Rappel, pour combattre les effets d’Alzheimer

Samedi :

  • 6 Garcigrande pour Sébastien Castella, Manzanares et Alberto López Simón

Dimanche :

  • novillada matinale annulée pour intempéries (renvoyée  en septembre le dimanche matin ?) 
  • 6 Daniel Ruiz pour Juli et Andrés Roca Rey

Lundi :        

  • 6 Pedraza de Yeltes pour Manuel Escribano, Thomas Joubert et Juan del Álamo

Les "toros"

Affichage des poids assez fantaisiste, comme d’habitude… présentations plutôt inégales d’armures, de corpulence et de trapío… forces trop souvent déficientes (1 ou 2 vraies piques sur les 12 premiers toros)… race évaporée, surtout chez Daniel Ruiz… noblesse quasi parfaite et unanime, jolie mobilité.

Tout de même, 2 toros avec un peu de « peps » chez Garcigrande et autant chez Daniel Ruiz ; 1 a chaque fois trouvé son grand maître en la personne de Sébastien Castella et de Juli

Sans atteindre le niveau de 2 années précédentes à Dax, les Pedraza de Yeltes ont donné de l’émotion, eux, par leur trapío, leur présence en piste, leur poussée à la pique et leur jeu.

Les toreros, façon SMS

Samedi : Sébastien Castella en majesté

Dimanche: Juli, l’absolue maîtrise de la lidia

Lundi : Thomas Joubert, la pureté de l’art

Les toreros

Car, si la tonalité d’ensemble était au-dessous de la promesse des cartels, il y a eu chaque jour un très grand moment de tauromachie, ce qui n’est pas si courant.

° Enfin débarrassé de tout souci de prouver quoi que ce soit, Sébastien s’épanouit et atteint les sommets. Pour notre bonheur. Détendu, sûr de lui, souriant, communiquant avec le public, il donne à son second toro une magnifique faena en ascension continue, sans le moindre heurt. C’est à peine si on l’a vu passer à "l’encimisme" quand le toro a baissé de ton. Une belle estocade et le rabo se profile… Las ! Une entière en bonne place ne conclut pas. Trois descabellos ratés. Le toro se couche. Le public unanime exige 1 oreille ; suit une vuelta aussi sonore que chaleureuse. Magnifique.

Ah ! En réception, deux tercios de cape majuscules de temple et d’autorité : quasiment les seuls de la feria. Monsieur Castella !

- Manzanares pas avec un très bon lot, certes, mais pas dans un bon jour. Pourquoi vouloir imposer d’entrée son tourniquet à un toro réticent ou faible ?...

- López Simón toujours avec son style et sa personnalité prometteurs de grandes choses. Mais après Castella, on voit beaucoup la distance encore à parcourir pour faire mûrir ses dons…

° Sans oreille jusqu’à son dernier toro, on devine Juli déterminé à forcer le triomphe. Lui aussi tombe sur un toro avec du jus et quelques scories. Prise en mains autoritaire mais sans aucune violence, sans faire trop humilier le toro. De fil en aiguille, le toro finit par se rendre et suivre la muleta sans heurt. Intelligence torera, savoir et pouvoir. Un régal ! Comme à son premier, le maître nous régale au final de quelques passes en se tenant bien droit, en faisant passer le toro tout près de lui… Mais c’est qu’il a du style, quand il veut ! Monsieur Juli !

- Andrés Roca Rey a toujours cette insolente tranquillité à la tête du toro et ce temple inné. Mais lui aussi a besoin de mûrir, tout comme López Simón et pour les mêmes raisons. On ne peut pas construire une carrière sur l’étonnement du public par des gestes inattendus, qui seront bientôt parfaitement prévisibles !

° Avec son premier toro, Thomas étonne. En se déplaçant en piste comme en toréant, il remplit l’espace : gestes lents, sans affectation, pleins de sentiment, dans l’oubli total de son corps (amanoletados, diront les… très anciens !). Un second de quasiment 600 kg et qui semblait les faire, bien armé, puissant au cheval -ah ! le beau tercio de Mathias Forestier-. Il s’avère noble, de charge puissante, longue et douce. On se prend à rêver… Le rêve devient réalité. Le vrai Thomas avait pointé le bout du nez depuis longtemps. On l’avait vu éclore ces dernières années. Là, il s’est épanoui. Deux oreilles et vuelta légitime au formidable toro.  
Thomas a sa place dans toutes les ferias… pourvu que les figures n’en prennent pas ombrage, rapport à leur image. Monsieur Joubert

- Manuel Escribano, prestation un peu discrète…

- Juan del Álamo connaît son affaire mais il vocifère trop. A noter que malgré un 3e avis imminent –son toro n’humiliait pas d’un centimètre et n’avançait pas davantage quand il lui envoyait la muleta pour estoquer-, il a eu le point d’honneur de se risquer la peau en entrant droit pour une épée bien placée. Chapeau, Monsieur Álamo.

Le nouvel Arles n’est pas mal parti. Mais il faudra améliorer les toros « à vedettes »… Suerte !