Ils ont trouvé le FIT !


Photo du quotidien NTR
De gauche à droite : Antonio Barrera, José Cutiño, Morante de la Puebla, Simon Casas

 

Au nom de la société, Espectáculos Taurinos de México SA (ETMSA), propriété du mexicain Alberto Baillères, l’ancien torero Antonio Barrera, d’autre part impresario de Morante de la Puebla, a dévoilé le jeudi 15 janvier à Madrid, en compagnie des nouveaux associés Simon Casas et José Cutiño, la naissance de la "Fusion Internationale par la Tauromachie" (FIT), un "projet global" entre l'Espagne, la France et le Mexique pour renforcer et défendre la Fête. À noter que cet événement, qui a provoqué une curiosité médiatique considérable, a réuni de nombreuses personnalités du monde taurin. Parmi lesquelles,  outre Morante de la Puebla, Victoriano del Rio et fils, Pablo Lozano, Daniel Ruiz, Juan Diego, Carlos Nunez, Álvaro Domecq, Fermin Bohorquez, Juan Pedro Domecq, Justo Hernandez, Ginés Marin, Antonio Banuelos, Sancho Dávila, Henry Paton, Juan Miguel Torres, Gomez Escorial, Joaquín Galdós, Pepe Ibáñez, Zacarias Moreno, Gerardo Roa, El Tato, Daniel Luque, Borja Domecq, Marie Sara, José Luis Blanco, …

Au point de départ il y a, donc, le mexicain, Alberto Baillères, qui dispose de la puissance financière et dont l’éclatante réussite prouve qu’il sait la gérer.
Il contrôle le conglomérat d'entreprises et de sociétés du Grupo BAL qui comporte, des industries minières (la plus grande production d'argent au monde et la deuxième production d'or au Mexique), des compagnies d’assurance, des banques d’investissement, une chaîne de grands magasins, un groupe agro-industriel,  des brasseries, des chaînes de télévision, … et la société, Espectáculos Taurinos de México SA (ETMSA), présentée comme "la division taurine du groupe BAL". (
Ces renseignements sont tirés du site mexicain ADVFN

José Cutiño, ancien professeur d’éducation physique devenu valet d’épée d’Espartaco, s’est, à partir de là, reconverti avec succès dans les affaires taurines. Il a administré Javier Buendia, Joao Moura, Miguel Angel Perera, Fermin Bohorquez, Antonio Ferera … Il gère actuellement les arènes d’Olivenza, Badajoz, Málaga, Almendralejo, Zafra, Don Benito, Pozoblanco et, associé à Simon Casas, Saragosse.

Quant à Simon Casas, il n’a plus besoin d’être présenté.

Patrick Beuglot a fait sur son site, Toros 2000, une complète et plaisante, mais peu rassurante, analyse de ce FIT.

En voici le titre, "CUCURRU…COCUUUUUUUUS!!!!  ou "Fit"dit… "Fit" fait !!!"

À ne pas manquer.

 

  • Inocente Cándido mer, 01/21/2015 - 16:42

    Beaucoup de questions !

    Pourquoi Alberto Baillères, deuxième homme le plus riche du Mexique, derrière Carlos Slim, et trente-deuxième dans le monde, selon le magazine "Forbes", avec un patrimoine évalué à 21 000 millions de dollars, réalise-t-il une OPA sur la tauromachie européenne après avoir monopolisé celle du Mexique ?

    Cet homme avisé estimerait-il que les activités taurines surmonteront la crise actuelle et qu’il y a encore de l’argent à se faire dans ce secteur ? Ou bien ce vieil aficionado sacrifierait-il une petite partie de sa fortune pour venir sauver notre fiesta ?

    Alberto Baillerès et son épouse, à Las Ventas durant la San Isidro - Photo ABC

    J’avoue préférer la seconde hypothèse. Il n’est pas parti de rien, se contentant de multiplier par sept la fortune héritée d’un père déjà fort riche. Après de solides études économiques, il devient brillant manager, en même temps qu’il s’affiche, toujours avec tact et relative discrétion, protecteur des universités, animateur de diverses œuvres philanthropiques, bon époux et bon père (sept enfants), catholique fervent et solide aficionado a los toros. N’est-ce pas trop beau ?

    Quoi qu’il en soit cet homme de 83 ans est désormais à la tête d’un empire taurin inédit par sa dimension mondiale. Pour autant que nous lui réservions un préjugé favorable, qu’en feront ses successeurs ? Quelle va être l‘influence bienfaisante ou nocive de ses actuels associés ?

    Il est à craindre que la Fête soit sacrifiée au business, qu’elle aille par petites touches vers ce que pourraient supporter des sensibilités dites « modernes », la corrida incruente (en français, sans sang). La multiplication des "toros artistes", le pitoyable bâclage du premier tiers, les indultos tous azimuts, en sont la préfiguration. La corrida light parviendra-t-elle à remplir de plus en plus et longtemps les grandes arènes ?  Il faudrait pour cela qu’elle attire de nouveaux publics ? C’est là que nos organisateurs se mettent le doigt dans l’œil.

    Les seuls gardiens du temple restent les aficionados type FSTF. Sur le forum de ce site, CHF se livre à une fort pertinente analyse des conséquences de ce FIT, sans doute moins avantageuses que celles que promet le mot homonyme (d'origine anglaise) à une paire de partenaires bons bridgeurs, tandis que "El Giraldillo" émet un souhait qui peut se résumer par une parodie du slogan de  Karl Marx : «Aficionados de tous les pays, unissez-vous !»

    En attendant, défendons et remplissons Vic, Céret et toutes nos arènes de troisième catégorie, c’est là que subsiste, petite braise encore ardente sous la cendre, le seul espoir d’un reflamboiement..

    Inocente Cándido