AIRE sur l’ADOUR - Dimanche 1er mai 2022

Novillada de HOYO de la GITANA pour José ROJO (violine et or), Manuel DIOSLEGUARDE ( bronze et or) et Isaac FONSECA (bleu ciel et or).

Jeune pour quatre exemplaires, diversement présenté et armé, ce lot de Santa Coloma a affiché de la faiblesse et une présence au cheval plutôt discrète. La volonté de bien faire des hommes n’a hélas pas suffi pour nous éviter l’ennui.

1er (3 ans un mois) : negro bragado peu armé, faiblot, remate aux planches. Son comportement au 1er tiers est tout de discrétion, avec une pique basse et une autre en venant au pas. Banderilles limitées à deux paires et sans poursuite. Devant un novillo aussi mobile qu’une statue, Rojo donne des passes à l’unité puis, par son obstination, réussit à animer quelque peu la « chose » ; c’est un moins pire à gauche, mais la charge reste bien mesurée. Passes de châtiment genou ployé, demi-lame en travers, deux descabellos et silence.

2ème (3 ans 7 mois) : cárdeno oscuro meano d’armure un peu fermée, qui vient au galop pour un simulacre composé d’une pique courte et d’une autre levée de suite ; Alberto Sandoval, qui a piqué en place mais quasiment pas, est bien sûr applaudi. 2ème tiers terne. Avec un animal de peu de charge, le 3ème tiers est tout aussi terne et se termine par deux mete y saca qui suffisent à coucher le cornu. Silence.

3ème (3 ans un mois) : bien assez lourd, mieux armé et astifino quoiqu’un peu bizco. Fonseca se fait de suite accrocher sans dégât. Le novillo fait illusion à la 1ère pique, tandis que la 2ème est levée de suite. Nouvelles banderilles sans poursuite, limitées à deux paires. Court de charge, l’animal se couche dès la 1ère série de derechazos puis avertit l’homme, qui évite de baisser la main afin de ne pas provoquer de nouvelles génuflexions ; il finit distrait et, peu ou pas dominé, piétine sans arrêt au moment du cadrage. Trois pinchazos plus ou moins profonds et silence. Enfin, l’arrastre suscite quelques réactions du public, jusque-là bien résigné.

4ème (3 ans) : un lourd negro mulato armé gachito et bizco, auteur (enfin) d’un tercio de piques digne de ce nom : arrivées au galop, poussée à la 1ère, entrée franche au cheval à chacune ; à noter aussi les mises en suerte de Rojo propres et efficaces. Poursuites aux banderilles (re-enfin !). Le novillero double énergiquement un opposant doté, lui, d’une vraie charge. Si l’homme se croise progressivement à droite, il reste bien prudent à gauche, et le tout est hélas trop précipité, sans exploiter pleinement les possibilités de l’animal. Mort par pinchazo et entière en avant. Le palco résiste à la demande d’oreille venant d’une (petite) centaine de mouchoirs ; vuelta pour l’homme et applaudissements pour l’arrastre.

5ème (3 ans un mois) ; costaud negro bragado lucero bien -voire très bien- armé qui accomplit son devoir face au picador en se contentant du minimum syndical. Son agenouillement aux banderilles provoque de nouveau l’arrêt prématuré du tercio. Nouvelle génuflexion en tout début de faena et coups de tête dans le leurre à chaque passe produisent une faena ennuyeuse ; pour couronner le tout, le novillo finit distrait et s’intéresse aux planches. Entière en avant, quelques mouchoirs de plus que précédemment, oreille gentille et arrastre hué, là aussi gentiment.

6ème (3 ans 7 mois) : Fonseca peine à fixer ce cárdeno oscuro, ce qui rend la mise en suerte malaisée. Une pique prise en se défendant, une autre en venant au pas après avoir pris son temps, et on passe à autre chose. Poursuite, mais à la 3ème paire de banderilles seulement. La faena débute par deux passes dans le dos, le novillo ayant chargé suite au jet de la montera. Il se montre d’abord mobile, serre l’homme à droite puis, assez rapidement, se met à charger au pas et à montrer son attrait pour les planches. L’entière qui nous libère n’est pas tout-à-fait dans le cou, mais cela n’empêche pas la sortie de quelques nouveaux mouchoirs supplémentaires, lesquels entraînent l’octroi d’une nouvelle oreille.

Présidence généreuse de Michel Florenza, assisté de Pascal Darquié et de Thibault Dupeyré.