Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’UVTF
les 13 et 14 février 2016 à Éauze

                                                           par Jean-Jacques Dhomps en collaboration
                                                           avec André Roques et Jean-François Coste

 

Nous étions André Roques, Jean-François Coste et Jean-Jacques Dhomps, les samedi et dimanche 13 et 14 février 2016 à Éauze, mandatés  par notre  Président, Dominique Valmary, pour y représenter notre Fédération.

Notre mission était d’y faire valoir 

  • La dynamique du Corps des Présidents et Assesseurs de Corridas que notre Fédération, conduit et développe depuis trois ans.
  • Notre bilan de la temporada 2015.
  • Nos demandes de correction immédiate de certains articles du Règlement Taurin Municipal Français[1] (articles : 70-4, 71-7, 73-2) défigurés par d’incompréhensibles et récentes modifications.
  • Nos demandes de révision des articles 57, 64 et 70 de ce règlement qui confient au président technique des missions de contrôle qu’il ne lui est pas possible d’accomplir faute de disposer du temps suffisant et/ou des compétences nécessaires.
  • Notre attachement au  “Plan de défense, promotion et transmission des Cultures Taurines” résultant d’une convention liant l’UVTF et l’ONCT et financé par les ganaderos, les toreros, et les spectateurs.

 

Le samedi après-midi

Toutes les réunions du samedi se sont tenues dans les locaux de la mairie.

Le Conseil d’Administration de l’UVTF qui a siégé à huis clos durant toute la journée s’est ménagé une suspension de séance de 16 h 30 à 18 h 30 pour entendre les représentants des entités qu’il qualifie de “partenaires” et qui sont : les ganaderos français et espagnols, les toreros aussi bien français qu’espagnols, les chirurgiens taurins français, les vétérinaires français, les aficionados français représentés par l’UCTPR et notre Fédération.

Nous avons été heureux d’être présents tous les partenaires à la fois dans la salle d’honneur de la mairie et non confinés interminablement dans des salles d’attente. Ça va dans le sens d’une franche transparence et d’une meilleure compréhension partagée de nos problèmes particuliers qui rejoignent bien souvent des préoccupations communes. Compréhension qui renforce une cohésion plus que jamais nécessaires de toutes nos entités taurines.
Nous souhaitons qu’à l’avenir les consultations des “partenaires” continuent  à se dérouler ainsi, au vu et au su de chacun d’eux.

Le Président Gaido a invité la délégation de la FSTF à se faire entendre d’emblée :

André Roques s’est illustré en rappelant l’existence du Corps des Présidents et Assesseurs de Corridas (CPAC), notre souci d’en développer les compétences au fil de sessions régionales et symposium annuels. Il a souligné l’intérêt qu’avaient les Maires des Villes Taurines à choisir parmi  eux. Son intervention a été, semble-t-il,  très bien perçue.

Jean-François Coste a présenté les très grandes lignes de notre bilan de la temporada 2015 devant un auditoire particulièrement attentif.

Nous avons fait admettre qu’il fallait absolument réparer les altérations qui depuis quelques temps défigurent le Règlement Taurin Municipal Français et qu'il fallait encore en améliorer de nombreux articles. Il a été admis que la FSTF avait joué le premier rôle lors de l’édification de ce règlement et que son expertise restait précieuse. 

Enfin, nous avons indiqué qu’en qualité de représentants des aficionados, nous souhaitions voir le " Plan de développement, de transmission et de défense des cultures taurines " appliqué et financé comme prévu et qu’en qualité de représentants des spectateurs-contributeurs, nous souhaitions connaitre le montant des sommes recueillies, les budgets prévisionnels, le coût effectif des réalisations et les bilans annuels.

Marcel Garzelli, représentait Dominique Perron, Président de l’Union des Clubs Taurins Paul Ricard, encore immobilisé par les suites de l’accident subi à Bayonne. Marcel nous a donné lecture de son message : Dominique Perron souhaite, lui aussi, avec l’unanimité des clubs Ricard, la bonne collaboration de tous au service du "Plan de développement..."   et de son financement.

Le Dr Claude Giraud, président de l'Association Française de Chirurgie Taurine (A.F.C.T.), a tiré  un signal d’alarme en rappelant que si le problème de la prise en charge par les organisateurs des assurances en responsabilité civile professionnelle du personnel médical pratiquant dans les arènes n’était pas réglé, ce personnel cesserait d’y apporter son bénévolat et que certaines corridas seraient annulées par suite d’infirmeries vides.

