DAX – Dimanche 17 août  2014

Corrida de D. José ESCOLAR GIL pour Rafael RUBIO « RAFAELILLO » (violine à parements blancs et or), Fernando ROBLEÑO (moutarde olivâtre et or) et Thomas DUFAU (blanc et argent).

Lot bien présenté, bien armé, homogène en poids … et en comportement (à l’exception du 1er) : peu de présence aux piques, quasiment aucune poursuite digne de ce nom aux banderilles et une noblesse à la muleta pour certains proche de la soseria. Un quotidien du Sud-Ouest, dans sa présentation de la course, mentionnait « Sang : Juan Pedro Domecq » : ce n’était pas une coquille, seulement une sinistre prémonition.

1er (5 ans 4 mois, 485 kg) : veleto, se retourne vite à droite. Mis en suerte de loin, il pousse en carioca sous une pique basse, en prend une 2ème, pompée et accroche le peon à la sortie du cheval. Une seule poursuite franche à la 3ème paire de banderilles, les trois correctes. Rafaelillo se fait serrer dès les doblones puis avertir à la 2ème série de derechazos. Le passage à gauche se solde par une reculade suivie d’une poursuite. Retour à droite en baissant la main mais, de nouveau, l’homme essuie un retour sans ambigüité, avant de se faire encore poursuivre. Un quart de lame en suerte contraire suffisant après une bonne attente et salut aux tiers.

2ème(4 ans 3 mois, 495 kg) : negro bien armé et bien amené au centre. Une poussée brève à la 1ère pique et pas grand-chose à la 2ème, en arrière et en trois trous. Salut d’Angel Otero au 2ème tiers. Robleño cite de loin un adversaire noble, le fait tourner autour de lui et conclut par bernadinas. Entière en place, oreille et applaudissements à l’arrastre.

3ème(4 ans 5 mois, 505 kg) : se blesse d’entrée à l’antérieur droit et est changé après la pique. Le sobrero du même fer (4 ans 9 mois, 520 kg) est un càrdeno oscuro armé de deux poignards ; il saute dans la cape de Dufau, qui l’amène au centre en reculant. L’animal se défend sous la pique, fléchit des antérieurs puis trottine en zigzags pour venir s’arrêter à cinq mètres du cheval à la 2ème. Ce grand tercio de piques suivi du serrage du frein à main aux banderilles n’empêche pas le torero de brinder au public. C’est parti, avec un toro noble et un homme qui hurle et s’obstine à citer de loin alors que son opposant s’obstine lui à regarder les tendidos. Serré à sa 3ème série à droite, l’homme tente un passage à gauche à bonne distance et se fait avertir en revenant à droite. Un mete y saca réveille le toro et 4/5ème de lame basse le couche. Quelques applaudissements.

4ème(4 ans 4 mois, 515 kg) : très armé et gratteur. La réception, sérieuse, est applaudie. Le toro pousse, désarçonne le picador et poursuit le cheval libre qui, en tentant de sauter, s’assomme aux planches et reste groggy au sol quelques secondes ; long à venir sur une 2ème pique appuyée mais honnête. Banderilles habiles à toro réservé. Devant une sorte de bonbon dont la noblesse confine à la soseria, Rafaelillo sert une faena relâchée et superficielle à souhait, faisant rugir le (bon) public en se tenant au postérieur de son « partenaire ». Quand même, la 3ème circulaire le voit en difficulté : même l’idiotie a des limites. Entière très en avant en se jetant, attente, avis tardif et environ quatorze descabellos avec démarrages. Le toro a le bon goût de tomber juste avant le possible 3ème avis. Division d’opinions suivie d’une vuelta un peu contestée. C’est peut-être cynique, mais ce cafouillage final nous a évité les deux oreilles qui s’annonçaient ainsi que la vuelta à la dépouille, tout de même réclamée par certains.

5ème(4 ans 7 mois, 510 kg) : astifino et plus étroit d’armure. Il s’échappe du centre, essaie de soulever le cheval et est remis en suerte à la raie pour une 2ème pique en arrière. 2ème tiers à oublier. Robleño cite de loin un autre toro noble mais reste superficiel. Une série à droite est plus animée, mais le torero finit en perdant du terrain … sous les applaudissements. Entière basse d’effet rapide, nouvelle oreille sur pétition minoritaire celle-ci et, pour la 2ème ou 3ème fois de l’après-midi, cet étrange arrastre lent qui signifie quoi au juste ? Quand même pas de laisser au public tout le temps d’applaudir un toro qui ne le mérite aucunement, non ?

6ème(4 ans 4 mois, 510 kg) : bien armé et « museau de rat », reçu par véroniques genou ployé. Une pique en arrière rectifiée, une autre levée de suite. Le toro vient de vingt mètres à la 1ère passe, s’agenouille à deux reprises à la 2ème série à droite et met son matador en difficulté à gauche tant ce dernier use et abuse du pico. Dufau revient de suite à droite et son adversaire s’éteint ; déjà que ce n’était pas un foudre de guerre … Retour à gauche après changement de terrain, manoletinas pour le bon peuple et échec à l’estocade avec trois pinchazos profonds, tiers de lame et descabello. Avis et silence mettent un terme à cette belle déception.

Présidence laxiste, tant pour la sonnerie des avis que pour l’attribution des trophées.