VIC FEZENSAC – Samedi 7 juin 2014
 
Corrida de D. Adolfo MARTIN pour Antonio FERRERA (fuchsia et or) et Manuel ESCRIBANO (violet à parements blancs et or) en mano a mano ; sobresaliente : MORENITO de NÎMES (blanc cassé et or).
 
Lot de trapio moyen, armé correctement, et hélas faible et insipide. Relevons au moins un point positif dans cette tristesse : il aura été impossible de voir la couleur de la langue de ces toros, car tous sont arrivés à la mort bouche fermé. Souvent, l’aficionado doit savoir se contenter de peu.
 
1er (5 ans et demi) : armé large mais court, co-auteur d’un tercio de piques sans relief, les deux premières en venant au trot ; la 1ère est basse et pompée, la 3ème pompée et rechargée alors qu’il tente de déséquilibrer le cheval. Les banderilles, partagées entre les deux matadors, sont correctes sans plus, avec poursuites molles. Tout aussi molle, voire flageolante, est la charge de ce toro ; la faena, principalement sur la corne gauche, est brève et agitée, Ferrera bougeant beaucoup. Conclusion pénible avec mete y saca dans l’épaule par le large, pinchazo et bajonazo en avant ; mort au centre. Applaudissements clairsemés.
 
2ème (5 ans 7 mois) : càrdeno claro très armé qui saute dans la cape. La 1ère pique est en place mais la 2ème, sans mise en suerte, est en arrière et l’animal sort en trébuchant. Au 2ème tiers, encore partagé bien sûr, le toro attend les hommes puis suit, Escribano clouant deux paires correctes. Malgré les –ou à cause des (?!)- hurlements de l’homme, la charge, déjà chiche, s’arrête rapidement. ¾ de lame plate, tombée et en arrière, suivie de 4 descabellos. Silence. 
 
3ème (5 ans et demi) : un veleto qui prend son temps pour sortir puis court de ci de là. Il se rapproche et prend une pique appuyée en malmenant le cheval, reste discret à la 2ème puis vient du centre mais au pas pour la 3ème, brève. Ferrera varie sa façon de banderiller, sans éclat cependant, et le toro ne suit pas. Encore un faiblard à la charge parcimonieuse, qui cherche à droite tout en économisant ce qui lui reste de faiblesse. Le torero ne ménage pas ses efforts pour tenter d’animer la faena, réussissant seulement à la rendre bien longue pour nous. Entière basse portée avec décision, d’effet rapide. Salut aux tiers ; il s’en trouve pour applaudir l’arrastre … 
 
4ème (5 ans 3 mois) : saute dans la cape et bien reçu. La mise en suerte par chicuelinas marchées et revolera est soignée, sauf que le toro vient au cheval en suivant l’homme pour une pique levée de suite, comme la 2ème. Lui au moins suit aux banderilles, Escribano plantant al quiebro dans les planches après un cite assis à l’estribo. L’animal, noble, charge mufle au sol et, s’éteignant vite, finit lui aussi au pas ; la faena est templée mais sans engagement. Une quasi-entière en place suivie de beaucoup de singeries déclenche une pétition bruyante provoquant l’apparition de deux mouchoirs … à plus d’une minute d’intervalle. A croire que le règlement taurin est fait pour les chiens …
 
5ème (5 ans et demi) : bien armé, il remate comme un marteau-piqueur au burladero, puis fléchit déjà à deux reprises à la cape. Les deux piques sont vrillées, la 1ère étant de plus pompée alors que Ferrera hurle, mais on ne sait ni quoi ni pour qui. Et c’est reparti pour le partage des palos, à cornes passées (Ferrera, 1ère) et sans poursuite. L’animal fait d’abord illusion en montrant un peu plus d’allant que ses prédécesseurs, mais cette illusion est brève et il finit arrêté. Le torero abrège et conclut par pinchazo et bajonazo, et on attend que le toro se couche, se relève, se recouche. Quelques applaudissements.
 
