ORTHEZ  – Dimanche 24 juillet 2016 (matin)

Novillada de EL RETAMAR pour Luis David ADAME (émeraude et or) et Adrien SALENC (cramoisi et or).

     Lot de présentation de correcte mais d’armures allant du bizarre au surprenant. Pour le comportement, Adame étant venu avec une demande d’ARTT, n’ayant pas daigné mettre ses adversaires en suerte et ayant obtenu l’arrêt du 1er tiers après une seule pique, que dire pour déjà deux des quatre novillos ? Seul le dernier nous a montré un vrai tercio de piques (encore que interrompu trop tôt) mais a fini en bon manso.

1er (3 ans 7 mois) : negro liston con trapio, moyennement armé, corne gauche douteuse. Il se montre faiblot dès la réception et est envoyé au cheval n’importe comment pour ne rien montrer (Oscar Bernal). Après un quite en faroles, le palco accède à la demande de changement (en novillada !). Banderilles correctes de la cuadrilla, avec poursuite. Après un début par passes cambiadas, la faenita se déroule au centre. Bien qu’Adame ménage son costume en usant du pico, la musique est lancée et ne désarme pas, même après un désarmé du novillero. Deux circulaires inversées en reculant pour la galerie et conclusion par entière en place d’effet rapide. Oreille avec mouchoir présidentiel sorti avant les cinquante des spectateurs.

2ème (3 ans 7 mois) : après un arrosage de la piste bienvenu, sort un beau castaño liston qui remate aux planches et serre à droite dans la cape. Il vient au galop pour une 1ère pique replacée (José Manuel Sangüesa) puis, remis en suerte plus près (?), revient pour un picotazo en arrière ; le novillo en sort indemne, pas les pitones. Banderilles à la charge de Salenc qui d’abord n’arrive pas à clouer par deux fois, pose une paire correcte et enfin frôle l’accrochage sur un quiebro, restant sur le frontal. Le novillero double bien son opposant, commence par toréer sur le voyage (musique bien sûr) puis se croise un peu plus à gauche. Nouvelles circulaires inversées. Conclusion avec deux pinchazos, demi-lame et descabello. Avis à douze minutes, silence pour l’homme, applaudissements pour l’arrastre.

3ème (3 ans 7 mois) : un castaño costaud qui remate violemment (aidé ?) et en sort commotionné, corne gauche cassée. Il est remplacé par un sobrero (même fer, même âge), castaño lui aussi mais mieux armé. Une pique (de nouveau) sans mise en suerte, en arrière et poussée, corne escobillée à la sortie, chute sur le quite et (nouvelle) demande d’arrêt du tercio. Il semblerait que les termes « mise en suerte » et « lidia » n’aient pas de traduction dans les dictionnaires mexicains. Adame se décide cette fois à banderiller avec un adversaire qui suit. Alors que le novillo est mobile et noble, la « faena » est un monument pueblerino, sans engagement, avec passage à genoux, circulaires, bernadinas … Heureusement pour l’homme que l’animal pardonne tout. Conclusion par une vilaine lame verticale et penchée (applaudie) ; face à une demande minoritaire et hors de propos, le président semble ne pas vouloir accorder l’oreille mais ne fait pas entrer les chevaux et finit évidemment par sortir le mouchoir blanc. Nouveau trophée donc et nouvel arrastre appaudi.

4ème (3 ans 7 mois) : autre castaño armé de façon commode, bien reçu après une larga à genoux. Son cheval ne voulant pas avancer, Gabin Rehabi doit en changer et met deux piques en place à un novillo qui le soulève à la 1ère et revient facilement à la 2ème. Enfin un vrai tercio de piques, hélas tronqué par une nouvelle faiblesse du palco. Banderilles de la cuadrilla cette fois avec arrêt à deux paires, le novillo ayant tendance à lever la tête avant juridiccion. Alors que Salenc débute à genoux au centre, son adversaire commence à lorgner les planches avec intérêt, plutôt côté toril ; la faena sera donc un va et vient entre tablas et centre pour finir au toril. Une explication pourrait être que la musique jouée à fond par les deux (ou les trois) bandas lui cassant les oreilles -en plus de casser les nôtres-, le rusé animal a trouvé ce stratagème pour se mettre au calme (relatif). Deux pinchazos, entière en avant et descabello ; nouvel avis en retard (douze minutes). Salut aux tiers poursuivi en vuelta généreuse.

Présidence laxiste.

 

ORTHEZ  – Dimanche 24 juillet 2016 (après-midi)

Corrida de HOYO de la GITANA pour Domingo LOPEZ CHAVES (framboise à parements blancs et or), Alberto AGUILAR (blanc et argent) et Emilio DE JUSTO (bordeaux à parements blancs et or).

     Lot présenté correctement, armé de façon diverse et pas toujours irréprochable, au moins vu des gradins. Quelques soupçons de bravoure ci et là jamais confirmés ; quant à la caste, elle était peut-être enfouie quelque part, mais personne n’a pu trouver où …, d’où la déception ressentie. Signalons par ailleurs le sérieux de Lopez Chaves dans son rôle de chef de lidia.

