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Vendredi 6 août, corrida doncours à Vic-Fézensac

Deux points de vue

 

Premier point de vue

Corrida Concours d’élevages français

Vic, Vendredi 6 août 2010 à 19h

Elevages : YONNET - TARDIEU - ASTARAC - (ce dernier a remplacé le Jalabert qui s’était cassé une corne) - autre Astarac (prévu) - MARGE - Philippe PAGES et Pascal MAILHAN.

Matadors : Marc SERRANO - Julien LESCARRET - Julien MILIETTO .

Bilan : Marc SERRANO  applaudissements - vuelta

Julien LESCARRET salut au tiers - 2 oreilles

Julien MILIETTO silence - 2 oreilles

Retard au paseo en raison d’un encombrement au guichet, environ 4 000 personnes.

Cette course est allée « à mas » pour se terminer en apothéose.

Vic et son club taurin sont têtus. Ils ont été récompensés. Autant la corrida concours de Pentecôte a déçu, autant celle-ci fut mémorable. D’ailleurs Hubert Yonnet a offert une coupe au club taurin pour la mise en valeur des élevages français.

Le 1er toro, un YONNET de plus de 5 ans, était très bien armé. A la pique il fut mal placé par SERRANO, beaucoup trop près. Il supporte néanmoins trois puyazos. Dédié à J.P. BAYLAC, l’animal est hésitant, il passe bien à droite ; demi- épée et descabello suscitent des applaudissements.

Le 2ème toro appartient à l’élevage des frères TARDIEU. Il s’agit de « Mousquetaire » né en mars 2005, negro. Bien présenté - « astifino ».

A la première pique, il sort seul, la 2ème est mal placée, la 3ème est conforme à la 1ere, la 4ème est partie de loin mais est « carioquée ». Une 5ème est redondante. « Canada » sauve la pâle exhibition de « Morenito » aux banderilles. Julien refuse la musique. Après de bonnes séries à droite et deux séries à gauche, une entrée tombée suscite un salut au tiers.

Le 3ème toro. Hors concours. « Cartelet », negro mulato, né en avril 2006.

Dès l’abord il semble manso. Milietto se fait enlever la cape.

La première pique est poussée, la 2ème correcte grâce au bon travail du piquero. Après des déréchazos hésitants, Julien se fait désarmer. Une entière et deux descabelos permettent quelques applaudissements.

4ème toro. ASTARAC. « Bandolato », negro mulato, né en avril 2006. Beau morillo.

Serrano utilise bien sa cape des deux côtés. Le toro suit bien, mais la mise en place à la pique a été très mauvaise. En revanche la 2ème fut correcte et la 3ème rencontre très légère.

Banderilles correctes, le taureau ne perd pas de vue ses protagonistes. Après une bonne série à droite et un essai à gauche, la musique est réclamée par la présidence. L’ensemble homogène, un récibir et un descabello ont eu raison de l’animal. Serrano effectua une vuelta malgré quelques protestations.

5ème toro. MARGE. « D’Artagnan », colorado, né en avril 2006. Bien dans le type.

Lescaret exécuta de bonnes véroniques. La bonne mise en suerte permit un très bon tercio : 3 piques. Les banderilles correctement posées ont précédé une faena dédiée au public. Julien cite au centre. De bons déréchazos, accompagnés par la musique, sont enchaînés par des naturelles bien exécutées. Une demi- épée fut récompensée par deux oreilles et une vuelta au toro.

6ème du concours. PAGES-MAILHAN. Negro bragado. Magnifique.

Milietto l’entreprend par le bas à la cape. Quatre piques ont conclu une séquence remarquable. Après des banderilles rapides, nous savions que le toro était très bon (bouche fermée). La série à droite entraîna la musique. Plus hésitant à gauche, le torero reprit à droite. Une épée entière et un descabello foudroyant permirent l’octroi de deux oreilles et d’une vuelta au toro.

Les deux primés (Margé et Malhan) ont défilé. Bonijol a salué. Même ses chevaux auraient mérité de le faire !

***

Autre point de vue

Le Yonnet sorti en premier était un negro buracco aux cornes superbes, très applaudi à son apparition en piste. Malheureusement; Marc Serrano et sa cuadrilla furent mauvais dans la lidia. L'animal leur échappa pour courir seul vers sa première pique, prenant le picador au dépourvu, Le résultat fut une pique placée beaucoup trop en arrière et appuyée car l’assaillant était brave et s'employait. Il en ressortit claudicant et chutant, lésion nerveuse vraisemblable. Il fit preuve encore de bravoure à la seconde. Malgré son handicap et contre toute logique, la présidence exigea une troisième rencontre. Au troisième tiers, ayant un peu récupéré, il montra sa caste et sa noblesse, Mais, pour moi, gâché à la pique, il reste inédit.

