ORTHEZ  – Dimanche 27 juillet 2014 (matin)

Novillada de VALDELLAN pour Juan MILLAN (moutarde et or) et Tomàs ANGULO (jade et or).

Lot de présentation hétérogène et de comportement d’ensemble intéressant.

1er : negro armé gacho et bizco bien amené au centre. Placé trop loin, il doit être rapproché pour sortir seul d’une pique en arrière et revenir au cheval ; même chose à la 2ème rencontre, le peon finissant par l’envoyer sous la monture pour un picotazo. Le novillo est difficile à banderiller car ne démarrant que tardivement : un passage en faux, une paire habile, une correcte et … arrêt. Après des doblones, Millan sert une série de derechazos main basse mais sur le pico et se fait désarmer à la 2ème. Un essai à gauche prudent et bruyant, retour à droite toujours profilé et autre tentative à gauche aussi peu concluante. Bajonazo en travers et silence.

2ème : lourd, armé gacho, saute et jette les pattes dans la cape. Il pousse sous deux piques, 1ère en arrière et carioquée ; pourquoi pas une 3ème ? Ah oui, c’est vrai, le novillero a demandé et le palco a suivi !  Et de nouveau arrêt du tercio de banderilles à deux paires, peut-être au prétexte que la 3ème a été manquée … Angulo débute sa faena au centre sans avoir doublé son adversaire et le président lance la musique sans attendre. L’animal, noble et mobile, vient de loin et l’homme cite muleta en avant ; il se croise à gauche mais prolonge trop la série ; le novillo le serre puis cherche les planches. Des trincheras suivent des doblones mais le novillero, trop confiant, se fait prendre de plein fouet et, commotionné, doit être évacué ; il revient en piste et tue de ¾ de lame basse, verticale et en avant, recevant un choc au genou. Deux oreilles et vuelta à la dépouille, les deux pour moi exagérées ; peut-être qu’avec une 3ème pique … Reconnaissons au moins que le président a sorti les deux mouchoirs blancs en même temps.

3ème : plus léger et plus haut, armé brochito et bizco, soulève le cheval. Pour lui faire passer ses mauvaises manières, le picador place la 2ème pique en arrière puis dans l’épaule. Grand 2ème tiers avec deux paires qui tombent, deux passages en faux, deux banderilles plantées en deux fois et arrêt ! Après des doblones, Millan prend de suite la main gauche ; son novillo met la tête mais chute puis se montre noble et fade. L’homme alterne bien sur les deux cornes, mais deux nouvelles chutes viennent ternir l’ouvrage. Il finit par le faire tourner autour de lui dans le petit périmètre et l’animal va aux planches tandis que la banda massacre joyeusement Nerva. Il le ramène au centre pour loger 1/6ème de lame et, optimiste, attend longuement avant de planter un bajonazo. Avis tardif, salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre. De façon surprenante, la banda commence à jouer dès que l’on accroche la dépouille et s’arrête dès que la porte de l’arrastre a été franchie.

4ème : grand, armé gacho et court à gauche, remate violemment. Angulo tente une larga à genoux et doit jeter la cape pour se protéger. La réception se poursuit, lente et soignée, conclue de deux belles demi-véroniques. Le novillo s’échappe au cheval et le soulève par l’arrière ; la 2ème pique est de nouveau mal placée, trop en arrière. Encore quatre banderilles seulement au 2ème tiers, mené vite et mal. La faena est réalisée au centre, avec un animal mobile mais distrait et qui, très vite, baisse de ton et devient soso. Angulo tue au centre par mete y saca et entière contraire en avant engagée. Oreille.

Présidence : David Roca, paraissant peu assuré.

Salut du mayoral (oui, bon …). Le prix pour le meilleur tercio de piques n’a pas été attribué.

 

ORTHEZ  – Dimanche 27 juillet 2014 (après-midi)

Corrida de LOURO FERNANDES de CASTRO pour José Miguel PEREZ « JOSELILLO »(blanc et or), Manuel Jesùs PEREZ MOTA (blanc et or) et Imanol SANCHEZ (bleu nuit à parements et or).

