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weekend de toros

 

Le sourire triste de Fernand, les Fleurs de Serge et la Moutarde “à“ Mora

 

 

Torpeur et allegria : Corrida de Cebada Gago pour Fernando Robleño, David Mora et Sergio Flores

 

Bayonne 26°, mer fraîche, et petit Bayonne radieux sous le soleil.

Silence sur Lachepaillet pour ne pas réveiller les mouches jusqu'au quatrième toro.

 

Monsieur Cebada Gago est chiche en ces temps de crise, et comme au carnaval, les chars qu'il nous a envoyés en ce Samedi de toros, étaient parfaitement fleuris, mais sonnaient creux de l'intérieur...

La noblesse parfois naïve du lot, le manque de piquant,rendait l'atmosphère bien soporifique..et pensif le torista un peu perdu..

 

Fernando Robleño n'en finit pas de devenir triste.

Ce garçon qui m'a tant fait vibrer l'an passé, paraît s'ennuyer, et ses sourires figés semblent bien forcés.

Ça n'est pas cet ennui, avec baillement poli, que nous lancent au visage les stars milliardaires du Dimanche après midi, venus leurrer le gogo, non, c'est plutôt l'ennui triste, de celui qui paraît savoir que les marches qu'il a gravies avec peine, ne menaient finalement pas au ciel, mais au purgatoire..

Robleño me fait peine et même l'oreille obtenue au quatrième toro (une vuelta me paraissait suffisante mais pourquoi pas ?) ne parut pas le tirer de cet ennui profond ou il semble se morfondre et qui le fit passer à côté de son premier...

La Vuelta accordée à ce toro m'a semblé plus que généreuse, voire bizarre, il y eut bien quelques personnes pour la demander...mais tellement minoritaires...alors réaction torerista ?

La décision surprit les travées..d'ailleurs le toro ne fut pas fêté plus que celà, très raisonnablement.

Bien sur, si l'on compare ce spécimen à ses trois prédécesseurs, il était largement supérieur, mais franchement il ne méritait qu'un applaudissement au tiers.

On ne saura donc pas quelle mouche (réveillée celle-là) a bien pu piquer le président... ?

 

Sergio Florès, voulait bien faire, mais tendu, précipité quoi que sincère, il se loupa tout bonnement sur son premier, silence.

Quand sortit le sixième, Sergio s'arrima et après de tous petits réglages, il se mit à toréer avec envie et bonheur, nous gratifiant d'une jolie faena enlevée et sincère avec changements de mains comme une passation de pouvoir entre deux présidences.

Épée coup de poing, entière, placée, rapide et efficace. Oreille..

Le toro, noblon comparé au quatrième, aurait dû selon les critères du président faire deux vueltas...heureusement il ne fut qu'applaudi généreusement.

Mais celui-ci oublia le torero, et ne laissa tomber qu'une oreille là ou il aurait pu en mettre deux...la mouche piquante sans doute encore..le public lui, sut récompenser Flores d'applaudissements nourris, le jeune homme faisant plaisir tant il semblait heureux de triompher..sautant comme un zébulon d'un coin à l'autre de la piste (il y a encore des toreros que le triomphe galvanise).

Monsieur Mora est élégant, monsieur Mora est torero, Monsieur Mora toréa du bout des doigts son premier, et assassine son second qu'il ne voulut pas voir, Monsieur Mora n'est pas raisonnable..Monsieur Mora fait de l'éffet niveau épaule et ceinture, Mais Monsieur Mora recule la jambe sur chaque passe. Les toros de Monsieur Mora sont simples et naïfs comme Fernandel dans Ignace...et sans vices...las, Monsieur Mora ne le torée pas, l'exécute et Monsieur sortit sous les sifflets...on le vit alors, faire un geste du bras, digne du dernier footballeur bad boy le plus mal élevé, refusant de descendre du bus.

Monsieur Mora se comporte en voyou quand la moutarde lui monte au nez.

Bronca méritée qu'il sut accepter, en laissant Robleño aller jusqu'à la porte, pour quitter seul le sable Bayonnais..

Il faudra compter avec Sergio florès, que les vedettes rejettent à la mer dès que les garde chiourmes ont le dos tourné.

A noter la présence d'un autre torero mexicain, que les figuras etc etc...pourtant triomphateur à madrid, Joselito Adame.

En matinée le jeune Roca Rey emportait sans coup férir la finale avec aguante, et engagement, dans une finale pleine d'intérêt.

CHF

 

Pedraza de Yeltes, Devant les grands ainés.

 

Je ne sais pas pourquoi, mais j'aime bien cette novillada de Saint perdon, qui année après année, ne cesse de donner du jeu et de la qualité, tant au niveau novillos que novilleros.

Pour fêter leur trentenaire, une novillada concours était organisée..devant un peu plus de la moitié de l'arène. Les novillos présentés tous dans le type de leur maison, armés et plus beaux que certains toros vus dans des corridas de piste aux étoiles....

Des trois novilleros on ne citera que José Garrido (Pilar Poblacion et Pedraza de yeltes) qui semble aujourd'hui être un spoutnik dans le ciel tristounet des novilleros formatés.