1er (4 ans 7 mois) ; negro bragado axiblanco lucero peu armé et bizco, serre de suite à gauche. Deux piques d’Oscar Bernal : une en arrière avec poussée, une autre dans l’épaule et replacée, passive. 2ème tiers correct sans plus, sans poursuite. Doublé avec sortie par le bas, l’animal regarde l’homme puis se fige. Devant ce bloc de chair, le matador donne quelques passes de châtiment et tue mal, sans s’engager outre mesure, avec tiers de lame en travers, 1/5ème de lame et entière basse. Silence.

2ème (4 ans 9 mois) ; haut negro armé moyennement. Sans mise en suerte, il est piqué et repiqué en carioca, revient seul de suite et, enfin (re)mis en suerte assez loin, il gratte puis vient au galop. Le picador Francisco Javier Sànchez sort sous les sifflets. Banderilles correctes, avec poursuite des hommes. A la muleta, Aguilar doit d’abord se bagarrer avec un opposant qui sort distrait de la passe, le fait reculer à gauche et devient tardo pour finir au toril. Pas dominé, le toro n’arrête pas d’encenser au moment du cadrage et meurt par pinchazo, 1/5ème de lame et quasi-entière portée par le large. Silence.

3ème (4 ans 10 mois) ; haut negro basto d’allure et laid d’armure, qui réussit à débarquer presqu’en douceur Gabin Rehabi à la 1ère pique puis vient de loin et au galop pour une 2ème bien tenue. Alors que Lopez Chaves a remis en suerte à la fin de son quite, De Justo demande et obtient le changement de tiers. Animal dur à banderiller, attendant les hommes. D’entrée de jeu au 3ème tiers, nous voyons que ce matador peu connu est un vaillant et nous sommes rassuré sur un autre point : lui aussi fait partie du club des hurleurs. Il torée sur la défensive à droite et recule imperceptiblement à gauche mais « ne lâche pas l’affaire ». Entière basse en avant, oreille et applaudissements exagérés à l’arrastre.

4ème (4 ans 2 mois) ; negro con trapio, profond, armé large, qui se retourne comme un chat dans la cape. Il pousse tête basse sous la 1ère pique de Manuel José Bernal puis vient au pas jusqu’à la raie à la 2ème, cette fois sans pousser. Banderilles rapides, correctes sans plus, sans poursuite. Lopez Chaves double bien son toro puis tente d’arracher quelques derechazos à ce « client » tardo et bronco qui finit par le désarmer. L’animal fait illusion à gauche, peu de temps certes mais assez pour déclencher une musique mal venue, puis se met à regarder les planches avec envie. Une dernière série, et ce travail sérieux et méritoire est gâché à la mise à mort avec une demi-lame tombée suivie de trois descabellos au toril, avec démarrages. Avis et silence.

5ème (5 ans 2 mois) ; autre negro con trapio, affublé d’une corne droite surprenante. Tercio de piques animé et lui aussi surprenant : 1ère en venant de loin, saute puis se défend, revient sans mise en suerte, 3ème prise en poussant, semblant de remise en suerte pour une 4ème et … changement de tiers, comme si le président, incapable d’ordonner de lui une 4ème rencontre ou non, avait attendu qu’Aguilar se découvre pour sortir le mouchoir ! 2ème tiers avec une lidia lamentable : trois banderilles posées dans la panique, le toro faisant ce qu’il veut. A la muleta, le matador commence par courir derrière un animal distrait, s’arrime, réussit à lier une série de naturelles ; tout cela finit aux planches avec un toro décomposé qui regarde de tous côtés, gratte, va de ci de là et fonce sur l’homme quand il ne sait plus quoi faire ; quelle caste ! (à moins qu’il ne s’agisse d’un problème de vue ?). Dans ces conditions, la mise à mort est un calvaire pour Aguilar, qui plante six pinchazos plus ou moins profonds et plus ou moins bas, soit par devant, soit par les bords, et entière verticale. Avis à onze minutes passées, quelques applaudissements.

6ème (4 ans 4 mois) ; negro armé brochito. De Justo est dominé à la mise en suerte, le toro pousse tête basse ; suit une longue pique pompée avec venue au pas. Toro arrêté aux banderilles. Le matador se fait de nouveau « manger » sur ses doblones, puis sert des derechazos en reculant ; les naturelles, corps vertical mais fuera de cacho semblent plus sereines. Bien qu’heureusement courte, la faena, entre un toro sans charge et un torero qui hurle, reste pesante. Passes de châtiment et conclusion par pinchazo et entière en place. Nouvelle oreille, qui ne s’imposait pas, mais donnée je suppose pour éclairer d’une sortie a hombros cette tarde de toros bien grise.

Présidence trop peu dirigiste de Philippe Lalanne.

     A côté du sérieux : annoncer au micro -en plus du panneau en piste- les numéro, nom et date de naissance des novillos et des toros ainsi que le nom du picador, il y a eu du moins sérieux, tel que musique intempestive durant certaines faenas et banda qui joue avant même l’entrée du train d’arrastre. A noter une fréquentation en baisse, faible le matin, plus importante l’après-midi (conséquence des récents attentats ? concurrence des Miura de Mont de Marsan ?).