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Dimanche 25 juillet, corridas des « FÊTES D’ORTHEZ 2010 »

( Deux regards sur la corrida de Dolores Aguirre... )

Corrida de novillos matinale

5 novillos de « Saltillo », nouvel élevage avec souche et fer anciens, de Enrique Moreno, bien présentés et de trapío, tous cárdenos, décevants les quatre premiers par faiblesse et manque de caste, finissant avisés à la muleta, intéressant le 5ème, bien fait, avec du trapío et des cornes, qui prit 3 piques, la dernière citée de loin.

Javier Herrero, qui eut le mérite d’essayer, ne put rie faire devant les 1 et 3, mais servit une belle série droitière au cinquième qu’il toréa à la demande du jury. Le novillo donnait des hachazos, Javier le tua d’une estocade entière haute. La présidence n’accorda pas l’oreille demandée par une pétition non majoritaire.

Juán Carlos Rey fut débordé toute la matinée, tuant de piètre manière le 2, écoutant les trois avis au 4 qui rentra aux corrales. La condition actuelle du torero de Colmenar Viejo était surprenante, lui qui était un espoir de la novillería il y a encore deux ans.

A noter que quelques cornes se sont astillées ou abimées après choc aux burladeros.

Corrida de toros vespérale

Julien Miletto, Ivan Fandiño et Alberto Lamelas (une oreille du 6).

Les toros de Dolores Aguirre, très bien cornés pour la plupart, aux pelages variés (castaños chorreados, castaño, negro) portaient des noms de grandes familles – reatas - de l’élevage : Cigarrero, Clavisero, Carafea, Langosto. Ils arboraient tous une devise noire suite au décès récent du mari de la Ganadera.

Le 1, encasté, prend deux piques et un picotazo. Julien Miletto lui sert deux belles séries de derechazos au centre, le toro ne passant pas à gauche. Il achève par deux pinchazos et un bajonazo.

Le 4 a du trapío, et présente du sentido au début du combat. Quatre rencontres avec la pièce montée, dont un batacazo à la 2ème et deux sorties seul. Au troisième tiers, Julien MIletto trouve rapidement la distance de ce toro et le domine avec aisance. Deux épées logées dans le cou terminent l’affaire.

Ivan Fandiño se fait désarmer par le 2, un peu mansote, et recule sauf sur la demi-véronique de fin. L’Aguirre prend deux piques en sonnant les étriers. Le début de faena est bas en gagnant le centre, la faena se résumant aux 15 passes du toro, toutes droitières. Deux pinchazos, un descabello et un avis.

Le 5 est castaño et légèrement bizco. Ivan valorise, au capote, son caractère noble des deux côtés. Le toro reçoit trois piques en poussant, la première le cheval jusqu’aux barrières, la deuxième en faisant tourner la monture comme une girouette, la dernière mis en suerte de loin. Ivan Fandiño effectue un tanteo du meilleur goût, mais est vite débordé par les coups de tête de l’animal, qui attrape la muleta à plusieurs reprises. La faena se termine par un pinchazo et une estocade entière dans le rincón.

Le 3 est une estampe de toro de Dolores Aguirre. Le plus encasté du lot, il reçoit trois piques et une quatrième au regaton, les premières en poussant, les deux dernières mises en suerte de loin. Alberto Lamelas effectue un tercio de banderilles très engagé, por dentro, por fuera et l’incontournable violon. Au troisième tiers, il compense son manque de pratique, son peu de sitio, par quelques touches tremendistas. Un bajonazo, et une vuelta posthume méritée au toro.

Au 6, beau castaño, un peu mansote, il commence par deux largas de rodillas. Le tercio de piques se résume à une première carioquée pour pouvoir retenir l’animal, les deux autres étant symboliques. Alberto offre à nouveau un tercio de banderilles volontaire. Il commence à nouveau par une série à genoux, puis enchaîne deux séries de la droite, la deuxième étant de profil et électrique. La corrida s’achève par un bajonazo entier qui n’empêche pas l’attribution de l’oreille du public (mais le moment n’a pas dû être facile pour le Président…).

Vuelta du mayoral demandée par le public, et méritée, pour ce remarquable lot de toros de Dolores Aguirre, lot qui a eu le mérite de présenter toutes les facettes de cet important élevage.

A noter un bémol au succès de cette journée, la « nouvelle » cuadra de caballos de « El Pimpi » avait amené, matin et soir, des chevaux lourds et peu mobiles et que toutes les piques étaient montées à l’envers. (*)

En deux ans, Orthez est devenue une plaza torista de renom. Merci à la Commission Taurine et à l’an prochain !

***

Autre regard sur :

Orthez dimanche 25 juillet 2010, corrida de Dolorès Aguirre

J. Milleto, Yvan Fandino, Alberto Lamelas

Tous les toros ont quasiment 5 ans (l’un est né en 2004 !), les robes sont variées du negro au colorada ; pas de poids superflu, les cornes régulières et « astifinas ».

Ils supportèrent 18 piques avec souvent bravoure et détermination (excepté le 4ème manso mais avec caste).

La présidence était assurée par Bernard Dussarat. Il s’acquitta de sa tâche avec une grande maîtrise dans toutes ses décisions notamment lorsqu’il refusa une oreille au 3ème alors que de nombreux spectateurs la réclamaient. Ce même toro obtint une vuelta méritée et fêtée.