Nous ne ferons pas offense à Manuel Diaz Gomez (Miura et Guardiola Fantoni) ni à Rafael Cerro (Palha et Murteira Grave) car eux ne disent pas non quand il faut se coller se genre de bétail.

Nous regretterons la faena à l'envers sur le toro de Palha qui nous a semblé le plus intéressant du lot, derrière le vainqueur du Jour, et qui sait si José Garrido l'avait eu en main ?

 

N'insistons pas sur le stupide pipaïre, dont à la fin tout le monde se fout (il n'est plus sifflé tant il nous lasse, et n'a jamais été applaudi, ce qui prouve l'intérêt qu'on lui porte) oublions le, juste pour dire que le bonheur de la dernière paire de banderille, c'est que lui s'arrête de faire du bruit..

Certains disant préférer les antis taurins....à cet insupportable agression auriculaire, c'est dire..

Heureusement “El Violin“ nous régala de ces paso doble et autres morceaux enchanteurs, quand la musique est belle, elle colore les faenas..

 

Le Miura sortit beau, dans le type, haut et long, mais équipé d'un moteur deux temps...il toussota, s'encrassa et s'éteignit doucettement.

Il prit trois piques dont deux au milieu du dos....merci piquero..et fut toréé sur le voyage et fuera de cacho...pourtant sans vice apparent.

La fameuse légende noire poussée sous le tapis, nous avions là un bonbon suave, sans tout ce qui fit la terrible réputation de l'élevage, c'est à dire la violence, le Genio, le vice ...et la puissance...rien de tout cela.

Une fois sorti au pas, ce toro passait d'une corne l'autre en trottinant naïvement...(la pique?) toujours est-il qu'il mourut sans émotion...d'une épée précédée d'un Pinchazo...un pied à Saint Perdon, la main au Plumaçon...

 

Le palha fut mon favori jusqu'au dernier toro. Il prit trois piques sérieuses dont deux...oui dans le dos..de loin et avec allégresse, il embista sur les deux cornes, faiblissant sur la fin...mais ne fut jamais mis en valeur correctement, c'était un toro de muffle auquel il fallait laisser la muleta en pâture.

Malheureusement son adversaire ne le toréa que de loin, au pico etc...le Palha l'emporta...et fut gâché à mon sens.

 

Le Pilar Poblacion (origines Perez Tabernero) fut assez décevant à la pique, mais fut noblon par la suite. Il fut mis en valeur par José Garrido, qui sut en tirer parti, malgré la faiblesse affichée en fin de faena.

Première oreille méritée.

 

Le Guardiola Fantoni que j'attendais avec impatience (on n'en voit pas si souvent) prit une grosse première pique, tenue..puis une seconde en s'échappant un peu..Il fut toréé comme pour son premier par Manuel Diaz Gomez, et s'avisa doucement comme une jouvencelle à qui un marlou voudrait faire le coup du stylo sans capuchon..sa mort un peu longuette nous plongea dans la déception.

 

Le Murteira grave était aussi dans le type, il renversa la cavalerie par deux fois, et sema la panique à pluieurs reprises. Hélas, il fit illusion puis s'éteignit comme le phare de Ouessan aux premières lueurs de l'aube..on s'ennuya un peu et on restait sur notre faim

Alors sortit le sixième. Ce qui est génial dans les restaurants gastronomiques c'est que lorsque l'accord mets et vins est respecté, on se régale..

Ce toro fut complet, il se lança avec allégria du milieu du ruedo, prit trois piques pas si mal données au final, et fit les trois tiers, suivant aux planches les peons, aux Banderilles, puis nous fit le Spirit Saint Louis sur les deux ailes...José Garrido intelligent et beau gosse se lança dans l'opération: j'avance la jambe, je charge la suerte, et je varie mon jeu.

Son entame à la cape fut une merveille de temple de largeur, de lenteur et d'entrega...et sa faena un modèle d'intelligence. Il sut se mettre lui, et son toro au diapason en valeur, et celle-ci devrait trouver très vite son poids en euros...Antonio Ferrera qui protège ce jeune talentueux, exhultait dans le callejon.

La faena fut lente, templée, la muleta à dix centimètres jamais touchée, les talons au sol, l'homme ne cède rien, il avance sans cesse et baisse la main..

Sa mise à mort est simple, le bout des pieds jamais vers l'extérieur, mais face aux cornes (autrement dit, il plonge sur celle de droite) un volapié d'école, un coup de poing violent et précis (un tantinet à l'arrière de la cruz mais rien, une futilité) mort rapide du Pedraza de Yeltes.

Trois mouchoirs tombent instentanément du palco, avec accord général, deux blancs, un bleu...Chez Pedraza on bombe le torse, le public est radieux..

Mon classement

1 Pedraza de Yeltes

2 Palha

3 Miura

4 Murteira Graves

5 Guardiola Fantoni

6 Pilar Poblacion

 

Nous nous sommes régalés, bravo encore à “la Muleta“ et à l'année prochaine

 

CHF