SAINT SEVER - Dimanche 10 octobre 2021 (matin)

Novillada des Herederos de D. Alonso SANCHEZ FABRES pour José Fernando MOLINA (coquille d’huître et or) et Alvaro BURDIEL (rouge basque et or).

De présentation correcte et d’armures dans le type de l’encaste, ce lot n’a présenté globalement que peu de présence en piste, avec de la faiblesse ci et là ; tous ont été plus ou moins applaudis à l’arrastre, sans raison pour au moins trois exemplaires. Avec deux des quatre faenas prolongées au-delà du raisonnable, l’ennui n’était parfois pas bien loin.

1er : negro bragado bien fait, d’armure discrète, un peu fermée ; réception calme en allant vers le centre. Il vient au trot pour une pique quelconque et, face à son peu de jus, le novillero demande le changement de tiers. L’animal continue à s’économiser aux banderilles. Molina veut citer de loin, mais son novillo, noble, se montre tardo et s’éteint assez rapidement ; dans ces conditions, pour lui (et nous) imposer une faena longue et ennuyeuse ? Le résultat est que le cornu désarme l’homme, va au toril et ne s’arrête plus quand il faut le cadrer. Pinchazo puis tiers de lame portés a recibir (?) suivis de sept descabellos. Silence.

2ème : plus lourd et armé gacho, bien conduit au centre par véroniques genou ployé. Tête haute, il se défend à la 1ère pique puis, se désintéressant du cheval, doit être remis en suerte plus près pour venir et sortir seul. 2ème tiers sans poursuite, avec salut de Mathieu Guillon pour une 3ème paire osée. À la muleta, Burdiel, toréant sur le voyage, recule à droite ; à gauche, il se montre brouillon et, petit à petit, son adversaire impose son rythme et lui revient dans les chevilles. Retour à droite avec quelques fléchissements du novillo, et lui a au moins le mérite de savoir prendre l’épée de muerte à temps. Passes aidées, entière horizontale tombée, longue attente ; le novillero a l’honnêteté de reprendre une épée pour (enfin) conclure avec pinchazo, demi-lame verticale et descabello. Avis à dix minutes trente, silence pour l’homme, applaudissements compréhensibles pour la dépouille.

3ème : beau negro au poil brillant, d’armure fermée, qui charge avec brusquerie dans la cape. S’agenouillant lors de la mise en suerte, il ne peut bien sûr pas montrer grand-chose à la (mono) pique qui suit puis, assez logiquement, il se ménage aux banderilles, dont trois seulement seront plantées. Ce comportement continue à la muleta, avec agenouillements, charges comme à regret et extinction rapide de toute velléité de combat. Pourquoi Molina insiste-t-il et tient-il à nous infliger trois circulaires inversées ? Entière en place, mort au toril, avis à dix minutes trente et oreille pour Ꜫ mouchoirs (le « fan club » ?).

4ème : negro léger, armé court mais correctement. Il échappe à toutes les capes pour prendre une 1ère pique, qui est suivie de deux autres : 2ème manquée puis posée après contact et prise en secouant, 3ème en se rapprochant, les deux basses. 2ème tiers correct sans plus, avec poursuites tout aussi moyennes. Au 3ème tiers, ses coups de tête dans le leurre rendent les naturelles de Burdiel prudentes, et le novillo finit distrait. Doblones, entière en avant et salut aux tiers.

Présidence sans histoires de Philippe Lalanne.

 

SAINT SEVER - Dimanche 10 octobre 2021 (après-midi)

Novillada d’ALMA SERENA et CASANUEVA pour Yon LAMOTHE (parme à parements blancs et or) et Manuel PERERA (vert olivâtre et or).

Chacun des deux éleveurs (et quasiment voisins) faisait sa présentation en novillada piquée ; les deux ont envoyé des novillos bien présentés, diversement armés et de comportement intéressant dans les trois tiers de la lidia. Si Lamothe a montré sa maîtrise, Perera a un peu trop usé de son côté pueblerino. Il est dommage, tout en étant compréhensible, que la novillada ait tourné au triomphalisme.

1er : CASANUEVA : beau jabonero armé correctement. Après avoir poussé à la 1ère pique et avoir été remis en suerte trop près, il provoque le batacazo en allant vers le centre. Salut de Mathieu Guillon aux banderilles, sans poursuite. Bien doublé, il montre sa noblesse dans la muleta de Lamothe, qui torée main basse mais sur le voyage ; les naturelles sont plus sincères. Final par luquesinas, longue mise en place, quasi-entière un peu en avant et 1ère oreille de la tarde (qui en comptera beaucoup), plus un mouchoir bleu sans grande justification.

2ème : ALMA SERENA : castaño lourd et peu armé ; d’abord élégante, la réception se termine en eau de boudin, ce qui fait que, pas réellement fixé, le novillo rend la mise en suerte difficile ; un cheval rétif n’arrange pas les choses. Au final, deux piques sans relief, la 1ère en mettant un gros « tampon » dans l’ensemble équestre, la 2ème courte. Banderilles limitées à deux paires. La charge est franche au 3ème tiers, les derechazos de Perera sont templés, mais ce dernier, se mettant à toréer le public, joue un peu trop le tremendisme. Entière en place en s’engageant, demande de trophée confidentielle et oreille. Onze minutes sans avis.

3ème : ALMA SERENA : negro bragado listón d’armure correcte. Il pousse, s’arc-boute et soulève le cheval par l’avant ; replacé au centre, il tarde à venir puis pousse de nouveau sous une pique basse ; le picador sort sous les applaudissements. 2ème tiers sobre, Guillon essuyant un extraño à gauche. Lamothe profite de la noblesse vive de son opposant, allant jusqu’à se faire bousculer sur une circulaire inversée. Quelques belle naturelles de face pour finir, entière en place, descabello, deux oreilles généreuses et nouveau mouchoir bleu, plus justifié que le précédent. Treize minutes en tout pour un seul avis, sonné à onze minutes trente.

4ème : CASANUEVA : colorado ojo de perdiz légèrement bizco, qui sort calmement. Belle réception par véroniques, demie et revolera. Deux piques sans relief, la 1ère sans mise en suerte, la 2ème en se rapprochant seul. Suivent deux quites, d’abord du sobresaliente par chicuelinas, ensuite de Perera en tablier. Poursuites irrégulières aux banderilles, avec un raccompagnement de gala aux planches à la 1ère paire. À la muleta, un début à genoux quelque peu heurté est suivi de derechazos templés et donnés en baissant la main, hélas sans se croiser. Un moment débordé à gauche, le novillero reprend les choses en main mais, une fois de plus, la faena est trop longue et il évite de peu la cogida. Tant les « naturelles » données de la droite que les bernadinas sont ponctuées d’un avertissement, et le novillo va au toril à trois reprises. Entière en avant et oreille … bof … Cette fois, avis à douze minutes trente.

            Ovation finale aux deux éleveurs, Philippe Bats et Guillaume Bats, avec un hommage bref et discret de Philippe à son frère Pierre, décédé en début d’année.

Présidence de Vincent Bourg « Zocato », très généreux dans l’attribution des trophées et laxiste pour faire sonner les avis.