Samedi 7 juin : corrida d’Adolfo Martin

Origine : MARQUES DE ABASERRADA (Santa Coloma-Saltillo)

4/5 d’arène. Très chaud, sans nuage.

Ensemble bien présenté, homogène, souvent léger mais bien armé. 14 rencontres au cheval.

1/4 d’heure de retard au paseo (prix et récompenses décernés au FUNDI).

Mano a mano : Antonio FERRERA et Manuel ESCRIBANO.

La course a été décevante : toros décastés. Antonio Ferrera n’a pas su résoudre les problèmes posés par ses adversaires. Salut au 3ème.

Manuel Escribano se fait remarquer par ses poses de banderilles aux planches. Il salua au 2ème, les toros s’éteignirent assez rapidement.

Au 4ème, il réussit quelques beaux gestes des deux côtés et une belle estocade.  Le président a accordé la 2ème oreille en regardant le public, ce qui est proprement scandaleux  (une eut largement suffi) !

 

Dimanche matin 8 juin

CEBADA  GAGO  (sang Nuñez  Jandilla Torrestrella)

4/5 d’arène. Très beau et chaud.

Un quart d’heure de retard dû aux personnes qui ne respectent pas la loi et qui perturbent un spectacle autorisé depuis des siècles ! Comment imaginer un état de droit où trente personnes « hors la loi » insultent 6000 spectateurs assistant à une réunion entre un matador et un animal, totalement légale ! Cela pose problème.

Luis VILCHES,   Alberto AGUILAR  et  Manuel Jésus PEREZ MOTA  étaient à l’affiche.

La présentation fut remarquable et heureusement la surprise finale fut à la mesure des espérances initiales. Les deux premiers étaient faibles et malgré la volonté de Luis VILCHES (salut) et d’Alberto AGUILAR  (silence) nous nous dirigions vers une matinée de déception.

Mais il y eut Manuel Jésus PEREZ MOTA et tout sembla plus facile. Ce matador quelque peu délaissé possède des qualités bien au-dessus de la moyenne : envie, sens du sitio, poignet, toque. C’est ainsi qu’il put convaincre déjà à son premier toro (salut très applaudi).

Alberto AGUILAR ne fut pas favorisé par le sort et excepté quelques gestes on ne retiendra que peu de choses de son apparition.

En revanche Luis VILCHES, très classique, sans fioriture, froid pour certains, magnifique pour d’autres, grâce à son professionnalisme et sa belle épée coupa une oreille au 4ème.

Enfin le dernier CEBADA est entré.  Il était mobile et brave (4 piques). Manuel l’a vu, s’accordant avec lui, il put en tirer la quintessence, ce qui lui permit de couper les deux oreilles après un travail sur les cornes,  droite et gauche, très croisé et une épée magnifique. Le président permit à l’animal d’effectuer une vuelta al ruedo. La féria était lancée !

« La perfection est atteinte lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter ».

Dimanche après-midi

Toros de PAGES-MAILHAN  (sang Parladé SANTA COLOMA)

4/5 d’arène. Temps très beau et chaud.

Dix minutes de retard au paseo. Signalons que de nombreux toros se sont blessés lors du débarquement, ce qui fausse le jugement final.

Morenito de ARANDA,   joselito ADAME,   Thomas DUFAU.

Ensemble bien présenté mais souvent faible. On déplore qu’aucun changement nominatif de toro n’ait été signalé par l’organisation. Morenito et Joselito sont dépassés en ce moment ,  excepté quelques gestes à la cape de  Adame  il ne reste rien à noter. Mais que dire de la mise en suerte à la pique du 2ème toro de Morenito ! Il restait Thomas Dufau : professionnel, honnête mais dont les faenas semblent stéréotypées et parfois trop longues. Cependant l’estocade fut excellente et l’oreille au 6ème est totalement méritée.

Ici ou là certains considèrent la tauromachie surannée et dérisoire mais « c’est tellement plus beau lorsque c’est inutile ! »

 

Lundi 9 juin

Temps couvert et chaud.

3/4 d’arène. Président  M. Javier Molero, assesseurs Joaquin Camacho et Jean Franck Passicos.

Doña Dolores AGUIRRE YBARRA (sang Atanasio Fernandez  conde de la Corte) furent magnifiquement présentés, faisant preuve de beaucoup de jeu et de force à la pique mais sortant souvent seul au cheval (25 rencontres).

Fernando ROBLEÑO. Il eut beaucoup de problèmes avec ses deux adversaires. A son premier il eut le mérite de montrer ses qualités de lidiador. Malheureusement ses 3 pinchazos et une entière ne permirent aucune récompense. Salut.

Javier Castano. Il fut en dessous de ses deux adversaires et ses banderillos, pourtant réputés, ont également souffert. Ne parlons pas de ses pathétiques  mises en suerte au cheval (4 piques). Le toro méritait une vuelta et M. Molero a cru bon d’activer la sortie des mules…

Alberto LAMALAS : il sauva la mise. Au 3ème toro il se battit des deux côtés, tua correctement et se vit refuser une vuelta par quelques individus qui décidément, devraient se renseigner sur les fondamentaux de la tauromachie.

Le 6ème fut indéniablement un morceau  d’anthologie. Un manso de catégorie qui faillit franchir les planches et sema une panique considérable dans le ruedo, comme nous ne le vîmes plus depuis des décennies .  Le piquero voulut entrer dans son terrain et il le regretta ! La faena fut épique. Comment fixer un tel toro ? Alberto le fit grâce à quelques séries de derechazos d’un courage sublime.  L’épée entière méritait les deux oreilles mais le président mit du temps à en accorder une ! Il effectua 2 vueltas sous les acclamations.

Heureusement que le ridicule ne tue plus ! Aficionados à los toros « il faut perdre ses illusions mais garder ses idéaux … »

André Régagnon