Dimanche 27 mars 2016

Arènes d’Aignan
(presque plein)

Valencia et Esclavo

 

5 toros 5 du Marquis d’Albaserrada et 1 (le 2e) de Camino de Santiago : le 1er affreusement astillado, les autres bien présentés, astifinos et sans surpoids. L’ensemble manque de caste jusqu’au dernier, Esclavo (photo), qui fut un toro complet, avec une poussée sous la première pique, puis de la fixité aux deux autres, chargeant avec entrain de plus en plus loin; animal brave et exigeant à la muleta, d’une noblesse piquante et aux charges profondes, sur les deux cornes, même si c’est surtout celle de droite qu’on a eu l’occasion d’apprécier.

SÁNCHEZ VARA (rose et or) : silence et silence

Le premier, aux cornes imprésentables et à la charge courte, fut reçu par une larga à genoux avant de pousser lors de la première rencontre avec la cavalerie d’Heyral. Saut de la garrocha lors d’un deuxième tiers assez moyen. Noble et sans gaz au derniers tiers. Epée arrière et basse. 

Au 4e, ne voyant pas d’écho à son travail après une demi-faena à peine, le torero castillan a décidé d’abréger sans chercher à améliorer la charge grossière de son opposant. Egalité entre l’homme et la bête de mon point de vu, donc prestation décevante d’un torero qu’on présente comme un lidiador. 


Alberto LAMELAS (blanc et argent) : oreille et vuelta non sollicitée et timidement protesté

Face à son toro français, il obtient un trophée après une pétition minoritaire suite à des séries droitières sans relief, la jambe en arrière le plus souvent. Demi-lame efficace. 

Au 5e, le quadrille fut d’abord dépassé puis le matador s’est « arrimé » pour extraire quelques demi-passes à un animal qui ne pouvait pas donner. Epée basse.


César VALENCIA (nazaréen et or) : oreille et oreille

Le jeune vénézuélien, encore très vert, aura bien mérité son cachet. Pris à chaque toro, il s’en sort presque indemne, évitant de peu la crucifixion. Sans obtenir de séries compactes, le torero s’est exposé, à la limite de se faire disséquer le fémur au début de chaque tentative de série face à un animal donnant des coups de tête à droite et plus compliqué encore à gauche. Le tout a certes manqué de domination mais l’épée a été sincère et c’est à la sortie de l’estocade que la première rouste a eu lieu. 

Le dernier était un diamant brut qui méritait d’être taillé et poli à base de temple. La faena a commencé au centre avec des cites de loin, vibrantes mais un peu rapides, avec un toro prompt et vif qui exigeait qu’on lui fasse les choses bien, en lui laissant le leurre au plus près du museau. Plusieurs séries droitières avec des pechos de la tête à la queue puis un accrochage violent à gauche. La fin de faena à droite n’a pas perdu en intensité avant une ultime série d'aidées hautes et de face rappelant celles de l'Empire céleste de don Rafael, El Gallo. Epée tendue et tombée. Pétition majoritaire, belle conclusion.


N.B. : présidence de Guy Tanguy, saluts aux 6e du picador Iván García et du banderillero Juan Carlos Donaire.

Sébastien Giraldez