Le Tardieu présente des cornes longues et fines, dignes de Madrid. Manso, il esquissa cinq rencontres fort brèves. Julien Lescarret l’expédia d'un bajonazo foudroyant.

L'Astarac, remplaçant le Jalabert prévu à l'origine, et donc hors concours, portait de vilaines cornes courtes, et une cicatrice sur son flanc gauche. Il s'est dépensé à coups de tète sur la première pique et en a supporté une seconde. Ce taureau ne manquait pas de caractère. Miletto conclue par une entière un peu delantera suivi de deux descabellos.

Un autre Astarac, compétiteur cette fois-ci, est reçu par d'assez bonnes lances de Marc Serrano qui finit par se faire dangereusement coincer contre la barrière. Le bicho est encore très mal présenté au cheval. Il reçoit sans gloire trois piques médiocres. Au troisième tiers, il est facile, de charge longue et de noblesse fade. Marc en profite pour tirer de long derechazos, toréer en rond et parapher par circulaire inversée. Conclusion par vilain bajonazo, Malgré un péon qui, à grands gestes, harangue le public pour demander l'oreille, elle est justement refusée. Le diestro s'octroie toutefois une vuelta dans une relative indifférence.

Le Margé est un superbe colorado au large berceau. Julien Lescarret dessine de jolies véroniques en paron et met en suerte par chicuelinas marchées. Première pique convenable mais l'animal ne s'emploie pas beaucoup et sort seul. Il part avec alegria pour la seconde mais ne pousse pas et sort seul. Même comportement lors de la troisième. Il est important de considérer, quant à la suite, que ce taureau douillet a fait preuve de mansedumbre au premier tiers. Il est très facile à banderiller. Humiliant bien, très mobile, à charge longue, il est encore plus facile au troisième tiers. Lescarret sait en profiter, donne la distance et chauffe les gradins. Son estocade n'est pas un chef d’œuvre mais la demi-épée est efficace. Deux oreilles, une de trop et, contre toute attente, vuelta al toro. Lescarret fera la vuelta accompagné du jeune ganadero, Olivier Margé.

Le Pages-Mailhan est un superbe negro bragado particulièrement applaudi à son apparition en piste. D'une folle vivacité, il arrache violemment au passage et sans se retourner la cape de Julien Miletto. Le tercio de piques va constituer le summum de la tarde : à ma droite le frémissant et écumant Pages-Mailhan, à ma gauche le tonitruant « El Pimpi » monté sur l'impécable cheval-torero Tabarly. Quatre assauts terribles, quatre piques pour l'éternité. Et chaque fois, le cite du Pimpi et de Tabarly, de face, constitue un numéro de haute école ! Et chaque fois le brave part de loin et pousse avec force !. Ett chaque fois Tabarly plie mais ne rompt pas ! Le public est debout ! Les banderilles sont rapides. Julien Miletto démarre très bien par de bons derechazos. Le taureau est noble, infatiguable, mais demande a être conduit et dominé. C'est ce que Julien ne parvient pas à faire. Incapable de trouver le bon sitio, il apprend au Pages-Mailhan à raccourcir sa charge et se le tire dessus. La faena va a menos. Mais l'estocade, dans tout le haut et jusqu'aux doigts, est splendide et enflamme les gradins. Deux oreilles, encore une de trop ! Vuelta au taureau, archi-méritée ! Pagès et Mailhan sassocient à la vuelta du matador.

Le prix a été partagé, à la mode vicoise, entre le Margé et le Pages-Mailhan. Mais, pour moi, un seul vainqueur s'imposait. Il y avait un toro de toujours et un toro « moderne ».

Chaleureux final : un prix est décerné à El Pimpi, Françoine Yonnet remet une particulière distinction des éleveurs français à Jean-Jacques Baylac, Alain Bonijol est ovationné, El Pimpi et Alain Bonijol s'étreignent, Julien Lescarret et Julien Miletto sortent a hombros.

Cette passionnante tarde a montré avec éclat que la tauromachie française, de l'éleveur à l'empresa et aux professionnels, était désormais tout à fait mure.

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