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BATAILLE

“BATAILLE“

 

Avez vous déjà vu un novillo de 475 Kilos mettre au sol un cheval armé comme un destroyer, avec son cavalier harnaché de ferraille, oui sans doute, mais,

Trois fois de suite..?

 

Avez vous déjà vu un piquero au sol, se relever et dans un moment fou de désarroi, et de dépit lancer sa puya et tenter de piquer le toro, qui a tout renversé, en étant sur ses  pieds et plus sur sa monture ?

 

Avez vous déjà vu tous les novilleros à un moment ou un autre se faire bousculer, renverser, pousser, et jeter en l’air uns après les autres ?

 

Avez vous vus ces arènes en fuite, lances, chevaux, capotes et muleta au sol comme un champ de fleur de printemps et un toro macho maître des lieux au milieu du ruedo ?

 

Avez-vous déjà ressenti l’odeur du soufre des enfers, le danger sourd, et l’imminence du drame à venir ?

 

Moi oui.

 

C’était hier à Mugron.

 

Je n’avais pas décidé d’aller là bas, et au final ne m’y suis déplacé qu’avec quelques à priori.

D’abord parce que Mugron se cherche, Torista ? Torerista ? Un mélange des deux ?

Ensuite bien que j’aime beaucoup Louis Husson, son intelligence et sa compréhension des choses, mais les trophées trop facilement donnés aux locaux de l’étape, m’ennuient et me gênent surtout quand ils vont à l’encontre des toreros…

On se souvient tous du Monteño avant qu’il ne se fasse appeler comme cela et ce qu’il advint de l’illusion…les trophées faciles m’ennuient…Surtout lorsque je les considère immérité, et cela a été parfois le cas avec Louis.

 

Mais il y a les Baltasar Iban et j’aime les voir en Novillada en attendant mieux, du passage aux cinq ans.

Donc finalement, délaissant agneau pascal, chocolat et jardin sous le beau soleil d’Avril je pris la route de Mugron.

 

Le sieur Baltasar était accompagné de Melchior et de Gaspard…trois rois mages, trois exemplaires avoisinant les 750 kilos, encastés, forts et ne laissant aucun cadeau à qui ne sait pas leur montrer l’étoile guide.

 

Et ce fut Verdun, Waterloo, La Moscova, fort Alamo l’heure de gloire au champ du coq, quand tout est perdu fort l’honneur…

“Bataille“, criait Travolta déguisé en Ange dans un film nommé Michael, alors qu’il allait s’assommer contre un magnifique toro de combat.

Là, ce fut la guerre.

 

Les trois novilleros, méritent notre respect Alejandro Marcos, Louis Husson, et Pablo Aguado ne serait-ce que pour oser se frotter à ces toros, tous trois très compliqués (2/3/4).

 

Dans la famille Iban je prends les rouges…car les deux robes (Noires pour les uns et “Rouges“ pour les autres ont montré deux visages différents)

Les noirs sortis de l’enfer du Murube, et les “rouges “ Pedraza (c’est à la mode) moins compliqués et plus maniables.

 

Husson prit une oreille (la seule) pour une épée radicale sur la corne, de son second on eut très peur pour lui, et Aguado vêtements déchirés de part en part un salut sur son deuxième plus maniable. Le jeune Marcos me parut bien démuni face à la furia qui lui faisait face.

 

La question reste posée (elle l’a été en son temps à Orthez, et à Céret) ces novilladas sont elles sérieuse pour des novillos pas préparés à la guerre ?

La veille, avec mes amis du forum Romengou, nous discutions des défauts des écoles taurines, et du fait que les jeunes toreros ne se confrontaient plus au bétail rugueux, ce qui faisait que dès que des difficultés surgissaient (on l’avait vu le matin avec le bétail de Darré, ils étaient en panique.)

Raté.

Ces trois là ont sûrement appris, hier, dix fois plus qu’avec tous les bonbons acidulés de la terre qui font 90 % des courses d’aujourd’hui, et se sont renforcés dans leur mental de toreros, la preuve, dès que cela a été plus facile, ils se sont relâchés et ont toréé d’intelligence, mais surtout ils se sont arrimés au mieux face à ce que la tauromachie donne en cauchemar.

 

En deux journées, Concha Y Sierra et Baltasar Iban je tire un enseignement qui me rassure, quand il y a du toro, il y a de l’émotion, pas celle des “chiffonnades“ à répétition avec toreo en forme de vis…jambe droite en arrière, et mille et une passes mais avec obligation de mettre la main devant et pas à la hanche, et d’avancer sous peine de sanction immédiate, et le public en son entier adhère au sujet.

 

On retient son souffle, les premiers rires nerveux s’estompent à l’imminence du danger, rend le public plus attentif et en un sens plus sérieux.

On a vu des piques, des vraies, même carioquées ou en arrière et sur épaules durant ces journées, mais les piqueros apprennent aussi quand un toro vient façon “Lomu“ pour les démonter…et il leur faut aussi du courage pour accepter de piquer au mieux quand ils ont pris la rouste…(comment seraient sortis ces trois toros là en corrida ??)

 

Excellente présidence de François Capdeville, et sérieux des novilleros malgré leurs lacunes bien normales face à ce type de Bétail.

Mention spéciale à la cuadrilla de Husson, appliquée et très pro, mais on connaît les bonhommes.

Public ravi, et soulagé, sourires aux deux pauvres idiotes munies de panneaux encagées et silencieuses qui, si elles avaient vus les monstres de violence sortis ne défendraient plus les “bébés towo“ (heu oui, j’écris mal l’accent Anglais)..

 

CHF