6ème (5 ans 5 mois) : piqué de manière appuyée au milieu du dos, il revient pour une 2ème, puis une 3ème dans l’épaule et encore appuyée. Banderilles quelconques et extinction des feux immédiate au 3ème tiers. Escribano insiste brièvement face à un pauvre « adversaire » qui fait trois pas et s’arrête dans le leurre, et nous libère du pensum après quatre pinchazos de profondeur variable, 1/5ème de lame et descabello. Silence.
 
Présidence : Marc Amestoy, démagogue, assisté de Joaquim Camacho et de Roland Goergen.
 
Paseo retardé de 14 minutes ; cause invoquée : l’affluence aux guichets, liée elle-même à l’intensité du trafic routier. Là, il faudrait arrêter de se moquer du monde :
1- La feria de Vic a lieu chaque année pour Pentecôte, et chaque année, Pentecôte est un week-end de trois jours et de grande circulation routière ;
2- Cette façon de faire incite certains à continuer d’arriver en retard, puisqu’on les attend pour commencer ;
3- C’est parfaitement impoli vis-à-vis de la majorité du public qui, elle, a fait l’effort d’être à l’heure ;
4- Et c’est encore plus impoli vis-à-vis des toreros qui attendent dans le couloir des arènes.
 
 
       
VIC FEZENSAC – Dimanche 8 juin 2014 (matin)
 
Corrida des héritiers de D. José CEBADA GAGO pour Luis VILCHES (vert émeraude à parements blancs et or), Alberto AGUILAR (vert amande à parements jais et or) et Manuel Jesùs PEREZ MOTA (bleu nuit et or)..
 
Lot très bien présenté, avec des robes variées et un comportement d’ensemble intéressant, avec un peu de faiblesse çà et là. Heureusement, le bon 6ème a permis de bien terminer cette matinée.
 
1er (5 ans 3 mois) : très armé et reçu élégamment, bien mis en suerte pour deux piques, l’une brève, l’autre très brève : nous ne sommes pas loin du simulacre. En dépit des ralentissements du toro avant la pose provoquant deux passages en faux, les banderilles sont propres, avec poursuites. Face à un animal noble, voire noblissime, Vilches, toujours aussi élégant, reste marginal à droite et se croise heureusement un peu plus à gauche dans une faena au centre de la piste. Deux pinchazos bas, entière en avant, salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre.
 
2ème (5 ans 5 mois) : mal piqué, trébuche à la sortie de la 1ère pique, de côté et secoue à la 2ème, au même endroit et rechargée. 2ème tiers correct sans plus. A la muleta, Aguilar se bagarre avec un toro qui serre des deux bords, ne cherche ou n’arrive pas à baisser la main et il finit par se mettre en difficulté. Entière tendue, plate et avant suivie de cinq descabellos. Silence.
 
3ème (5 ans 3 mois) : très armé, mais de « vilaines » cornes blanches. Piqué en arrière par Gabin Rehabi, il fait sauter la pique, bouscule le cheval, et le picador recharge en carioca ; la 2ème pique, en place, est bien tenue et la 3ème, en arrière et replacée, est prise en venant du centre. Le picador sort sous l’ovation, profitant de l’occasion pour nous montrer ses capacités de cavalier. Banderilles à cornes passées, avec poursuite et chute à la 1ère paire. A la muleta, l’animal montre sa noblesse et confirme sa faiblesse, puis cherche le toril, où se déroulera alors la faena. Salut aux tiers, arrastre applaudi.
 
4ème (5 ans 3 mois) : plus lourd, réticent dans la cape de Vilches, il prend d’abord une pique basse en poussant aux planches puis une 2ème, venant de plus loin, levée de suite. Le 2ème tiers est mené vite, avec une 2ème paire correcte et une 3ème chanceuse. Noble mais faible, le toro encense avant de chuter, et le torero sert de nouveau une faena au centre, avec une bonne séquence de naturelles données en se croisant, même si la série suivante est plus heurtée. Entière basse d’effet immédiat et oreille.
 
