8 mars 2005
Communiqué de l'Association Française des Vétérinaires Taurins

Suite à la décison de l'U.V.T.F. permettant une contre-expertise des cornes des taureaux de Palha et de J.P. Domecq, l'A.F.V.T. a publié hier au soir le communiqué reproduit ci-après. Nous recommandons aux aficionados de lire avec soin ce texte dense mais très éclairant. En des termes mesurés, dans le souci évident de ne pas envenimer une polémique détestable et nuisible, l'A.F.V.T. témoigne de sa tranquille sérénité en prenant soin de remettre les évènements en perspective et en plaçant chacune des parties prenantes devant ses responsabilités. Nous tenons à préciser que nous avons souligné, en les mettant ci-dessous en gras, des passages qui nous paraissent particulièrement importants alors que ce procédé typographique n'apparait pas dans le texte original. Nous vous signalons, par exemple, que vous trouverez, ci-après, une description de la procédure de prélèvement des cornes analysées, procédure imposée à l'UVTF par l'UCTL. Beaucoup connaissaient cette procédure de prélèvement par ouï-dire mais, jusqu'ici, l'UVTF n'avait pas souhaité qu'elle soit rendue publique. C'est son actuel Président et Maire de Béziers, Raymond Couderc, qui, pour la première fois, a laissé publier dans le Journal "Le Midi Libre" du 21 février dernier (chronique locale de Béziers), dans quelles conditions s'effectuaient les prélèvements. Cette procédure est exposée, ci-dessous, de manière très explicite. Elle mérite d'être bien connue de tous les aficionados. On peut constater que l'UCTL a su s'entourer d'un luxe de précautions.

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"L'Association Française des Vétérinaires Taurins (AFVT) a pris acte de la décision de l'U.V.T.F de soumettre à une contre-expertise les cornes des taureaux qu'elle avait déclarées, à l'issue de sa propre expertise, présenter une perte de substance mesurée par biométrie ainsi qu'une mesure des surfaces cornées défavorable, et ce sur chacune des 4 cornes de 2 taureaux de la même corrida. L'A.F.V.T. tient à rappeler qu'elle est prestataire de service de l'U.V.T.F pour les expertises de cornes depuis 10 ans pour les corridas célébrées dans les arènes de première catégorie française (ainsi par ailleurs que de toute autre organisation qui lui en ferait la demande -comme l'ADAC pour toutes ses courses piquées). Dans le cadre de la mission confiée par l'U.V.T.F, seule la procédure de prélèvement a évolué au cours du temps, s'agissant depuis 3 ans (à la demande de l'U.C.T.L.) d'un tirage au sort avant chaque corrida de deux taureaux sur un minimum de quatre, deux ayant pu être au préalable déclarés " arréglés " et exclus à ce titre du tirage au sort par le ganadero ou son représentant. Ces derniers sont depuis toujours informés avant la course et systématiquement invités à assister au prélèvement des cornes après l'arrastre. Le mode de prélèvement et la technique d'expertise de base n'ont en revanche pas changé depuis 1995, ils sont donc connus de toutes les parties prenantes. Les cornes sont analysées par biométrie, technique identique à celle utilisée par les vétérinaires de l'Administration espagnole, effectuée après un examen macroscopique détaillé. Depuis 2001, les cornes à la biométrie non conforme sont ensuite soumises à une analyse complémentaire à l'aide de la méthode dite "des surfaces ", mise au point par le Professeur SAUTET (Ecole Vétérinaire de Toulouse) et le Docteur DHENIN et à laquelle ce dernier a consacré sa thèse de Doctorat vétérinaire, thèse qui a fait l'objet d'une communication au VIème Symposium National du Toro de Lidia à Zafra en octobre 2003. Les résultats combinés de ces deux techniques d'expertise ont par le passé amené l'U.V.T.Fà sanctionner des élevages " toreristes " (José Luis Marca, Torrestrella, Victoriano del Río, Santiago Domecq) ou " toristes " (Adolfo Martín, Cebada Gago), et ce malgré l'avis du vétérinaire de l'U.C.T.L. Julio Fernandez Sanz, toujours invité et présent lors de nos travaux d'expertise, qui n'a jamais reconnu dans ses rapports la modification artificielle d'aucune des quelques 800 cornes examinées en 10 ans par nos soins. Ces interdictions passées n'avaient pas pour autant entraîné la polémique outrancière actuelle qui vient d'amener l'U.V.T.Fà surseoir aux recommandations qu'elle avait formulées lors de son Assemblée Générale à Saint Gilles. Nous pensons que cette décision a été prise dans le seul but de permettre aux ganaderos de se défendre, ce qui est légitime, qu'elle ne signifie en rien une remise en cause des compétences de l'A.F.V.T, qu'elle n'est en aucun cas liée à la personnalité ni aux déclarations des ganaderos sanctionnés cette année et qu'elle a peut être été influencée par la situation sanitaire particulière due à la fièvre catarrhale ovine (" langue bleue "). Nous précisons cependant que nous ne reconnaîtrons la contre-expertise que si celle-ci est réalisée par les vétérinaires habituellement habilités par le Ministère de l'Intérieur espagnol, et qui étaient à notre connaissance jusqu'à récemment Maria-Angeles MOYA GEROMINI et Lazaro LOPEZ JURADO, spécialistes de ce travail au Conseil Général du Collège des Vétérinaires d'Espagne (Madrid)."