Pierre-Marie Meynadier est intervenu au nom de la Unión de Criadores de Toros de Lidia (UCTL) (les éleveurs français n’étaient pas représentés) pour confirmer que tous les éleveurs espagnols étaient complètement d’accord pour faire don du un pour cent du prix de vente de leur bétail dans les arènes françaises au profit du plan triennal.
Il a ajouté que la nouvelle Fundación del Toro de Lidia, réunissant ganaderos, toreros et organisateurs, entendait financer un plan de sauvegarde en Espagne.

Le picador Pedro Iturralde – bien connu des arènes toristas et qui va, en 2016, piquer pour Paco Ureña – accompagné d’un banderillero qui lui servait d’interprète, a manifesté l’inquiétude des picadors espagnols devant l’extension de la pratique, dans des arènes françaises, de ne placer qu’un picador en piste. Ils craignent qu’à terme cela ne conduise à montrer qu’un seul picador par cuadrilla est suffisant et qu’ils perdent des emplois.

Enfin, le Dr Gérard Bourdeau, président de l'Association Françaises des Vétérinaires Taurins  (AFVT) a commenté les résultats des analyses des cornes pratiquées en 2015. Il les a déclarées satisfaisantes puisque qu’aucun lot n’a été constaté frauduleux sur les deux cornes de deux taureaux du même lot.

 

Le dimanche matin

L’assemblée générale s’est tenue de 9 h à midi dans le très beau Hall des Expositions. Dans l’entrée de la vaste salle se déployait la magnifique “Musée Itinérant des Tauromachies Universelles” réalisé par André Viard pour faire partie du volet “Transmission” du plan conçu par l'UVTF et l'ONCT.

La mise en ordre de bataille pour réaliser le plan triennal :

En début de séance, nous avons appris quelles dispositions avaient été prises la veille par le Conseil d’Administration pour développer ce plan et continuer à en réunir le financement.

Pour une meilleure adaptation aux nouvelles dimensions imposées par la mise en œuvre de ce vaste projet, impactant aussi bien sa trésorerie que sa  gestion, l‘UVTF s’est dotée d’un nouveau trésorier en la personne de Dominique Teixier, Adjoint au maire de Saint Martin de Crau, tandis qu’Arnaud Tauzin, maire de Saint-Sever, prenait en charge le secrétariat.

Pour conduire ce plan triennal en synergie avec l’Observatoire National des Cultures Taurines, un comité de pilotage réduit à quatre membres a été élu. Il est composé de : Michel Soroste, adjoint au maire de Bayonne, Jacques Penne, Président de la CTEM de Dax,  Alain Gaido de Saint-Gilles, Alain Dervieux, Adjoint au maire d’Arles. 

Michel Soroste préside ce petit comité et il est dorénavant le seul interlocuteur de l’Observatoire et de son président pour accompagner et financer, le développement du plan.

Alain Viard s'est déclaré satisfait de ces nouvelles dispositions et entend que la collaboration de l'Observatoire et de l’UVTF se poursuive dans un climat de pleine confiance.

Réjouissons-nous de ce consensus général pour poursuivre le plan dans toutes ses dimensions et continuer à en recueillir le financement comme prévu. À cet égard, il nous a été indiqué au cours de de cette AG qu’à l’exception de Nîmes (ville hors UVTF) et des villes qui ont leurs arènes en régie directe (Dax, Mont de Marsan, Bayonne, La Brède, Istres et Éauze), toutes les organisateurs des autres villes taurines ont collecté les financements ou vont commencer à le faire en 2016, l'engagement triennal de ces retardataires se poursuivant jusqu’à 2018 inclus. Pour les villes en régie directe, une étude est actuellement conduite pour déterminer comment elles percevront ces sommes et les affecteront au plan triennal sans déroger aux règles de la comptabilité publique. Elles auront, elles aussi, à poursuivre leur contributions en 2018.

Quelques chiffres :

Les bilans des trésoreries, d’une part celui de l’UVTF proprement dite, d’autre part celui qui concerne le financement du plan, ont été déclinés très rapidement. Nous en avons saisi au vol quelques chiffres qu’il nous paraît intéressant de faire connaître :

Le montant total des cotisations des Villes s’est élevé en 2015, tenu compte des augmentations décidées pour contribuer au plan, à 64 900 €.

