands gestes de Salenc vers son piquero. Banderilles correctes et avec poursuites. De bons doblones et une série de derechazos templés déclenchent directement la musique. Le novillo devient vite tardo et, malgré un soupçon de soseria, fait reculer l'homme à gauche tant son placement est marginal. Pinchazo, entière plate tombée, silence et applaudissements à l'arrastre. 
 
3ème : càrdeno oscuro bragado noble qui, placé trop près, vient au galop en deux rencontres mais sort de suite. Après un passage en faux de Morenito d'Arles et à la demande du novillero, le palco fait arrêter le 2ème tiers après la pose de deux paires. Le 3ème tiers révèle une véritable "machine à charger" que le novillo cite de loin mais toujours sur le voyage, usant et abusant du pico. Luquecinas finales suivies de trois pinchazos, d'un cinquième de lame et d'un descabello ; mort bouche fermée. Avis, simples applaudissements pour l'homme et vuelta pour la dépouille de BENGAVINOS, novillo de 3ème tiers pas ou mal toréé.
 
4ème : un càrdeno claro costaud, qui humilie et plie les antérieurs. Une quasi vuelta de campana sur la mise en suerte précède une vilaine pique vrillée et carioquée suivie d'une 2ème levée de suite. Poursuite aux banderilles et salut des deux peones. La faena débute à genoux aux tercios, l'animal, faible, vient de loin et "fait l'avion" mais -serait-ce le toreo marginal de Salenc qui l'y aide ?- devient distrait, se désintéresse du combat et commence à chercher les planches. Le novillero fait trop durer et conclut par pinchazo et entière basse. Salut aux tiers et nouveaux applaudissements à l'arrastre.
 
5ème : le même que le 4ème avec un morrillo en plus, doté d'une charge douce. Rien à la 1ère pique, re-mise en suerte à bonne distance pour une fois, et 2ème prise en secouant. Compétition aux quites, Salenc par faroles, auquel Younès réplique en frente por detràs. Cette fois, l'arrêt du tercio de banderilles à deux paires peut se justifier par le nombre de capotazos donnés depuis la fin du 1er tiers. Avec un novillo réticent dans sa muleta et de charge courte, Younès nous sert un empilage de passes sans intérêt et se fait amener au toril par un animal qui gratte et ne se laisse pas cadrer. Cinq pinchazos, un tiers de lame, silence pour l'homme, division pour l'arrastre.
 
6ème : autre càrdeno claro long à fixer. Il sera le 1er (et le seul !) à pousser -un peu- sous une pique basse puis, bien cité par le cavalier, il reste passif à la suivante. Suit un moment intéressant : le palco refuse la demande de changement, pourtant insistante, du novillero, lequel se moque du monde en plaçant son novillo sous le cheval puis, devant les protestations du respectable, consent à le replacer plus loin ; làs, l'animal ne venant pas, le président se résout à faire sonner les clarines, ou plutôt les gaïtas. A la muleta, on retrouve le comportement initial, avec des charges longues à se déclencher, brusques et irrégulières ; y aurait-il un problème de vue ? Toujours est-il que le cornu va aux planches et Salenc, abrègeant par passes de châtiment, tue par pinchazo et bajonazo. Silence.
 
Présidence trop aux ordres des hommes en piste pour les changements de tercios, trop prompte pour lancer la musique, mais ponctuelle pour faire sonner les avis.
 
Salut du mayoral, sans doute dû au mouchoir bleu en forme de pochette surprise.
 
A noter que la musique attend que l'arrastre soit sorti pour commencer à jouer ; cela devient rare.