Lot sérieux de trapio et d’armures, homogènes en poids et en âges. Les applaudissements qui ont salué l’entrée de ces toros en sont restés là, car le manque de combativité pour ne pas dire de caste a ensuite généré surtout de l’ennui. Il faut reconnaître aussi que les hommes en piste n’ont pas fait montre d’une entrega phénoménale.

1er (4 ans 5 mois, 520 kg) ; beau castaño oscuro ojo de perdiz, bien reçu et qui vient de loin pour deux piques en arrière levées de suite, avec changement alors qu’il a été remis en suerte. Il se fige aux banderilles, deux paires habiles et une correcte. Après doblones et deux courtes séries de derechazos, le torero est poursuivi à la 3ème naturelle. La faena est brève et conclue d’un quart de lame (avec nouvelle poursuite) et bajonazo en avant. Silence.

2ème (4 ans et demi, 500 kg) ; negro meano au poil lustré, astifino, qui ne montre pas grand-chose sous trois piques : 1ère dans l’épaule, 2ème en venant au pas, 3ème « pour voir » et protestée. Banderilles correctes, avec un toro qui suit sans accélérer. A la muleta, la charge est longue à se déclencher et incertaine, l’animal cherche l’homme des deux côtés, le leurre est accroché et le public s’ennuie. Entière basse d’effet rapide, silence et applaudissements surprenants à l’arrastre.

3ème (4 ans 3 mois, 500 kg) ; magnifique castaño tostão ojo de perdiz, bien armé. Placé près du cheval, il subit passivement deux piques basses. 2ème tiers heurté à la charge du maestro, l’animal attendant l’homme puis le poursuivant. Il pèse à droite dans la muleta puis ralentit dans la passe ; à gauche, il regarde plus l’homme que le drap. Sànchez réussit à l’embarquer lors d’une série à droite et revient à gauche pour constater qu’il est toujours distrait et de plus tête haute. Une lame transperçante et une autre basse, avec sa façon si particulière de se jeter sur le toro en entrant « a matar ». Mort au toril, avis et silence.

4ème () ; negro armé large, fuyard, qui désarme Joselillo. Lui au moins pousse aux planches sur une 1ère pique appuyée mais vient en trottinant et sort seul de la 2ème et secoue à la 3ème. Le 2ème tiers est rapide et bien mené tandis que le toro suit. Au 3ème tiers, il manifeste son peu d’intérêt pour le combat en cherchant les planches ; le matador l’en sort à deux reprises, se résout à le toréer aux planches et abdique peut-être un peu vite, échouant de plus à l’estocade avec cinq mete y saca de plus en plus prudents, 1/5ème de lame dans l’épaule et descabello. Sifflets pas totalement injustes.

5ème (4 ans 5 mois, 515 kg) ; negro à la corne abîmée qui cogne au burladero. La réception est applaudie par le public qui commence à s’ennuyer ferme. Une 1ère pique basse parfaitement anonyme, une autre en poussant un peu après être venu au pas, une 3ème en venant au galop mais sortant de suite ; le picador, correct, est applaudi. Salut d’Agustin Gonzalez pour une 2ème tiers correct, avec poursuite. Mobile, le toro serre à gauche et lève la tête en fin de passe lors de deux séries à droite. Retour à gauche avec une charge devenue saccadée ; l’animal –pas soumis ?- sera resté distrait du début à la fin de la faena. Bernadinas pour finir, un tiers de lame qui vole, demi-lame en avant et deux descabellos. Avis et silence.

6ème () ; negro très armé qui d’abord fuit les capes puis se fixe assez vite et prend deux piques en poussant par à-coups (2ème en arrière et replacée). Le palco en exige une 3ème, le matador place son toro loin pour montrer qu’il ne viendra pas et doit bien sûr le rapprocher. Banderilles inégales avec une 1ère paire risquée, deux paires correctes sans plus et un violin dans l’épaule. L’animal envoie la corne gauche sur les doblones, montre une charge courte, parcimonieuse, se défendant plus qu’il n’attaque et finit au pas. Entière en avant en se jetant et vuelta tiède.

Présidence correcte d’André Cabannes.

Le prix au meilleur tercio de piques est attribué à José Aguado, qui a piqué le 6ème toro, alors que l’attribution au picador du 5ème m’aurait semblée plus juste.