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AU FOND DU PAQUET DE BONBONS....

DANS LE SAC DE BONBONS.

Petit, j’aimais aller chez l’épicier du coin, et avec mes frères nous lui demandions de nous faire un sac de bonbons.

Les couleurs, les odeurs et les gouts mélanges, faisaient que chacun y trouvait ou non son compte.

Vic c’est un peu le sac de bonbons ce weekend, le matin deux exemplaires au moins et un torero les deux autres regardant par-dessus les talanquères si personne n’avait installé de hamac ou se reposer…

La Sonrisa, notre banderillero préféré, alias Manuel Escribano, a décidément raté complètement son retour dans le Gers. Une errance, ce genre de bonbon un peu acidulé, mais qui n’a aucun intérêt. Ratées les banderilles même si elles furent posées, de loin a corne passée pour certaine, d’autres, en vérité le fond de commerce...contre les planches, ratées également, quand au reste, je vous le dis le bonbon était de gout douteux.

Quant à Pacheco, il ne put tenir son rôle de trouble-fête le bonbon étant d’une fadeur extrême, ni gout, ni couleur ni une quelconque odeur.

Lopez Chaves, est un bonbon fort en bouche, de ceux qui piquent le fond de la gorge…son premier client un Hoyo de la Gitana, vicieux et fort sortit dans le tamaño vicois…alerte au cheval, suivant aux planches, et faisant l’avion dans le tissu mené avec tranquillité par Lopez Chavez, à retenir une lidia quasi parfaite, rien ne dépassait, une sorte de berlingot pur dont chaque ligne avait sa raison d’être, l’équilibre parfait entre fermeté et douceur…quant au second exemplaire fait de sucre et de douceur, autant que ce fut possible avec ce type de bonbons, chacun des spectateurs assis dans le ruedo sentit les odeurs suaves et sauvage emmêlées, de celles qui te prennent au palais lorsque tu pénètres dans la boutique de sucreries.

L’après-midi, le sac de bonbons était presque vide, il restait deux bonbons tout au fond du sac, mes deux frères étant plus jeunes je leur laissais le privilège de les manger. A des petits riens, la forme, l’odeur, le sucre au fond….ces deux bonbons me paraissaient être délicieux…mes deux frères qui s’étaient gavés la veille, n’en pouvaient plus ils me les laissèrent, le cinquième fut un toro de bandera, mais de ceux qui sortent par le haut ceux qui savent les déguster, il faut un palais averti pour apprécier la saveur sauvage, puis en seconde bouche la douceur exquise, Alberto Lamelas n’a jamais eu ce palais, il sait croquer avec allégresse dans les bonbons poivrés, mais pas ceux pimentés de haute qualité, il croqua le bonbon et l’avala sans savoir en apprécier la saveur réelle.

Il restait un bonbon dans le fond du sac, il fallait enfoncer le bras profondément.

Je me souviens du jour ou Escolar Gil m’avait dit que si un jour une figura prenait ses toros il aurait à réfléchir a deux fois avant de tienter….

Gomez del Pilar dont je me souviens aussi de son sourire devant les Saltillo céretans, me plait, il fait partie de ces réglisses, que j’aime tant, de celles qui ne font pas d’esbrouffes, pas d’éclats, mais sont certaines  de vous donner un plaisir abouti…ce fut le cas de ce dernier bonbon, sauvage et fruité, qui peu a peu envahit la bouche d’une douceur suave, a condition de savoir le savourer, ne pas mordre dedans, ne pas l’avaler d’un coup, le passer de la joue droite a la joue gauche…bref le bonbon parfait.

Fin de série, et au fond du sac, plus de bonbons a croquer, mais flotte en l’air une odeur agréable, de celles qui nous font dire…j’en reprendrai des que possible.

CHF