1 contribution / 0 nouveau(x)
CHINCHON

Plaza Mayor

Si vous ouvrez le guide touristique de la région Madrilène, vous allez forcément tomber à un moment ou un autre sur le village de Chinchon. Comme le disait Coluche, rien que le nom m'amuse... Pour ceux qui connaissent déjà, Chinchon est parmi les plus beaux villages d'Espagne, à peine a cinquante malheureux kilomètres de Madrid.

En venant de France, on peut éviter la capitale, et faire un contour qui va vous faire passer par Mejorada del campo, là un fou furieux, qui frôle les 91 ans, et qui est frappe par la main de Dieu, ou par les troubles mentaux les plus incroyables, bâtit une cathédrale avec des bouts de rien, de récupération, un truc incroyable, six mille mètres carrés au sol, un dôme dont la coupole de trente-sept mètres de hauteur qui se voit a des kilomètres a la ronde, et toutes les écoles d’architecture d’Espagne et d’ailleurs qui viennent voir le miracle que représente ce labeur démentiel se demandant comment ca tient debout.

Justo Gallego depuis cinquante ans scelle des pneus, des seaux de plastiques qui font des colonnes, une crypte, des morceaux de carreaux pour faire des fresques, des échafaudages branlants, un christ rédempteur majestueux, des statues de plâtre et de boue a hauteur d’hommes afin de remercier la madone du Pilar de l’avoir sauvé de la tuberculose tout ça a la pelle et au seau…Si vous le croisez il vous racontera sa chute de vingt mètres a la construction du dôme, sans aucun bobo, et qui tient du miracle, seule l’église qui se demande a quel moment l’édifice de bric et de broc va s’écrouler et qui ne veut surtout pas entériner l’œuvre du bâtisseur, l’a viré du couvent Santa Huerta le laissant seul avec quelques types de passage monter sa cathédrale, à voir absolument.

A voir absolument bien sûr, c’est la Plaza Mayor de Chinchon, celle-ci, l’une des plus belle du monde selon les docs locaux. Elle a servi de lieu de tournage au cinéma Hollywoodien, mais aussi de place d’exécutions capitales, de place du marché, de salle de spectacle, et d’un tas d’autres choses, y compris de parking.

Après la fameuse corrida de Céret, d’un autre siècle, la ville que Frascuelo (pas celui de Céret, l’autre…faut suivre un peu, là), a décrété être celle, qui après le coup de corne qu’il y reçut, fut tellement choyé, qu’il n’eut de cesse de choyer a son tour la population, n’ayant de cesse d’apporter du bonheur aux gens y compris et surtout les pauvres, les malades, et les enfants…la ville ou l’église sans clocher regarde la tour ou la cloche sonne (je sais, mais allez voir sur les sites touristiques, vous comprendrez mieux) donc la ville d’un que je croyais disparu Esaü Fernandez, organise l’une des neufs corridas de la coupe du regrette Chenel. Défi ganadero et de torero afin de permettre aux ‘’locaux’’ de la région Madrilène, de toréer et aux éleveurs de faire lidier leurs bêtes. C’est ainsi que le moment passé en compagnie de Pepe Escolar Gil, du Fundi, et de leur famille, fut à la fois une surprise bien agréable, et pleine de bonheur. Le défi du jour trois Escolar, trois Aurelio Hernando, affrontaient Alberto Lamelas, et Jésus E Columbo qui complétaient le cartel (le dernier en demi-finale de la fameuse coupe) comme quoi il existe bien d’autres toreros que ceux des listes classiques du circuit, dont on peut a force se lasser.

Les gradins amovibles (une pensée pour mon copain Jean-Luc, les 250 balcons pleins a craquer des clubs associations et penas locales, et le spectacle sans concession de cette place incroyable donna un spectacle a l’ancienne dans un joyeux bordel, et dans un site incroyable. Alberto Lamelas fut sobre et gratifie d’oreilles à chaque toro, Esaü mal servi sur son premier et avec la pression du type qui torée en local, sortira deux oreilles en poche, quant au petit vénézuélien, il nous gratifia d’une tauromachie puissante, templee, et d’autorité, de banderilles a clouer un Christ en croix, et d’un poder incroyable, je ne suis pas étonné qu’il soit demi-finaliste de la coupe.

La fin de la course sous les lumières de la vénérable et vieille Plaza, avait quelque chose de Goyesque dont d’ailleurs l’un des tableaux dort dans l’église d’à-côté.

La nuit fut douce dans ce lieu retiré du vacarme Madrilène, demain je vous raconte ce que j’ai vu d’incroyable, concernant l’immense Morante a Cuenca.

CHF