Prenez un élevage renommé qui a souvent marqué les grandes Ferias tant d’Espagne que de France : Fuente Ymbro, dont le señor Ricardo Garrido a su tirer le meilleur des toros de sang Jandilla qu’il a achetés à Borja Domecq, la crème des crèmes des éleveurs andalous. Un toro dont rêvent tous les toreros modernes.

 Vous ajoutez trois novilleros qui ont marqué la temporada, surtout  José Garrido, triomphateur de la novillada de Bilbao en août dernier. Ma copine se pâme quand elle évoque cette matinée. Elle l’avait découvert à Valencia où, il avait renversé l’aficion.

Vous l’accompagnez d’Alvaro Lorenzo, mais si ! Ne faites pas l’ignorant : ce jeune qui a remporté la Cape d’Or pour la novillada de la feria de la Pentecôte 2014 mise en compétition par la Peña Antonio Ordoñez. Et enfin, vous ajoutez Borja Jimenez, un blondinet qui, je me souviens, à Lunel en 2013 avait obtenu le trophée Pescalune. Un joli blondinet coiffé comme El Cordobes et qui possède une jolie ceinture dans ses gestes comme le Ve Calife de Cordoue.

 Bien sûr ils sont applaudis tous les trois au paseo pendant que l’orchestre Chicuelo secundo  entonne le traditionnel air du toreador de Carmen. Et puis…

 Pas de Concerto d’Aranjuez, pas de « Deguelo » du film Rio Bravo, pas de paso doble comme la semaine dernière à Arles pour le solo de Juan Bautista. Rien.

Silence musical pour Borja Jimenez, même s’il a été applaudi après la mort du premier Fuente Ymbro et a salué les quelque 5000 aficionados présents pour cette ouverture de Feria. Une faena un peu longuette, des échecs avec les aciers de Tolède, mais s’ils avaient été de Florange, le résultat aurait été identique. Même constat au quatrième : échec avec les lames malgré quelques séries tant droitières que gauchères d’où ressortait ce mouvement souple des hanches.

Silence pour Jose Garrido qui faillit bien recevoir une sacrée raclée quand le second novillo le fit virevolter par-dessus ses cornes comme une girouette. Ce toro avait d’ailleurs mis à terre le cheval du picador. Alors, petit geste de pundonor, le jeune torero se planta de face, en droite ligne avec les cornes et dessina des séries de naturelles qui démontraient que ce garçon possède un sacré courage. Échec encore avec l’épée et le descabello et un avis en complément de séance. Applaudissements et salut tout de même.

Alvaro Lorenzo - Photo Agnès Peronnet

Le cinquième, même peu piqué ne permit pas plus que les autres. Il fait presque nuit et l’on s’achemine lentement vers un 0+0 = égale la tête à Toto.

 Tiens, on se réveille avec le troisième qui occasionne la chute de à la première pique. Le banderillero de service se fait applaudir et salut. Tant qu’il y a de la vie… on espère. Alvaro Lorenzo prend les choses en mains. Hélas deux séries après, un bloc de marbre est au centre de la piste, il consent quelques pas pour franchir la barrière de la muleta qui le sépare de l’homme. Il est même parvenu à mettre la corne où il ne fallait pas et voilà le « pôvre » Alvaro quelques mètres dans les airs avant de chuter. Heureusement ces garçons ne sont pas faits comme les footballeurs qui auraient alors appelé maman, le soigneur, l’infirmier et le reste. Lui est reparti au combat comme si de rien était. Epée et descabellos n’étaient, par contre, pas à son service : 1 avis avant que la bête tombe, mais applaudissements et salut. 

Au sixième le torero entendit aussi un avis et le cirque s’est refermé sans triomphe.

Tiens ! Chicuelo II se met à jouer pendant que l’on quitte sa place.

 Paul Bosc