Le temps est au beau quand s’ouvre la corrida sur un « se canto » mobilisateur avant que ne soit rendu un hommage à Hubert Yonnet par applaudissements. Les trois novilleros font leur présentation dans l’arène landaise devant une demi-entrée.

David MARTIN ESCUDERO hérite du n°129, un novillo court de corps et astifino. Il est mis à l’’épreuve à la cape par son adversaire qui laisse voir des signes de faiblesse en trébuchant mais sans chuter. Son état ira en s’aggravant après une pique unique où il pousse modérément, il chute à la mise en suerte aux banderilles puis à l’entame du tercio de banderilles. Le taureau invalide sera lidié sans saveur comme à un entrainement de figures imposées. L’affaire se conclue de trois quart d’une épée légèrement contraire et atravesada nécessitant un descabello.

Le n° 10 a le trapio d’un taureau ; il le réceptionne à genou d’une larga afarolada, ce sera le seul geste noveril de l’après-midi. La première pique est volée et poussée d’une seule corne sur un quart d’arène. Il échappe encore à la deuxième où il s’emploie à nouveau. Malgré ce traitement il jouera de la tête et montrera lui aussi des signes de faiblesse des antérieurs. Le novillero réussira à lier quelques passes en se faisant toucher la muleta et terminera sur une série de manoletinas. Il l’abat d’une belle épée mais rencontrera des difficultés pour le fixer verdugo en main.

                                                         David MARTIN ESCUDERO

FILIBERTO semble porter tous les malheurs du monde tant son expression est retenue. Son opposition, le n°123 sort vivement des chiqueros et se met à trébucher dès avant la cape. Il subit deux piques lors d’un tercio désordonné où il échappe aux mises en suerte. Il suit les hommes aux banderilles. Brindis au public. La charge très longue et puissante fait s’échapper le taureau de la muleta. Le torero alterne les deux cornes sans pouvoir enchaîner et lier les passes. In fine, le novillo se réserve et cherche les planches contraignant l’homme à toréer sur le passage sans pouvoir peser sur les trajectoires. L’estocade se fait d’une épée entière traversante suivie de descabellos après sonnerie d’un avis.

Le n°5 est beau de trapio et dispose d’une amure de taureau adulte, il s’abime les cornes en frappant les planches. Lui aussi a tendance à trébucher et sera difficile à mettre en suerte. La première pique est placée cheval perpendiculaire à l’axe de la charge, posée loin dans le dos, pompée et carioquée, la totale ; la présidence refuse logiquement le changement de tercio  pour une deuxième donnée le cheval étant tanqué aux planches ! Brindis au ciel. Le novillo a une bonne charge et accepte d’être toréé sur les deux rives sans esquisser le moindre geste de défense. Il est couché d’un quart de lame trop en avant, suivront un avis et deux descabellos. Applaudissements à l’arrastre, salut au tiers et vuelta par confusion avec les applaudissements plutôt adressés à la banda qu’au torero.

                                                                 FILIBERTO

Ginès MARIN remplace Vicente Soler blessé. Il accueille le n°125 à la cape sans qu’il ne soit nécessaire de signaler quoi que ce soit. La pique est bien posée et sans enfermer le novillo qui pousse de la seule corne gauche. Les banderilles se trouvent éparpillées sur le dos et les flancs. Une série de trincheras conduisent le duo au centre de l’arène. Le novillero se fait surprendre par la corne gauche. Il en est déstabilisé et peinera à reprendre confiance. Le novillo, intéressant, va s’éteindre et tricoter de la tête réitérant l’expression de défauts qui n’ont pas été rectifiés. La mort sera laborieuse servie d’une demi-épée et d’une série de descabellos.

Le n°17 se présente grassouillet et a tendance à beaucoup se déplacer esquivant le leurre et fuyant le cheval. Il pousse de la corne gauche et provoque la chute de l’équipage. Il ira trois fois à la seconde pique en sortant seul. En véritable manso, il sera difficile à banderiller. Il sortira affaibli d’une vuelta de campana à l’entame du tiers de muleta et s’éteindra rapidement. Le novillero s’engage alors dans une faena encimiste et trop longue qui ne porte pas sur les gradins. Après un pinchazo profond et deux désarmés au cadrage du novillo, il le couche d’une entière, le taureau tombant aux planches.

                                                                    Ginès MARIN

Au final des novillos faiblards et des novilleros plutôt tristes d’en découdre ne parvenant pas à dérider un public plutôt froid ; demain sera un autre jour.

Dominique VALMARY