5ème (4 ans 2 mois) : un cornalon qui pousse sous une pique en place et en prend une 2ème en arrière. Les banderilles, au moins pour les 1ère et 3ème paires, sans poursuite. A la muleta, noblesse, fadeur et faiblesse latente sont au programme, ce qui ne l’empêche pas d’avertir Aguilar. Ce dernier n’arrive à résoudre le problème, se mettant tout seul en difficulté ; la faena « bagarre » qui en résulte comporte aussi un peu de cinéma pour la galerie. ¾ de lame plate en arrière, trois descabellos et silence.  
 
6ème (5 ans 3 mois) : sort un beau toro, ouvert d’armure, co-auteur d’une réception élégante rematée de trois demi-véroniques. Il s’échappe au cheval pour le malmener, le picador ne piquant pas, revient pour une pique appuyée ; il arrive de loin pour une 2ème en arrière, rentrant violemment dans l’ensemble équestre ; enfin, il se montre tardo à la 3ème, brève, mais vient au galop. Il met les hommes en difficulté aux banderilles et les poursuit. Pérez Mota a « vu » le bon toro, doté d’une noblesse encastée, concluant une faena correcte et sincère d’une belle série de naturelles, main basse. Entière tombée, deux oreilles et vuelta méritée pour la dépouille d’un toro complet, vuelta incluant le mayoral, Rehabi et le picador de turno.
 
Présidence : Nicolas Pétriat, assisté de Joaquim Camacho et de Pascal Lavigne.
 
Encore un paseo retardé, cette fois pour cause de présence de manifestants anti-corrida. Pourquoi donner ce genre de précision ? C’est accorder beaucoup d’importance à une poignée de guignols.
 
 
VIC FEZENSAC – Dimanche 8 juin 2014 (après-midi)
 
Corrida de PAGES-MAILHAN pour MORENITO de ARANDA (tabac à parements blancs et or), Joselito ADAME (bleu roi à parements blancs et or) et Thomas DUFAU (rouge basque à parements blancs et or)
 
En raison des dégâts provoqués par un débarquement plus que mouvementé, le lot initial a dû être complété. Sur les dix exemplaires amenés par les éleveurs, cinq seulement sont sortis en piste ; l’un d’eux ayant dû être renvoyé aux corrals, nous avons donc assisté à la lidia de quatre Pagès-Mailhan et de deux sobreros de Cebada Gago (5ème et 6ème , qui ont eu la politesse de se mettre au diapason de l’élevage titulaire). Tous les arrastres ont peu ou prou été sifflés.
 
1er (5 ans) : bien armé, remate et passe bien dans la cape. S’échappe au cheval pour une pique brève et sort seul des deux suivantes (3ème en venant du centre). Le 2ème tiers est consciencieusement bâclé. Morenito conduit sa faena en hurlant, comme s’il nous la commentait lui-même. Il semble content de lui alors que son toro fléchit et que le public s’ennuie ; leurre touché à chaque passe, animal qui sort distrait de la passe … Entière en place d’effet rapide, silence.
 
2ème (5 ans 2 mois) : armure correcte sans plus, charge courte et faiblesse. Il est changé pour un autre Pagès-Mailhan long, qui sort seul d’une pique en arrière et à genoux de la 2ème, dans l’épaule et rectifiée. Banderilles à oublier, avec trois seuls palos cloués. Cité de loin, l’animal charge au trot et fléchit ; la faena résulte pénible pour lui, pour le matador et pour nous. La corvée s’achève sur une grande entière en avant portée avec engagement et un descabello. Silence.
 
3ème (5 ans 1 mois) : negro mulato reçu par larga à genoux suivie de véroniques lentes et correctes. Lidia à l’envers au 1er tiers, avec une 1ère mise en suerte au centre et une 2ème de plus près sur laquelle le toro se montre tardo ; la pique est levée de suite, et l’on applaudit un picador qui n’a pas piqué. L’animal ne paraît guère plus concerné par le 2ème tiers. Dufau veut débuter sa faena par une passe changée au centre, mais son toro reste obstinément figé au burladero. Enfin décollé de son refuge, il se montre tardissimo, mettant cependant la tête le temps d’une série. La charge mesurée finit rapidement au pas et le matador en termine d’une entière verticale basse d’effet très rapide. Salut aux tiers.
 
