Article paru hier matin dans "La Provence" reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur :

 

La rentrée des classes, pour cette Feria 2016 était prometteuse. Tous les élèves étaient pointés présents sur les gradins des arènes du Temperas en ce samedi après-midi à l’heure « terrible » de 5 heures du soir, comme l’a écrit  Federico Garcia Lorca.  Et à y regarder de plus près, on sentait bien, dans ce petit vent venu de la mer, que les étudiants-aficionados étaient impatients de découvrir dans le grand livre des élevages français beaucoup de satisfactions.

Alors pourquoi pas commencer par une vibrante « Marseillaise » pour unir les peuples  qui, en ce moment, cherchent pas mal de repères.  Puis le paseo se déroule avec Uceda Leal qui porte un costume noir et ors ; Manuel Escribano en bleu ciel comme ses yeux et Thomas Dufau aux couleurs de son Sud-Ouest natal : bordeaux.

Sort un Hubert Yonnet  portant le numéro 7 alors que l’on attendait le no 26. Va savoir ! Il ne s’emploiera pas beaucoup face au picador même en trois rencontres. Uceda qui a manqué se faire blesser après une glissade, ne retrouve plus ses marques après l’incident et n’insiste pas. Silence dans les rangs.

Au quatrième, « Trembleño » qui arrive de son Gers natal avec la ganaderia Astarac, ne lui plaît pas du tout. Mais alors pas du tout. Après 2 piques et 3 passes de châtiment, il liquide et au revoir. Le toro est sifflé, le silence s’installe sur les étagères.

Manuel Escribano sera le torero le plus en vue pour cette course. Tout d’abord avec un toro de Dos Hermanas annoncé natif  de décembre 2012 qui, si l’on n’a pas manqué le cours de mathématique,  est l’âge d’un novillo. Il porte de nom de « Academico » mais il n’a pas dépassé le certificat d’études. Le Sévillan banderille donne de bonnes séries tant sur la droite que sur la gauche mais l’estocade est bien mal placée et le descabello fait sauter les lauriers au lauréat après avoir entendu 1 avis.

Au cinquième, un Margé plus violent que brave qui  n’hésite pas à aller casser la gueule au cheval et son cavalier, le torero aura le mérite de rester face à un « Cabrian » sur la défensive qu’il ne fallait pas perdre de vue. Un avis et à nouveau salut applaudi.

Thomas Dufau attaque le Jalabert par larga et se débrouille très bien cape en mains. « Respecto » reçoit trois piques de Nicolas Bartoli applaudies. Et puis la faena qui aurait pu être une démonstration d’école s’enlise dans des cambiadas où le toro passe derrière le torero puis devant et par les sempiternelles bilbainas où le torero appelle le toro dos tourné pour le faire des ronds. Estocade et descabellos enlèvent la récompense. Il n’y aura pas de miracle avec le Cuillé nommé « Doblon » qui ne relèvera pas l’ensemble.

Au final le trophée mis en compétition pour l’éleveur ayant fourni le toro le plus complet ne sera décerné.

 

Paul BOSC