SAMADET – Dimanche 13 mars 2016

Novillada de SALAYERO y BANDRES pour Carlos NAVARRO (vert empire et or), Manolo VANEGAS (cramoisi et or) et Tibo GARCIA (coquille d’huître et or), ce dernier débutant en novillada piquée.

Lot présenté correctement, d’armures moyennes et peu agressives, noble et mobile, sans grande présence ni puissance au cheval. Un fonds de faiblesse plus ou moins exprimé et des langues sorties bien tôt, parfois dès la fin du 2ème tiers. Cela n’a pas empêché que chaque novillo sorte sous les applaudissements …

1er : castaño oscuro, que les peones font taper aux planches ; envoyé n’importe comment au cheval pour une pique sans relief, il effectue une vuelta de campana sur le quite. Poursuite molle aux banderilles. Navarro nous signale de suite son appartenance à la confrérie des hurleurs, tandis que son adversaire confirme sa faiblesse, mettant les cornes dans le sable. La faena est à la fois appliquée et superficielle, avec des cites de loin mais sur le voyage. Après un desplante accueilli tièdement, le novillero nous saoûle avec ses circulaires inversées, suivies d’un passage à genoux et de bernadinas. Mete y saca très bas, deux pinchazos et entière. Avis ponctuel et silence.

2ème : autre castaño plus léger et difficile à mettre en suerte, qui est finalement placé parallèlement aux planches pour une pique dans l’épaule et vite levée. Ce novillo cherche le refuge des coins et bouscule Vanegas sur un quite hasardeux, donné avec le désordre en piste ; 2ème pique tout aussi brève, avec l’animal à genoux sous le cheval. 2ème tiers avec poursuite volontaire des hommes. Après des doblones soignés, l’homme torée proprement, voire élégamment à l’occasion, main basse, hélas sans beaucoup se croiser. Son opposant finit distrait et meurt d’un quart de lame porté avec décision et qui s’avère suffisant. Oreille sur demande limite.

3ème : negro costaud armé lui aussi vers le bas, qui trébuche après une poussée brève sous une pique correcte ; le président n’acceptant pas la demande de changement du novillero (1ère piquée !), la 2ème pique sera donnée pour la forme. Banderilles bien posées avec salut des deux peones. La faena, d’abord légère, aérienne mais donnée sans peser sur l’animal (abus du pico bien sûr) devient plus heurtée et même torchonnée alors que le novillo cherche l’air et mesure sa charge. Pinchazo bas, entière plate tombée suivie de deux descabellos. Avis et vuelta à son compte, bien fraîche.

4ème : beau negro bien armé. Il reste collé au cheval après une pique dans l’épaule replacée mal, puis revient pour une autre, en arrière cette fois. 2ème tiers mené dans la difficulté, avec poursuites. Navarro se contente de faire tourner son novillo, mobile mais faible, autour de lui et jette l’épée (?) pour donner des «naturelles » de la main droite : faena ou pièce de (mauvais) théâtre ? Toujours est-il que l’animal finit aux planches. Recibir inattendu, qui résulte très en avant et vuelta. Les applaudissements à la dépouille sont cette fois plus mérités.

5ème : negro bizco. La réception, d’abord genou ployé, est variée et de bon goût. Le novillo s’échappe au cheval pour une pique en arrière et une autre basse. Seulement deux paires de banderilles. Un début de faena à genoux, une passe changée risquée, et l’animal devient tardo ; Vanegas ne ménage pas ses efforts et conclut par doblones. Sa volonté de bien faire est malheureusement gâchée à la mort avec trois pinchazos entrecoupés d’une lame tombée et suivis d’une entière en place. Avis et salut aux tiers.

6ème : ce tostado, bien reçu, effectue une vuelta de campana. Le palco accepte cette fois la demande de changement après une (seule) pique carioquée d’Olivier Riboulet. Encore un 2ème tiers bien mené, avec une paire osée de David Romero, dans les planches ; salut des auteurs. De nouveau marginal mais plaisant à une partie du public, Garcia paie son manque de dominio en se faisant promener, d’abord avec le leurre accroché, finissant par une chiffonnade en règle. ¾ de lame en place et deux oreilles, accordées en deux fois, octroi « aidé » par un train d’arrastre qui tarde à entrer malgré les signes répétés des alguacililllos. Etait-il indispensable que le novillero invite le mayoral à l’accompagner dans sa vuelta ?

Présidence sérieuse de Pascal DARQUIER, assisté de Franck LANATI et de … A noter la chèvrerie du callejon, qui s’est souvent distinguée par ses bêlements en cours de lidia, et une claque judicieusement distribuée dans les gradins.