AIGNAN - Dimanche 17 avril 2022 (matin)

NSP de L’ASTARAC (Jean-Louis DARRE) pour Jean LARROQUETTE « JUANITO » (bleu et or) et Miriam CABAS (blanc et or).

Lot bien présenté et intéressant par son comportement ; le 4ème en particulier aurait mérité un autre sort …

1er (2 ans 11 mois) : costaud negro armé gacho et brocho, bien reçu par véroniques et chicuelinas, auxquelles M. Cabas répond par chicuelinas, demie et revolera. Le 2ème tiers est correct et avec poursuites. Après des doblones légers et quelques passes aidées, Juanito sert deux série à droite propres mais sur le voyage ; les naturelles qui suivent sont à « bonne » distance, avec le leurre accroché. Retour à droite pour un toreo un peu trop précipité pour moi. Bernadinas, quasi-entière un peu en avant et oreille sur demande minoritaire.

2ème (2 ans 11 mois) : fin negro mulato d’armure fermée lui aussi. Désarmée de suite, M. Cabas le reçoit par véroniques, demie et larga ; quite en faroles de Juanito. Tardo et distrait, l’eral est mal banderillé. La faena est donnée sur le voyage, avec une musique lancée bien prématurément. Des passes aidées enganchées précèdent un gros échec à la mise à mort avec (environ) onze pinchazos entrecoupés de ¾ de lame penchée et an avant. L’animal meurt bouche fermée. Applaudissements d’encouragement.

3ème (2 ans 11 mois) : negro d’armure laide long à fixer, d’où une réception minimaliste et un quite en farol cafouilleux. Poursuites aux banderilles. Devant un adversaire quelque peu faible et doté d’une charge pas très claire, Juanito montre un toreo vertical, élégant mais sur le voyage ; bien que consentant à se croiser par moments à gauche, le tout manque de dominio, et les circulaires inversées frisent la vulgarité. L’absence de domination se paie par un cadrage laborieux et une mise à mort de la même eau avec deux pinchazos « au petit bonheur » suivis d’une entière très en avant. Mort aux planches et salut aux tiers non demandé.

4ème (2 ans 11 mois) : très bien présenté et bien armé, à la limite de la novillada piquée. Avec deux jours de retard sur le calendrier, ce bel animal fera subir à Miriam Cabas un vrai chemin de croix. Désarmé en fin de réception pour elle et visite gratuite mais forcée du ruedo pour Juanito lors de son quite par chicuelinas. Pour ne rien arranger, l’eral est mal banderillé en deux paires, et le président n’a pas la fermeté requise pour résister à la demande de changement de tiers de la torera. Arrivant ainsi pas fixé au 3ème tiers, le cornu s’intéresse à tout et surtout aux planches, desquelles Miriam arrive au moins provisoirement à le tenir écarté. Entre deux désarmés, cette dernière fait preuve de courage et de volonté, nous montre que son opposant vient de loin mais n’arrive pas à baisser la main pour l’obliger. Ces qualités ne lui évitent hélas pas un naufrage à la mort avec trois pinchazos, deux épées laides et insuffisantes et plusieurs descabellos. Le président tarde à faire sonner les avis (onze minutes et quatorze minutes trente) ; le 3ème est enfin sonné à dix-neuf minutes trente et comble de malchance, le puntillero fait se relever l’animal à deux reprises. Suit un moment à la fois surréaliste et triste : trois descabellos sont donnés après le 3ème avis devant les alguacilillos, l’un poursuivant paisiblement son chemin dans le callejon et l’autre intimant (ou semblant intimer ?) enfin à la torera de ne plus toucher à son adversaire mourant. Ce dernier aura eu vingt-quatre minutes de vie publique.

À la demande de l’organisateur, salut de Jean-Louis DARRE.

Présidence trop laxiste de Michel Raymond, assisté de Coralie Forest et de Pascal Bounneau.

 

AIGNAN - Dimanche 17 avril 2022 (après-midi)

Corrida de PAGES-MAILHAN) pour Javier CASTAÑO (brique et or), Thomas DUFAU (bleu nuit à parements blancs et or) et David GALVÀN (violet à parements blancs et or).

