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LA MACHINE A REMONTER LE TEMPS

LA MACHINE A REMONTER LE TEMPS.

La corrida est une aventure, un truc inventé par les hommes, d’une simplicité simplissime…prendre l’un des animaux les plus dangereux de la planète, le toro de combat, et mettre face à lui des hommes bien décidés à en découdre et à survivre en se jouant la peau.

Simple !

Céret est le cœur battant d’une tauromachie, ou le luxe, les entrechats, les révérences et les atermoiements n’existent pas. La course de Miguel Reta est une course pour l’histoire.

Je me souviens des bouquins qui racontent l’histoire de la tauromachie, il y était toujours question de piques nombreuses, de chevaux renversés et de faenas courtes dont le seul objectif était de faire baisser la tête au toro, pour le tuer.

Soyons objectifs, qui n’était jamais venu à Céret, et tombait sur cette course ne peut pas comprendre.

Ni un touriste égaré, ni un néophyte, encore moins un toreriste dont les muñecas de chiffons, tournent en faisant des manières ne peuvent s’accommoder de ce a quoi on a assisté hier…

Une invitation au voyage dans une machine à remonter le temps, qui ressemblait à une essoreuse pour les trois toreros, Sanchez Vara, Octavio Chacon, et Miguel Angel Pacheco.

Je suis pour ma part heureux d’avoir assisté, et participé à la probable dernière corrida de Coquilla, et certainement que je ne reverrai pas ces toros de Reta avant un long, un très long moment.

En fait j’ai tellement de choses à dire sur cette corrida qu’il me faudra tout un chapitre à venir. Les commentaires entendus dans les gradins, les escaliers et les alentours des arènes sont si variés, différents et contradictoires qu’il fera bon l’hiver revenu, s’asseoir et deviser de cette corrida.

Je laisse le soin du détail aux revistero accomplis, dont je ne sais pas comment ils vont s’en sortir pour traduire les vagues d’émotions, d’incompréhension, de surprises et de traduction moderne de ce voyage dans le temps.

Des toros d’avant, les livres savants racontent des Tercio de piques épiques, des manso perdido d’une dureté sauvage, et des toreros dont le rôle principal était de faire des passes de châtiments afin de faire baisser la tête du toro dans le but de le tuer …ouf…c’est avant toute chose ce qui a manqué cruellement aux trois toreros… ce savoir-là ne s’apprend pas dans les livres, il faut s’être coltiné ce genre de bestiole assez souvent pour avoir le savoir-faire nécessaire, et visiblement la lidia moderne ne peut satisfaire la mansedumbre magistrale, ou, voire quatre toros au-delà des six ans révolus dont l’instinct (appelez ça comme vous voulez, compréhension, intelligence belliqueuse) ou la manière de s’aviser…tout cela démunit les toreros moderne des recours nécessaires.

Fort heureusement, hier, la corne passa près, arrachant la cravate d’un péon, rejetant la cape haut dans les gradins, et heurtant sans pénétrer le jeune Pacheco qui se fit emporter…

Bref, monter dans la machine a remonter le temps, demande du savoir, du courage, voire de l’inconscience d’ailleurs le brindis de Chacon a ses deux compagnons de galère leur demandant de lui pardonner était tout a fait éloquent.

Je suis certain que nous ne reverrons pas ces toros de sitôt dans un ruedo, et que dans le mundillo les candidats ne se bousculeront pas pour prendre de tels risques ou l’on a plus à perdre qu’à gagner…

CHF