1 contribution / 0 nouveau(x)
Beatles ou Pink Floyd

PINK FLOYD OU BEATLES?

Sous un ciel d’azulejos, et une chaleur digne du piton de la Fournaise, trois Cortes et trois Victoriano Del Rio, plutôt commodes, voire très commodes pour quatre d’entre eux.

Luque aurait pu s’allonger sur une chaise longue, finir sa sieste, déguster un cannelé avec 40 grammes de ‘’Hon guyokuro yamashita yashiki’’ (débrouillez-vous avec ça) à son premier toro qu’il aurait emporté quoi qu’il en soit un trophée ou deux. Le public, l’aficion avait encore en mémoire cette queue qu’on lui (et leur) avait rabioté dans la douceur d’une soirée d’août. Rendre justice à Dany, Dax n’avait que ça en tête. Boum trois passes, une épée efficace sur un torito de Cortés, deux oreilles.

Hélas, comme malheureusement c’est souvent le cas, avec ces élevages pour vedettes confirmées, il y avait du sucré, de l’onctueux, mais aussi de la paresse, chez les cornus, et un peu chez les piétons.

Roca Rey, essoré comme une éponge, modèle seau de flotte pour piliers à la mi-temps d’un St-Paul- les-Dax, Nafarroa (Ne cherchez pas faut être du coin) a aligné plus de kilomètres que Irv Gordon et sa Volvo P.1800, dans le mois.

 Résultat, fatigue, manque de l’enthousiasme nécessaire à ce genre de compétition, envie de fraicheur et de repos…

Donc, Roca Rey a copié Dany, plus frais mais jouant à la maison, Luquesinas à gogo, qui lui-même a copié Roca Rey tremendiste avéré, avec cœur à la pointe des cornes. Presque un contre sens tant on aurait aimé voir chacun jouer à fond sa partition pour les départager.

Un seul quite de compétition, regarde, je sais faire ce que tu fais.

D’un côté les Floyd avec leur musique planante, les nappes de Synthétiseurs, le rock psychédélique, the ‘’Dark Side of the Moon’’ ‘’wish you where here’’ de l’autre les Rolling Stone, ‘’Jumping Jack flash’’, ‘’Paint in Black’’, guitares, basses, et batterie, rythme binaire.

Et des toros aimables, empruntés et pas dérangeant pour un sou, pas de quoi jouer, ni ‘’Satisfaction’’, ni ‘’Money’’.

Donc, chacun son style, chacun mettant les pieds sur le gazon du voisin, quelques fois de manière approximative.

Le public Dacquois a été patient et aimable, chacun soutenant son champion, et on le sait bien quand on a un club, un athlète, un groupe musical on a les yeux de Chimène pour lui, et du coup on en accepte quasiment tout.

Sur un plan aficionado, on s’est plutôt ennuyé, manque d’engagements (en Août par exemple, six toros six épées) là, des demi, pire qu’a ‘’la pixuli’’ de ‘’chez Peyo’’. Des descabello ratés, un manque aussi de gestes techniques forts, même si la boucle de Luquesinas de Dany fit rugir le public, et que la pointe du bas du bas rose de Roca Rey fut trouée, ovation pour Andres, ‘’Lou gat était magre’’ la faute aux toros, pas mauvais, non, mais un brin fadasse

Les faenas un poil longuettes, pas toujours liées, mais plus arrondies et sans doute plus templees[cF1]  pour Luque. A son actif des séries, de fil de soie de cocon des Indes mystérieuses…

Celles de Roca Rey plus agressives, Ce qui fonctionna bien sur le public bon enfant et en manque de toros avec un sixième exemplaire de Victoriano muni d’un peu de piquant.

A son actif, le beau geste, sabre au clair, une épée frappée à la Tony Yoka, après avoir amené son toro sur la bouche d’arrosage au centre de la piste, loin des recours possibles.

Finalement, les gens avaient la banane. Réclamant des trophées pas tous immérités. Ce même public heureux de voir les deux compères sortir par la grande porte en chaise à porteurs.

Les sept oreilles pareilles aux sept boules de cristal mystères de l’Egypte, des civilisations Incas et des lointaines contrées de l’Orient, tombées de la tête de toros que l’on aurait rasés après la guerre tant ils avaient été collaborateurs, contestés pour certains, applaudis par d’autres, fermèrent le ban d’une saison taurine Dacquoise plutôt satisfaisante dans l’ensemble, j’y reviendrai.

’’Le monarque est bien grand quand le peuple est heureux’’ le peuple l’était (est-ce là l’essentiel ?)

Quoi qu’il en soit, dans le brouhaha, les applaudissements bon enfant, l’air vibre encore des notes et du répertoire donné.

Dans le calme revenu, les Machinos débranchent les projecteurs, les micros, on range les potentiomètres, les tables de mixages, on pousse les flight cases, le concert est fini, les Rolling Stone et les Floyd sont déjà loin, ils vont jouer un autre jour, ailleurs, leurs soutiens demeurent leurs fans, et viendront les soutenir et les applaudir encore, rien ne vaut le live.

Plus haut dans le ciel calme, un  avion raye le ciel d’un trait blanc.

 Demain il y a école, et dans la chaleur qui redevient respirable, déjà, des senteurs d’Automne.

CHF


 [cF1]