Dimanche 27 mars  17h

Corrida d’ALBASERRADA   encaste GAMERO CIVICO-juan PEDRO DOMECQ Y DIEZ

Temps idéal. Plus de 4/5e d’arènes. Président M. TANGY

14 rencontres pour un ensemble bien présenté (excepté le 1er d’une bravoure relative. La course a duré 3 heures.

Rappel. Aignan : il s’agit d’un bourg situé au cœur du Gers. Des coteaux, des vignes et une petite arène que l’on fréquente dès le printemps venu. C’est la première corrida du sud-ouest en plein air. Elle amène de nombreux « aficionados à los toros » et des organisateurs qui repèrent ici ou là des matadors en quête de contrats, à même de finaliser ou compléter des affiches estivales.

SANCHEZ VARA. Un matador de 36 ans. Il fut notamment remarqué à Céret en 2007 lorsque le vent perturba la course de Valverde. Luis Francisco Espla fut grièvement blessé, Padilla voulait arrêter et Vara proposa de finir seul. Finalement tout rentra dans l’ordre.

Aujourd’hui son adversaire HERMETICO (negro) avait les cornes très abîmées. Certains osèrent crier à « l’afeitado » mais il semblerait, la suite de la course le prouvera, que l’animal avait tapé fortement dans les corrales ou le camion.

Son travail fut agréable à la cape. Le bicho reçut 2 piques, la 2ème partie de loin. Les banderilles correctes se terminèrent par une pose « al violin ». Il brinde l’animal au public et sa faena comprit 3 séries à droite et une à gauche. Hélas l’épée en arrière et un descabello ne permirent que quelques applaudissements.

Le 5: HORTEZUELO (negro) au trapio très correct mit bien la tête dans la cape et subit 3 piques (la dernière spectaculaire).

Les « Armagnacs d’Eauze » toujours excellents accompagnent les banderilles où hélas Sanchez échoua (excepté le classique « al violin »).

Après une série à droite, une autre à gauche, il reprend  par derechazo mais échoue à l’épée (2 mete y sacca et la dernière en passant par l’extérieur). Le public indulgent ne fit « entendre » que son silence.

ALBERTO LAMELAS. Connu notamment comme novillero à Rieumes. Depuis il s’est affirmé à Vic lors d’une course épique devant des Dolores Aguirre. Son niveau technique s’est amélioré et lorsqu’il apparaît il s’investit totalement et acquiert le respect des aficionados qui ne se contentent pas de « figuras » qui choisissent leurs toros.

Le 2e toro de la course se nommait ESPIA mais il fut avant le paseo remplacé par le sobrero de Camino de Santiago (correctement présenté) en effet l’Albaserrada s’était tué lors du débarquement. Alberto effectua deux « largas de rodillas » et son travail de cape fut correct. Il prit 2 piques peu poussées. Cesar Valencia effectua le quite par chicuelinas. Le toro fut brindé au public.

Il initia sa faena par 4 séries à droite qui déclenchèrent la musique. Après 3 séries à gauche il reprend par derechazos et porte une demi-épée. Après 1 avis et une pétition non majoritaire, l’oreille est accordée (contestée par certains).

Le 5: DIURNO (negro) est de présentation plus que correcte. Alberto effectue ses largas et reprend un travail de cape classique. Après 2 piques et des banderilles quasi catastrophiques, il brinde l’animal à deux spectatrices. Des séries à droite et à gauche montrent que l’Albaserrada est noble. Hélas, Lamelas prolonge sa faena (certains parlent de 18 min !) et reçoit deux avis. Une entière et 2 descabellos. Il salua au tiers et fit ensuite une vuelta contestée par les puristes du temps.

CESAR VALENCIA : matador vénézuelien, jeune, connu lui aussi grâce à Vic. Il commet des fautes mais s’implique totalement, son « entrega » laisse pantois.

3e toro : GRANERO (negro bragado meano), très correct. Court travail de cape, après 2 piques et une deuxième belle paire de banderilles, le toro suit la muleta en des séries des deux côtés. L’estocade entière n’empêche pas le toro de le suivre et de le saisir aux planches (blessure à la cuisse droite). Il alla à l’infirmerie jusqu’à l’arrivée du 6e.Iil obtint une oreille (pétition majoritaire).

6: ESCLAVO (Negro-Liston chorreado bragado meano calcetero)

Cesar est revenu, il ne boite plus et un important bandage entoure sa cuisse. Il nous gratifia de chicuelinas magnifiques et serrées. La 1er pique manquée fit place à deux autres remarquables grâce à Yvan Garcia Marugan. Les 1er et 3e paires de banderilles ont permis à Juan Carlos Donaire de saluer. La faena fut un beau combat devant un très bon toro (le meilleur du lot). Mais comme souvent Cesar se relâcha et subit une immense « voltera » avec reprise au sol. Un pinchazo et une entière terminèrent la faena. Un trophée fut accordé et Esclavo eut droit à une vuelta contestée par certains qui croient que les critères selon Madrid sont les mêmes ici.

La présidence a été parfois contestée. Certes la pétition pour l’obtention d’une oreille doit être majoritaire ; quant à la vuelta du dernier toro pourquoi pas, après 3 rencontres et de la noblesse ?

Dans un contexte social très compliqué, Aignan reste une oasis de sérénité et de sérieux. Une espèce de solidarité s’est dégagée inconsciemment des gradins. Cela rassure. « Nous vous conseillons d’espérer … car on croit que tout est fini et voilà que soudain un rouge-gorge se met à chanter ». C’est le printemps !

 

                                                                   André Régagnon

 

  • Portrait de Sébastien Giraldez
    Sébastien Giraldez ven, 04/01/2016 - 08:45

    L'origine Gamero Civico dont fait état l'UCTL est une erreur manifeste confirmée par Fabrice Torrito. La provenance actuelle est un mélange Pedrajas-Domecq, le mayoral essayant par divers apports d'augmenter la part du premier encaste. On trouve en revanche dans l'histoire de cet élevage diverses origines et croisements même si les livres pouvant le prouver ont disparu : Murube à l'origine puis Vega-Villar (ce qui explique les pattes blanches) ou Marqués de Domecq (d'où proviennent les exemplaires roux). Mais pour Gamero Civico... aucune trace.