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vive les toros gris...

Tiens, il s’en dit des choses, tant et tant sur ce que pourrait être la temporada, si et si….

Moi j’ai noté sur mon calepin le retour des Escolar Gil à Dax.

Je me souviens de cette belle soirée ou nous avions discuté avec lui sur la terrasse du Splendid, j’avais vu les courses de Céret, Mont de Marsan et celle de Dax…et c’est l’amie d’une amie qui lui avait dit, en me montrant du doigt, lui a vu les trois courses.

Il me demanda ma préférée, je crois que la montoise avait été la plus complète, de cette soirée très agréable, il me reste en mémoire sa phrase, me disant, le jour ou les vedettes s’intéresseront à mes toros, j’aurai des questions à me poser.

Je me souviens aussi de ce chemin chaotique qui mène aux murs de pierre de la finca au fin fond de Lanzahita, comme si on voulait vous empêcher d’atteindre le monte Valdetietar, la ou juste en vous poussant du cou, vous pouvez faire face aux monstres gris, du sang d’Albaserrada, au creux de la vallée de la terreur.

Bien sur, comment ne pas citer, l'encerona de Robleno a Ceret, un moment suspendu dans le temps, du courage, de l'envie, un spectacle hallucinant, et le torero épuisé, rincé, lessivé, mais triomphant, un immense moment de tauromachie vraie... 2012, déjà..

Un autre souvenir marquant et plus récent avec les Escolar. C'était en 2015, au programme de cette journée de San Fermin ; six bandits de grand chemin, armés comme des porte-avions, vicieux comme une vipère a corne, et redoutablement vifs.

Pepe Escolar avait transporté là, des exemplaires à foutre la trouille à un quelconque chevalier tout Bayard qu’il serait….

Il y avait du vice dans ces peaux de vache, si j’ose m’exprimer ainsi.

Il y en avait un qui s’était fait remarquer plus particulièrement à l’embarquement, les infos disaient que l’animal avait fichu le bazar, s’était montre récalcitrant, et que diable, celui qui se le pèguerait l’après-midi, devrait avoir une sacrée paire de moral.

Le matin, l’encierro fut une fulgurance, 2mn et quelques et hop tout le monde au chaud, tout le monde…non ?

D’abord, les faux posées sur les cranes allaient s’affuter aux chairs tendres des coureurs de l’encierro, quatre furent fauches sévèrement, et l’un blessé gravement, la cuisse transpercée de part en part.

Je sais bien que quand on aime on ne compte pas, mais les anciens de la calle Estafeta te le dirent, il y avait un doute, il manquait là, un larron dans le lot, et un lot c’est six toros, et pas cinq.

Curioso, sortit, comme ses frères, bondissant au cul des mansos, dans la curieuse odeur du pétard du départ, débordant de fureur et prêt à en découdre. Arrivé au sommet de la cuesta de Santo Domingo, il jugea que c’en était assez, et lâchant la bande de voyous avec laquelle il trainait, il fit demi-tour et repartit vers les corrals.

Le cameraman de la TVE posté a la sortie fit un bon en arrière quand Curioso redescendu, commença à taper dans les planches, crachant sa fureur contre l’objectif de la caméra.

Bien entendu là-haut, ça giclait à pleine allure dans les ruelles blanchies de coureurs plus ou moins expérimentés occasionnant les lésions citées plus haut.

Bref, lui, sema le bazar intégral et rien n’y fit, il ne voulut jamais repartir dans l’autre sens, et ne repris jamais le chemin des arènes, on le transporta plus tard dans la journée discrètement jusqu’aux corrals, ce qui n’est pas commun, hein ?

L’après-midi Paco Urena, profitant d’une fenêtre de tir, et dans le tumulte bordelique des penas du soleil, signa une prestation majuscule, et fut ramené à dos d’hommes jusqu’à son véhicule s’accrochant aux épaules du capitaliste qui le portait, pendant que les admirateurs tentaient de lui arracher les machos, le déséquilibrant au risque de le faire tomber.

Le soir Pepe Escobar satisfait du comportement de ses ouailles, s’autorisa une coupette de champagne, dans le rincon d’Hemingway du café Iruna, au milieu de la foule en délire….

Allez, prions ensemble la macarena…et vive les toros, aux couleurs des temps d’aujourd’hui, les toros gris.