            De présentation diverse mais correcte dans l’ensemble et de comportements tout aussi divers, ce lot de toros, sans atteindre les sommets, a eu au moins le mérite de ne pas générer l’ennui.

1er (4 ans un mois) : negro bien armé qui vient bien et de loin en deux piques, la 2ème levée de suite. Banderilles correctes avec poursuite des hommes. Ayant doublé son toro avec soin, Castaño sert plusieurs séries de derechazos dominateurs ; le passage à gauche relève du minimum syndical mais au moins, les naturelles sont données quasiment sans bouger. Un tiers de lame porté dans les règles et d’effet rapide ; oreille sur demande pour moi minoritaire.

2ème (4 ans) : un negro listón astifino qui sort calmement. Il pousse par à-coups sous une 1ère pique sans avoir été mis en suerte, puis en prend une autre, dans l’épaule et replacée, dont il sort seul. L’arrêt du 2ème tiers est sonné avec seulement trois banderilles clouées ; il est vrai que l’animal tend à faire un écart en arrivant a juridicción. Après deux passes dans le dos au centre, Dufau se montre prudent sur les deux bords, et son opposant en profite pour aller aux planches ; le torero arrive à le tenir un moment dans la muleta puis se résout à toréer dans la querencia.  Il conclut par circulaires inversées (qui se terminent mal) et bernadinas. Grande entière en place, longue attente et (enfin) descabello. Deux avis (onze et quatorze minutes) et salut aux tiers.

 

3ème (4 ans un mois) : plutôt maigre et efflanqué, on dirait qu’il se « cache » dernière ses cornes longues et en pointes. Il est mal piqué en trois rencontres : 1ère en arrière, replacée puis vrillée et pompée, 2ème après s’être montré tardo et gratteur, puis sortant seul de suite et revenant au cheval. Les banderilles sont du même niveau, avec une paire posée par surprise et une à cornes passées ; le cornu suit. À la muleta, après des doblones, Galván se fait avertir à deux reprises, son sitio marginal n’étant peut-être pas étranger à la chose. La faena tient beaucoup de la bagarre de rue ; le torero se fait serrer, promener et à l’occasion poursuivre par son adversaire. Entière plate et en avant d’effet rapide et oreille demandée par plus de hurlements que de mouchoirs.

4ème (4 ans un mois) : autre exemplaire bien armé, bien reçu, quasiment sans bouger par véroniques et larga. 3 piques en venant de loin et au galop mais en sortant seul et de suite de la 2ème ; le toro refuse de venir pour la 4ème, le jet de la montera par Castaño restant sans effet. Le picador Teodomiro Caballero sort sous l’ovation. Poursuites au 2ème tiers, correct. Face à une charge vive, la faena donnée par le matador est classique et propre ; elle est malheureusement conclue par entière contraire pas très jolie. Oreille et vuelta à la dépouille de Becadito, manso con casta.

5ème (4 ans un mois) : d’armure correcte sans plus, il désarme Dufau de suite ; envoyé au cheval sans avoir été arrêté, il pousse sous une pique en place ; toujours sans mise en suerte, il sort de suite de la 2ème, et c’est Mathieu Guillon qui « s’y colle » pour le placer, cette fois correctement, pour deux autres rencontres sans grand relief. Arrêt des banderilles à deux paires (pourquoi ?), avec poursuites irrégulières. Le torero est de nouveau désarmé en tout début de faena puis averti alors que, pourtant, il se croise un peu plus qu’à son 1er opposant. Cela ne dure pas, il bouge beaucoup et le tout finit aux planches. Deux pinchazos, entière basse, avis à neuf minutes quarante et silence.

6ème (5 ans) : entrée en trombe pour ce cinqueño brochito, qui cogne violemment aux planches et se retrouve avec les pitones en pinceaux. Deux piques sans montrer autre chose qu’une rentrée violente dans la monture ; la 1ère est soigneusement pompée. Poursuite des hommes au 2ème tiers en désarmant le peón de brega. Face à un adversaire noble, Galván montre un toreo vertical et élégant, mais se contente de faire tourner son toro autour de lui, évitant de peu l’accrochage. Entière en place et oreille.

Présidence un peu trop accommodante d’Arnaud Imatte, assisté de J.-C. Bonneville et de Yohan Teixeira.