4ème : armé court, essaie de sauter les planches. Nous avons droit à trois mises en suerte sous le cheval : 1ère pique pompée, 2ème en sortant seul, 3ème rechargée, et nous avons même une 4ème pour finir de se moquer du monde, avec une belle confusion dans la sonnerie des clarines (sonné ? pas sonné ?). Le 2ème tiers reste dans la tonalité, avec quatre banderilles posées en trois fois ; heureusement, le président a « tenu ». Ayant tout fait pour se mettre le public à dos, Morenito a au moins atteint cet objectif, et la faena débute sous les quolibets. L’homme essaie bien de remonter la pente, mais le mal est fait ; il finit par se faire promener par un adversaire plus mobile qu’attendu et conclut par pinchazo et bajonazo. Silence poli.
 
5ème : un Cebada bien armé, astifino, reçu par véroniques genou ployé. Placé loin, il se rapproche et saute au contact de la pique, puis vient en zig zag à la 2ème, manquée, et on en reste là. Après un quite en tablier, le 2ème tiers est bien mené, avec salut du peon pour les 1ère et 3ème paires. Adame se fait littéralement manger par son toro, rapide de charge ; il opte pour des passes de châtiment et tue d’une lame plate en travers suivie de trois descabellos. Silence.
 
6ème : autre Cebada qui ne montre rien sous deux vilaines piques bien basses. 2ème tiers correct, avec poursuite. Noble, l’animal s’agenouille à la muleta, s’éteint et va aux planches. Dufau conclut d’une entière en place d’effet immédiat qui déclenche l’octroi d’une oreille.
 
Présidence : Guy Bournac, correct, assisté de Joaquim Camacho et de Michel Bouix.
 
 
VIC FEZENSAC – Lundi 9 juin 2014
 
Corrida de Da Dolorès AGUIRRE pour Fernando ROBLEÑO (terre cuite et or), Javier CASTAÑO (bleu marine et or) et Alberto LAMELAS (bleu roi à parements blancs et or).
 
Un lot de cinqueños de beau trapio, bien armés. Un lot de mansos, oui, mais de mansos con casta, des toros qui sont là non pour offrir, mais pour vendre leur vie, et qui la vendent : que leur reprocher ? En tout cas, une course qui marquera la temporada, et peut-être même quelques autres.
1er (5 ans) : negro bragado faiblard, secoue sous une pique en place ; la 2ème est basse et rectifiée. Angel Otero salue aux banderilles, plantées crânement à un toro quasiment arrêté. L’animal fléchit tant de l’avant que de l’arrière, revient sur Robleño à droite et le serre à gauche. Retour à droite pour deux séries valeureuses, et le matador abrège. Estocade laborieuse avec trois pinchazos pas trop engagés et entière en avant. Salut du callejon.
 
 
2ème (5 ans 5 mois) : negro fin, bien armé et pas fixé à la cape. C’est un manso qui vient en cinq rencontres : 1ère en sortant seul de suite ; 2ème en poussant ; 3ème en soulevant le cheval puis sortant seul ; 4ème venant de loin en accélérant ; 5ème encore de loin, attrapant le cheval sous l’antérieur. Il arrive avec du gaz aux banderilles, Adalid se montrant spectaculaire et Sànchez acrobatique. Toujours mobile et tout aussi distrait dans la muleta de Castaño, qui peine à lui maintenir la tête dans le leurre et à l’empêcher d’aller au toril. Comme son adversaire envoie la corne à gauche, il conclut d’une demi-lame en place au toril suivie d’une entière basse. Division pour l’homme ; applaudissements et même (petite) pétition de vuelta pour un manso con casta.
 
3ème (5 ans et demi) : lui aussi difficile à fixer ; un violent remate fait éclater le piton gauche. Il pousse aux 1ère et 3ème piques, moins à la 2ème, puis attend les hommes aux banderilles. Mobile et violent, il se retourne sèchement à la 1ère série à droite. Lamelas se croise à la suivante et frôle l’accrochage à la 3ème. Deux séries de naturelles courageuses, le retour à droite étant plus heurté. Le torero insiste un peu à gauche puis peine à cadrer son adversaire qu’il tue d’une entière contraire à la limite de l’avis. Pétition minoritaire pour un salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre.
 