Il n’y avait plus que quelques places libres sur les gradins, le temps gris et incertain favorisait les personnes censées être au soleil. De nombreux Espagnols connaisseurs et bruyants étaient présents.

Milleto, matador français, a peu de contacts, mais il est toujours prêt à prouver son courage et ses qualités. Ses deux adversaires lui ont permis de montrer et l’un et les autres.

Le 1er magnifique s’élança quatre fois au cheval, ce qui constitue un exploit, surtout si l’on considère le poids excessif du groupe équestre. Lors de la faena, il dessina des derechazos assez profonds, mais ce fut plus difficile à gauche. Les épées répétées n’ont pas permis l’obtention d’un trophée.

Le 4ème Dolorès était le seul manso du lot ; mais il allait malgré tout avec entrain vers la pique dont il sortait assez rapidement. Ainsi, cinq rencontres de ce type ont eu lieu, ce qui paraît le châtiment habituel dans ces cas.

Le « manso con casta » expression consacrée, semble parfaitement convenir à cet animal. La faena des deux côtés a montré sa noblesse linéaire dont profita grandement le matador chef de lidia. L’épée un peu tombée permit toutefois une vuelta fêtée comme il se doit.

Yvan Fandino était semble-t-il l’objet de toutes les sympathies, singulièrement en provenance de la colonie espagnole qui ne se contente pas aujourd’hui de réussir dans le domaine sportif.

Le 2ème Dolorès était, comme ses frères, très bien proportionné, c’est un toro que l’on doit considérer avec respect et courage, ce que fit le plus souvent Yvan, mais il échoua à l’épée.

Les difficultés survinrent au 5ème, notamment lors d’une faute du maestro qui subit une « voltereta » spectaculaire mais heureusement sans conséquences physiques.

A partir de cet instant, le fauve prit le dessus et l’épée ne permit que de mettre en valeur le « pundonor » de l’Aragonais. Notons les quatre piques magnifiques.

Alberto Lamelas, novillero naguère « tremendiste » s’est assagi, sans perdre de son enthousiasme. Son premier fut un modèle : brave et noble, il prit quatre piques et la dernière de très loin « al regatón ». Il mit à profit les qualités de son adversaire, mais une épée tombée le priva de l’oreille, fort justement.

Le 6ème était, comme ses frères, fort bien présenté. Alberto profita des qualités de son opposant, notamment grâce à des derechazos bien dessinés. Auparavant, comme à son premier, il avait posé les banderilles dans les règles de l’art. L’épée un peu tombée ne le priva pas d’une oreille méritée, eu égard à l’ensemble de son œuvre.

Les magnifiques arènes du PESQUE, repeintes et fleuries, nous ont permis d’assister à une vraie course de toros. Certes la musique parut parfois assez aléatoire, le sable était abondant et les chevaux trop lourds. Mais que de plaisirs en cet après-midi d’émotion authentique ! Le public fit preuve dans l’ensemble d’une afición que l’on rencontre peu.

Les remparts de la ville puissent-t-ils protéger aussi contre les dérives de la tauromachie ! ________________________________

(*) N.D.L.R. À propos des piques, nous avons reçu le mail que nous reproduisons ci-dessous comme le souhaite son auteur. Nous le remercions de nous avoir fourni ces informations, car la question du montage des piques est plus complexe que l'on pourrait croire. Voir par exemple ici l'incidence " des douilles tordues" . Problème qui, s'il devenait récurrent, demanderait une sérieuse analyse. Nous ne pouvons que faire confiance à l'expertise de Bernard Desvignes.

Objet

orthez

De

Mario Add contact

À

webmaster@torofstf.com Add contact

Date

Mar 3 juillet - 21:11

Bonjour,

Je viens de lire à propos de la journée d'Orthez que "toutes les piques étaient montées à l'envers."

Pour le matin : j'ai assisté à l'ouverture de la caisse de puyas et à leur montage. Nous avons repéré deux puyas montées à l'envers et l'avons fait remarquer aux picadors. Le " Pimpi" nous a montré que deux douilles de ces fers étaient tordues et que quelles que soient leur position sur le palo, elles se présenteraient avec une arrête vers le haut. Problème inconnu pour nous je l'admets. Ils ont donc monté ces 2 puyas comme ils ont voulu et ont piqué sans abuser de la situation.   J'ai dans l'aprés midi évoqué ce problème à trois "délégués" aux piques faisant ou ayant fait fonction à Bayonne, Dax, Mont de Marsan; aucun n'avait été confronté à ce type de problème.

Pour l'aprés midi : Bernard Desvignes a assisté au montage des piques . Il m'a affirmé qu'elles étaient montées correctement. Aucun Toro n'a été piqué avec une arrête vers le haut.

Je pense aussi que le tercio de varas a été soigné matin et soir mais j'admets que les chevaux du "Pimpi" sont hauts et lourds avec un peto à l'ancienne . Ces inconvénients ont d'ailleurs peut être pour avantage que les piqueros se sentent davantage en sécurité et s'appliquent avec une certaine sérénité.

Merci de communiquer cette information.

Mario TISNE ( co président du jury des piques avec Bernard DESVIGNES )

 

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