AIRE sur l’ADOUR - Dimanche 17 octobre 2021

Novillada concours d’élevages pour Carlos OLSINA (parme à parements blancs et or), Francisco MONTERO (blanc et argent) et Manuel DIOSLEGUARDE (écarlate et or).

1er : José ESCOLAR GIL (3 ans 11 mois) : un cárdeno oscuro armé moyennement qui se retourne vite dans la cape, puis prend trois mauvaises piques passivement : la 1ère pompée ; la 2ème vrillée après avoir été laissé dans les raies ; la 3ème tardo puis venant du centre au trot. Après une 1ère paire manquée, le 2ème tercio est logiquement arrêté à deux paires de banderilles. Dès le début de la faena, le novillo attend, comme s’il calculait son coup, coup qu’il donne bientôt avec une cornada dans l’entre-jambes. Olsina est évacué vers l’infirmerie et Montero en termine laborieusement par passes de châtiment, pinchazo vertical, lame à côté de l’animal, entière contraire en avant et enfin descabello. Silence.

2ème : Hubert YONNET (3 ans 9 mois) : salpicado bien armé avec une corne gauche agressive, court de charge. Montero échappe la cape lors de la mise en suerte, un peon tombe, et le novillo n’est pas piqué. Il fait sonner l’étrier à la 1ère pique, n’est de nouveau pas piqué à la rencontre suivante, vient ensuite en accélérant pour une pique basse levée de suite et enfin (!), placé loin, il se rapproche en zigzagant pour une 3ème symbolique. Le picador, propre mais ayant en fait peu piqué, est applaudi. 2ème tiers tronqué, avec une paire à cornes passées puis un seul palo posé avec poursuite. À la muleta, l’animal se montre peu assuré sur ses aplombs, ployant alternativement de l’avant et de l’arrière ; il s’arrête dès la 2ème passe de chaque série, le novillero l’encourageant de la voix et lui ménageant des temps de repos. C’est long, trop long, et le cornu finit par regarder l’homme et le désarme. Bernadinas superflues, entière tombée, geste vulgaire en touchant le frontal du novillo agonisant et oreille sur demande plus vociférante que blanche de mouchoirs.

3ème : FLOR de JARA (3 ans 11 mois) : cárdeno bragado meano légèrement fermé d’armure, d’abord dubitatif face aux capes puis montrant une charge longue. Il gratte puis se défend sous une pique basse, tarde à venir mais reste plus fixe à la 2ème et enfin sort seul à la 3ème ; à chaque rencontre, il a chargé au galop. L’animal se fige aux banderilles puis, bien que mobile -et noble-, il fléchit à chaque passe. D’une faena équilibrée sur les deux bords mais encore une fois trop longue, restent deux séries de naturelles données en se croisant. Final élégant avec changements de main et passes aidées, trois fois un quart de lame et descabello après plusieurs démarrages du novillo. Avis, salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre.

            L’ordre de sortie est alors modifié pour pallier l’absence temporaire d’Olsina.

4ème : TURQUAY (3 ans 5 mois) : fin cárdeno bien armé, qui remate aux planches puis met bien la tête dans la cape. Pas arrêté, il pousse sous la pique, s’agenouille à la sortie puis se couche ; remis en suerte (si l’on peut dire car regardant à l’opposé du cheval), il se montre tardo et la pique est levée de suite. Il attend les hommes au 2ème tiers mais les poursuit après la pose ; salut d’un peon. La corne droite s’avérant chercheuse, Montero prend la main gauche, d’abord avec l’aide de l’épée. La faena tourne assez vite en eau de boudin, avec un novillo qui cogne dans le leurre et n’est pas loin de déborder l’homme, contraint de procéder par passes isolées. Pinchazo, bajonazo, silence.

5ème : ASTARAC (3 ans et demi) : negro muleto ensellé, avec le piton gauche abîmé, distrait et long à fixer. Il désarme Diosleguarde et glisse dans la cape, tombe et se relève en boitillant, déclenchant ainsi une demande de changement antiréglementaire et heureusement non suivie. Deux piques pour la forme, la 2ème avec chute à la sortie. Quatre banderilles en quatre passages. Au 3ème tiers, l’animal, de charge plus que limitée, s’effondre à chaque passe ; le novillero réussit à le tenir debout, mais son adversaire va aux planches, terrain dans lequel il éprouve beaucoup de difficultés pour le cadrer. Grande entière portée en s’engageant et oreille sur demande limite.

6ème : AGUSTINEZ (3 ans 9 mois) : Olsina revient en piste en gilet et jean. Le novillo (Veragua x Santa Coloma) est un negro fin et armé large, la réception, appliquée, débutant par une larga à genoux. Le picador manque sa cible à la 1ère rencontre ; suivant deux piques, la 1ère sans relief, la suivante avec poussée. Enfin de vraies poursuites au 2ème tiers. Après un début de faena laborieux, le novillero arrive à reprendre les choses en main, déclenchant même la musique (peut-être aussi pour animer un peu la fin de cette tarde assez triste ?) ; cependant, il se verra obliger de continuer son travail dans les planches, où le novillo s’est réfugié et où il tombera, bouche fermée, d’une lame dans l’épaule, suivie d’un desplante qu’Olsina aurait pu nous éviter. Salut aux tiers.

            C’est bien dommage, tant pour les organisateurs que pour le public, que ce concours d’élevage, pourtant monté avec passion et soin, se soit révélé aussi décevant par « manque de toros ». De plus et comme souvent, plusieurs tercios de piques menés en dépit du bon sens n’ont certainement pas arrangé les choses.

Présidence de Thomas Thuriès, assisté de Bernard Arsicaud et de Philippe Labrouche.

Paseillo décalé de dix bonnes minutes (et pourtant, même pour les retardataires, l’heure était annoncée clairement).

À juste raison, aucun des prix mis en jeu n’a été décerné.