4ème (5 ans et demi) : veleto très armé et lui aussi coureur. Après une réception correcte au centre, il pousse le cheval aux planches et arrive à l’effondrer par l’avant, puis échoue de peu à débarquer le picador à la 2ème rencontre ; à la 3ème, il attend et regarde, donnant l’impression de calculer son coup pour arriver enfin à renverser ce « machin », cogne et sort de suite. Aux banderilles, il attend les hommes puis les poursuit, mettant aussi le peon de brega à la peine. Après deux séries de derechazos templés, il devient tardo et se rapproche du toril. Robleño arrête assez rapidement et de nouveau peine à conclure avec mete y saca, pinchazo, entière en avant et deux descabellos. Avis, silence et applaudissements à l’arrastre. 
 
5ème (5 ans 4 mois) : negro liston, impressionnant tant de trapio que d’armure qui serre Castaño de suite. Est-ce pour cela que la lidia au 1er tiers sera absente ? Le toro fonce sur Placido Sandoval et sort seul, revient de lui-même et secoue, revient seul, prend une 4ème pique dans l’épaule, une 5ème courte et enfin une 6ème avec les clarines ! Ca continue aux banderilles, avec la cuadrilla vedette en difficulté : difficulté réelle ou astuce pour ne pas faire d’ombre au « patron », visiblement dépassé ? Castaño débute sa faena par des passes de châtiment sévères puis recule des deux côtés sous quelques sifflets. Sànchez lui conseille de baisser la main, ce qu’il fait, et effectivement le toro passe mieux … sauf que quelques-uns trouvent spirituel de continuer à siffler, alors que le torero a –au moins- fait l’effort. Dans ce contexte, il choisit (logiquement pour moi) d’abréger et tue d’une demi-lame en place au ralenti. Petite bronca et applaudissements à l’arrastre. Un toro intéressant gâché par la faute d’à peu près tous.
 
6ème (5 ans 8 mois) : l’ancêtre du lot, autre veleto très armé, manso bien sûr qui fuit les capes et, après moult regards, essaie de sauter les planches sans y arriver. Le tercio de piques, à la charge de Gabin Rehabi, est des plus mouvementé, à la limite du drame. 1ère pique en soulevant le cheval ; 2ème puis un refilon en sortant seul ; 4ème et 5ème en déséquilibrant la monture et en sortant seul, 6ème qui restera dans la mémoire : Gabin va provoquer le manso loin des lignes (se faisant bien sûr siffler au passage par ceux qui ont tout compris de la lidia d’un manso), le toro soulève et renverse cheval et cavalier, ce dernier réussit à s’en sortir, le cornu s’acharne sur le cheval et, se rendant compte que ce « truc » renversé roule, lui fait exécuter deux tonneaux. Le cheval se relève, le toro le charge de nouveau et Alain Bonijol le protège comme il peut du côté opposé. Le président devait-il laisser se faire une 7ème rencontre ? … Toujours est-il qu’à la surprise des hommes en piste, et déclenchant les huées d’une partie du public, il fait sonner les clarines. Il est vrai que l’animal provoque la panique aux banderilles, pourchassant les hommes en accélérant sa course ; quatre palos seront cloués, un par un (dont un dans le flanc), au prix d’au moins deux passages en faux. Lamelas a senti l’occasion et réussit à voler quelques muletazos puis à –presque- lier quatre série vers le centre. Une grande entière en avant suivie d’un descabello déclenche l’octroi d’une oreille, que beaucoup auraient aimé voir doubler. Vuelta de Lamelas, torride et doublée et ovation à Bonijol, qui salue en piste, suivi de Destinado qui, lui, ne salue pas mais effectue un tour d’honneur (?). Pourquoi pas, mais ce qui me gêne dans tout cela, c’est que l’on a oublié de faire saluer le mayoral, alors que l’on a vu, que ce soit à Vic ou ailleurs, nombre de saluts moins mérités … 
 
Présidence : Javier Molero, assisté de Joaquim Camacho et de Jean-Franck Passicos.
 
Bernard Desvignes