Pour l’année 2015, année de rodage, le montant de ce que les organisateurs ont reversé à l’UVTF par le 1% sur les prestations et les 50 centimes par billet est de l’ordre de 138 000 euros. Il est espéré près du double pour 2016

Le musée itinérant a coûté 13 000 €.

Le film documentaire a coûté 57 000 €.

Les frais exposés au cours des diverses procédures judiciaires se sont élevés à 16 000 €.

Actuellement, si nous avons bien compris, l’UVTF dispose d’un solde suffisant, pour financer les périples du musée itinérant et compte sur les rentrées prévues en 2016 pour la suite.

Une duplication de ce musée est en voie de réalisation ce qui devrait faciliter ses expositions hors de notre midi taurin. Le film documentaire est appelé à connaître une large diffusion.

En conclusion, nous retenons que le souhait unanime du Conseil d’Administration de l’UVTF est que le plan soit développé comme prévu selon ses trois volets : défense, promotion et transmission.

Réponses apportées aux partenaires :

Il a été répondu au picador Pedro Iturralde, que le but de l’UVTF n’était pas de supprimer des emplois de picador et que, bien au contraire, son règlement exigerait toujours deux picadors par cuadrillas. Quand il n’y en a qu’un en piste, l’autre doit être équipé et sur son cheval, derrière la porte des caballos, prêt à intervenir à tout instant si besoin.

Aucune réponse n’a été apportée aux demandes que le Dr Claude Giraud avait formulées la veille.

Quant au Dr Vétérinaire Gérard Bourdeau, il a distribué un bref compte-rendu des analyses de cornes 2015 dont nous avons retenu :

"Nous avons 20 élevages différents, 30 corridas, 60 toros prélevés, 7 toros négatifs (5 sur 1 come, 2 sur 2 cornes) pour 6 ganaderias. (Parmi ces ganaderias Jean-Frannçois Coste a retenu qu'il y a celle de Garcigrande.)
Quatorze élevages sont indemnes : Dolores Aguirre, Bañuelos, Cuadri, Juan Pedro Domecq, Escolar Gii, Domingo Hernandez, Jandilla, Robert Margé, Victorino Martin, Miura, Pariade, Pedraza de Yeltes, Valdellan et Victoriano del Rio."
Le même Jean-François tient à mettre un bémol sur le lot de Miura de Béziers dont pas deux mais trois toros ont été déclarés arréglés pour que leurs cornes ne soient pas saisies.
Nous souhaitons que l'UVTF publie les résultats détaillés de ces analyses. 

Pour ce qui concerne la FSTF :

André Roques a largement distribué la liste des membres du CPAC.

Il nous a été désigné un référent au sein du Conseil d’administration de l’UVTF, en la personne de Benoit d’Abbadie, adjoint au maire de Béziers et président de la CTEM de cette Ville, pour que nous travaillions avec lui aux corrections à apporter au règlement, quelques-unes urgentes, et de procéder ensuite à un retoilettage complet qui devra être approuvé par la prochaine AG de l’UVTF.

Nous sommes sûrs que nous aurons l'occasion de revenir sur tous ces sujets parce que toutes les difficultés sont loin d’être résolues et qu’il ne manquera pas d’en apparaître perpétuellement de nouvelles.

De toute manière, la FSTF reste solidement engagée sur deux fronts :

  • Contre les ennemis intérieurs qui sapent la corrida en l’édulcorant et la défigurant.
    Pour cela, elle réclame l’intégrité du taureau et la bonne application d’un règlement taurin clair et précis, elle développe un Corps de Présidents et Assesseurs de Corridas, compétents, sérieux, attachés à respecter et faire respecter l’éthique de la corrida de toros, elle ne manque pas de dénoncer les spectacles qui lui paraissent indignes et de louanger ceux dont le sérieux et les qualités confortent notre fiesta.
  • Contre des ennemis extérieurs de plus en plus nocifs.
    Pour cela, elle représente l’aficion au sein de l’Observatoire National des Cultures Taurines afin de participer à la défense commune de nos cultures, de nos spécificités régionales, de nos libertés dont celle d’élever nos enfants comme nous l’entendons, de notre art de vivre.