Mardi 11 novembre

Entrée : ¼

Arènes de Saint-Sever

Début difficile pour une clôture

6 novillos 6 de Malabat  bien présentés dans l’ensemble (malgré les cornes quelque peu abîmées du 5e) mais d’une hauteur au garrot réduite et sans remate (fins et sans morrillo, sans doute un peu jeunes). Au niveau du comportement ils ont été dans la lignée de ce qu’on avait déjà pu observer le 1er mai lors de la novillada-concours d’Aire-sur-Adour : sans classe (sauf le 5e), très limités en caste, et pire, faibles ; un peu moins les deux derniers qui ont permis aux musiciens de jouer et qui sont allés 3 fois au cheval (le 4e aussi) mais sans y croire. Ils ont été applaudis par un public à la fois « toriste » et « localiste » sans atteindre à mon sens une note moyenne. La plupart se sont plaints aux banderilles, en se les secouant et en braillant.

Mario DIÉGUEZ (vert olive et azabache) : silence et silence

            Le sévillan n’est pas un guerrier et son concept de s’accommode guère de charges désordonnées mais il a pourtant fait un effort avec le pire lot, surtout à la cape, dans une paire de véroniques ou dans une chicuelina morantista. Son premier, un salpicado qui s’est affalé mais a fini par résister, avait un fond de caste qui le faisait se défendre en se retournant avec vivacité, ne permettant pas un toreo reposé. Estocade atravesada après 5 pinchazos. Il plaça 3 fois son deuxième devant le piquero mais le cornu sorti de lui-même à la 3e rencontre. Au deuxième tiers son quadrille était en panique et à la muleta le torero a donné quelques passes face à un animal compliqué (pas impossible) qui ne permettait pas de se replacer.

Miguel Ángel SILVA (bleu et or) : silence et oreille

            De mon point de vue le torero d’Estrémadure ne s’est pas vraiment montré en confiance. Débordé par son premier, le meilleur novillo de l’après-midi (le splendide berrendo carbonero mais comme ses frères faiblard, sans classe et faible) lui échoit finalement mais il n’en profite que partiellement (dans une métaphore sportive on dirait qu’il y a eu égalité entre les adversaires). Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé en ne demandant pas une oreille octroyée malgré tout par la présidence. L’estocade bien placée (à son premier également) après pinchazo pouvait la justifier après une faena qui avait été très longue, sans véritable conjonction, mais avec quelques passes isolées de bonne facture, et qui s’était terminée par deux inversées et une série de manoletinas bien exécutées.

Juan de CASTILLA (ciel et or) : vuelta et oreille

Le colombien a été déclaré à juste titre triomphateur du jour. Il occit ses adversaires en respectant tous les temps de la suerte suprême après avoir dominé ses adversaires grâce à son courage froid. Seul le descabello le prive de la Grande Porte. A son premier (blando et flojo à l’image du lot) dans une faena a más il a réussi à tirer de son adversaire des naturelles détachées, les pieds ancrés au sol « en citant » à la corne opposée. A la cape déjà il avait signé un salut brillant en gagnant du terrain et en baissant les mains. Au dernier il a fait l’effort face à un manso qui beuglait à s’en rendre aphone et qu’on s’attendait à voir abandonner le combat mais qui a sorti un fond de caste mais en chargeant de manière désordonnée avec des coups de tête et en zigzagant.

Sébastien Giraldez

"El Giraldillo"