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WEEKEND MONTOIS 2, LE COUTEAU SUISSE.

Bon, prenez un bon fauteuil, Asseyez-vous correctement, un petit coussin confortable, prenez une boisson, mettez-vous a votre aise et écoutez l’histoire d’Antonio le ‘’couteau Suisse’’ du Moun.

C’est bizarre la vie, que peut-il se passer dans les neurones d’un type, a peu près normalement constitué pour qu’il accepte de se laisser enfermer avec six adversaires différents, dont la réputation fait cauchemarder même des toreros qui jamais ne se mettront devant…c’est dire ?

Antonio, c’est un type qui a vadrouillé sur tous les sables de la planète, ici, là-bas, de l’autre côté de nos montagnes, aux Amériques, partout je vous dis.

Il a croisé sur sa route, le pire de ce que la planète taurine puisse avoir inventé comme cornus, des gros, des grands, des longs, des hauts, des durs, des très durs, des super extra durs et tout ce qui existe encore, comme terminologie pour dire ce que peuvent être des toros dits durs…Antonio, c’était zebulon, un pois sauteur, le champion des écarteurs, razeteurs, du passage du cap Horn qu’est la corne du toro…en pleine tempête, dans les typhons, au milieu des tornades, on se demande comment il n’a pas une barbe de capitaine au long court..

Sa vision de la vie est bizarre, il a une amie, une voiture une amie six ou huit, que je ne me souviens plus le chiffre, il arrive avec aux arènes, ça fait le buzz…une nuit on apprend qu’il aurait sauté d’un pont, comme ça, sous le manteau ça rigole, ça ‘’piapete’’, on parle de nuits débauchées, on parle de came, on en dit des choses.

Lui, Antonio, il est à part dans ce monde, entre marketing, toreria, aguante et courage. Entouré de mauvaises gens pendant un long moment de sa carrière il s'ecroule Antonio, fait des mauvais choix, se perd, perd son public, ses soutiens, il coule à pic, pour de bon…mes amis Italiens le disent toujours, c’est quand tu touche vraiment le fond que tu peux rebondir en poussant fort sur les jambes.

Il a pousse Antonio, il a levé le sept à Madrid, en 2019, contre six toros de ganaderias différentes.

Il est revenu du fond des limbes ou s’abiment tant de toreros, et le voila au Moun avec les Martin, pas les Victorino hein, mais bien les Adolfo dont personne ne sait vraiment ce qu’ils valent, comment ils se comportent seront-ils faibles, seront-ils combatifs ? fuyards, encastés, décastés ? En fait, ça sera tout ça à la fois.

Soyons clairs avant de continuer, n’importe quel autre torero en face et l’après-midi aurait définitivement sombré dans une torpeur tristounette. Mais voila Antonio, c’est un couteau suisse, il sait tout faire, il va tout faire, il fait tout. Il joue avec le public, qui le lui rend bien, il est partout, vous savez, comme la série Martine a plage, Martine en Vacances, Martine en cuisine…là, c’est Tonio au toro, il torée façon cornet, réduit la voile, enfourne le vent qui mène les cornes, c’est un pro Antonio, il ‘’sent’’ le toro, il fait fi de la lidia, tu ne veux pas aller par-là ? toro de mon cœur, toi le cavalier de pique, mets toi a cette distance, et plutôt là qu’ici, tiens je te le mets là, tiens toi a carreaux, je me tire, bien lui laisser te voir, et je t’observe aussi…ca rugit dans les gradins, l’Adolfo trottine, trotte, trotte ma jument vole tu as des ailes, le cavalier absorbe le choc, Antonio arrive la cape sur l’épaule, il marche en roulant des épaules on est aux halles, les marlous déboulent pour en découdre, je t’en fous moi, ca déroule tranquille, les vingt cinq coups de cornes lui ont appris ça. Il Gère, c’est doux, une muleta suave, des choses étranges, les passes, sont liées, ou pas, il se couche sur la tête des Adolfo, il leur murmure des trucs, leur susurre des choses qui ne peuvent que se murmurer là, à cet instant.

Soudain je vous le dis, il sent que la mayonnaise a pris, le plat n’est plus qu’une question de dosage, Antonio fait du classique, Antonio ne fait pas du baroque, il fait du rock…ACDC sur courant alternatif, le voici qui se met a vingt cinq pas, un duel, mais a l’épée le toro, lui, marchent l’un vers l’autre, calmement, avec lenteur, cornes prêtes, d’un côté, de l’autre l’épée à bout de bras...on emmerde la terre entière, nous sommes les témoins d’une ode, une épopée, pan dans le 900 (le mille est raté) on s’en fiche…voilà Antonio déjà reparti, il bondit dans les gradins, il virevolte, il est déjà la haut…va embrasser les personnes à mobilité réduite, comme on dit de nos jours, ou on a tant peur des mots…on s’attend a ce que l’un d’entre eux se lève et marche…non, le miracle est ailleurs, sur les lèvres, dans les yeux, au fond des cœurs…c’est une arène qui pousse, qui torée…tous ensemble, tous ensemble tous,, Antonio est déjà reparti, il ne regarde pas les mains qu’on lui tend, il saute, des gradins aux tablas, des tablas au sable, déjà en bas  les banderillero se démènent, ca fait le show, et ca s’accélère, quoi, c’est déjà la fin ? Attendez, vous allez voir ce que vous allez voir, Antonio a la cape, Antonio enfourche Rossinante, à l’assaut des moulins avant, des moulins arrière, Antonio met la jambière, il pique par deux fois, ‘’Al morillo ‘’ pour répondre au public aficionado, Antonio saute de cheval, je le jure, il court le cent mètres en ces temps olympiques, il reprend la corne, pègue des passes de mousses tendres, Antonio prend les Palos, quoi ? président quatre ? Non, avec mes deux acolytes on va vous poser les six, fissa, recta…allez faena pour le public, pour le monde pour l’histoire du Moun et de l’aficion…au soleil, ça explose, dans l’ombre ça murmure, olé, re épée a l’encuentro…

Dans les gradins, l’aforo (vous savez la jauge, mais ça fait mieux de dire l’aforo) est faite en majorité d’aficionados, et des abonnés du Plumaçon, on s’embrasse, on s’échange les numéros, on se rassoit, les musiques jouent, nous on ne veut plus partir, dis il va revenir Antonio ?...

On quitte les arènes, les gens sont heureux, qui peut expliquer ça ?

CHF