Nous ouvrons ici une chronique que nous intitulons “Vu du palco”. Nous invitons tous ceux à qui il arrive d’y présider ou d’y être assesseur, souvent, occasionnellement, exceptionnellement, autrefois, de manière récente, … de nourrir cette chronique de leurs souvenirs ou premières impressions, enthousiasmes ou désillusions, satisfactions ou ressentiments, bonheurs ou malheurs … Les gens du palco sont facilement critiqués. Il leur est permis de défendre ici leurs points de vue et de faire œuvre de pédagogie.

Grand merci à Bernard Sicet qui a bien voulu inaugurer la chronique. Que beaucoup d’autres viennent suivre son exemple !

 

Respecter les critères fondamentaux

C'est déjà un grand étonnement lorsqu'on vous demande pour la première fois d'être membre d'un palco. La surprise est d'autant plus grande que vous n'avez ni sollicité ou exprimé la moindre volonté de vous y trouver.

Le premier sentiment est d'être honoré de la confiance que l'on place en vous mais ceux qui vous le proposent vous assurent également qu'il ne s’agit pas d'un cadeau...

C'est le souvenir déjà lointain que je conserve de cette première expérience.

Je ne cache pas que l'acceptation du rôle de président engendre un sentiment de gravité, de responsabilité et va de pair avec un certain stress et le désir d'être à la hauteur.

Les conditions fondamentales qui me paraissent incontournables pour tenir ce rôle sont :

  • l'absolue indépendance vis à vis des organisateurs
  • on ne doit pas être invité mais payer sa place
  • on ne peut présider que dans des plazas dont on cautionne l'orientation de la politique taurine
  • d'être accompagné d'hommes et de femmes qui correspondent à votre sensibilité d'aficionado

J'ai toujours été placé dans ces conditions dans des villes comme Céret, Parentis, Vic qui sont l'essentiel de mes expériences.

Naturellement l'évidence qui doit toujours être présente à l'esprit d'un président est qu'il ne fera jamais l'unanimité, on le trouvera soit trop généreux ou trop sévère dans l'attribution des trophées. Cela est dérisoire et habituel... Certaines « broncas » peuvent être pédagogiques à condition de pouvoir s'expliquer avec les détracteurs après la course. Les purs aficionados sont en nombre restreint, noyés dans un public majoritairement tourné vers le triomphalisme et l'abaissement des critères , des « vuelta al toro » demandées pour des toros au comportement normal etc.... mais aussi des oreilles souhaitées pour des toreros qui font des passes mais ne toréent pas! Etc.

J'ai fait l'objet de critiques pour une oreille que je n'avais pas accordée dans une revue taurine torerista. Je leur avais adressé la réponse ci-après dont voici un extrait et que naturellement, malgré ma demande, ils n'ont pas jugée utile  de faire paraître :

«  J'ai lu avec intérêt et partage votre analyse sur la prestation cérétane de César Valencia  toréant de verdad, croisé et chargeant la suerte... Nous aurions aimé qu'il réussisse avec l'épée. Nous savons que monter au palco implique d'être préparé aux critiques car chaque aficionado a sa propre vision de la course. “Les gourmands d'oreilles” déjà dénoncés par le Tío Pepe sont toujours et plus que jamais d'actualité. Cinquante ans d'aficion ne nous a pas encore fait basculer de leur côté. Nous restons sur les principes simples du toreo : dans chaque tercio , la lidia, le dominio, afin de mettre le toro  dans les meilleures conditions pour la suerte suprême qui se doit  d'être bien réalisée.

La prestation d'Alberto Lamelas n'a pas été dans cette perspective et au contraire a fait l'objet d'une « lidia chaotique » pour reprendre vos termes, je dirai plutôt catastrophique... de plus l'épée est très très moyenne... Soyez assurés que nous avons “su voir” le courage habituel et inébranlable de ce toréro et qu'une vuelta al ruedo  est aussi une reconnaissance du public importante.

Céret mérite que l'on respecte les critères fondamentaux, ne les abaissons pas, suffisamment de plazas s'en chargent... »

 

                                                                        Bernard SICET

 

Vous faites partie du Corps des Présidents, pensez à enrichir notre expérience commune. Après chacun de vos passages au palco, que ce soit en qualité de président ou d’assesseur, ne manquez pas d’adresser un compte-rendu à André Roques au moyen du formulaire que vous trouverez ici.

Ainsi nous recouperons les informations et, en lien avec la FSTF, nous défendrons mieux nos positions auprès de l’UVTF et des organisateurs.