HAGETMAU – Dimanche 3 août 2014

Novillada de Da Rocio de la CAMARA pour Daniel MARTIN ESCUDERO (turquoise à parements blancs et or), « FILIBERTO » (rouge à parements blancs et or) et Gines MARIN, remplaçant Vicente SOLER, blessé (vieux rose et or).

Lot très bien présenté, la plupart bien armés. Oui, ces novillos étaient bourrés de « défauts » : pas de fixité au cheval, mansos, cherchant les planches, voire le toril, … Mais peut-être que si le mot « lidia » n’était pas désormais banni du langage, du bagage et du comportement de beaucoup de novilleros, nous aurions vu autre chose au cours de cette novillada ; merci à eux et surtout à leur entourage.

1er :negro liston, astifino, fin de ligne et … faible. Il trébuche à son entrée en piste et, après avoir cogné au cheval, sort à genoux d’une pique levée de suite. Il suit comme il peut aux banderilles, traînant le postérieur gauche. Bien que mobile, il s’affale tout au long de la faena, et Martin ne veut pas comprendre qu’il lui faut abréger. Demi-lame contraire en avant et descabello. Silence.

2ème : castaño plus lourd, bizco, qui cogne puis pousse un peu sous une pique basse et revient seul pour un picotazo ; pourquoi pas une 2ème vraie rencontre ? Et pourtant, le palco résiste après deux paires de banderilles à cornes passées et en exige une 3ème, cette fois correcte. A la muleta, le novillo vient de loin mais cherche les planches ; Filiberto l’en sort à deux reprises, en vain, car il n’arrive pas à lui garder la tête dans le leurre sur la corne gauche. Tout cela finit bien sûr dans la querencia où l’animal, après une demi-lame penchée, meurt de deux descabellos entrecoupés de démarrages. Avis, silence pour l’homme et applaudissements timides pour un novillo qui méritait une autre lidia (enfin, une vraie …).

3ème : léger negro liston d’armure courte pour ne pas dire plus. Après des véroniques genou ployé, il met le désordre en piste, les hommes n’arrivant pas à le tenir pour placer correctement le cheval. Nouvelle mono-pique en place, prise en poussant un peu de la gauche. Poursuite au 2ème tiers. Le novillo va au toril, terrain dans lequel Marin se met en difficulté à force de tenir la muleta à bout de bras, frôlant l’accrochage. Un tiers de lame plate logé au petit bonheur et sept descabellos portés sans conviction, avec démarrages de l’animal et envol des capes. Silence et probablement autre novillo gâché par non sens de la lidia.

4ème : beau castaño oscuro, playero et astifino, reçu par larga à genoux limite. Avant que le cheval soit placé, il échappe aux hommes pour une longue pique pompée, promenant l’ensemble équestre ; nouvelle résistance du président pour une 2ème pique en place, sans mise en suerte. 2ème tiers bâclé avec une belle application (c’est quand même le 3ème novillo de la tarde qui fait tout ce qu’il veut et que ce qu’il veut en piste). Après avoir constaté que son opposant envoie la corne à gauche, Martin fait illusion sur une série à droite puis se fait accrocher le leurre. Il sort l’animal des planches, voit qu’il s’éteint et, après des bernadinas mal venues, peine à le cadrer et à l’occire : entière en avant et huit descabellos au milieu des démarrages du novillo. Avis à 12 minutes et silence.

5ème :un colorado bien armé, qui prend bien la cape mais se révèle faible, Filiberto se révélant, lui, incapable de le mettre en suerte. La 1ère pique est joyeusement pompée et rechargée ; heureusement, le palco tient pour en imposer une 2ème, en arrière et levée de suite. 1ère et 3ème paires de banderilles correctes. Malgré la noblesse et la mobilité de son novillo, l’homme nous saoule par son placement marginal et par son abus du pico. 1/5ème de lame et deux descabellos avec de nouveau démarrages de l’animal. Avis, vuelta tiède et applaudissements à l’arrastre.

6ème :negro bragado d’armure correcte, abanto, fuit les capes et n’est pas fixé à l’entrée du picador. Ce manso fuit le cheval puis cogne violemment, est piqué longuement dans l’épaule, débarque le cavalier et renverse sa monture ; 2ème pique en arrière et elle aussi longue, personne ne se précipitant pour le sortir (c’est mieux qu’une 3ème, non ?). Festival de capotazos aux banderilles, avec poursuite à la 1ère paire. L’animal met les cornes dans le sol au 2ème doblon et se casse le piton droit. La charge est brusque, voire violente, ponctuée de hachazos, puis le novillo gratte et devient tardo, ne se privant toujours pas d’accrocher la muleta à chaque passe. Marin ne rompt pas mais nous lasse avec ses hurlements et par un desplante inopportun. Deux désarmés au moment du cadrage, 1/5ème de lame en travers, entière tombée, avis et applaudissements.

Présidence surprenante : tantôt aux ordres des (apprentis) toreros, tantôt un peu plus sérieuse et exigeante ensuite.