photo Terrestaurines

Comme cela avait été le cas entre 1966 et 1970, à la fin du Franquisme, le Toro de la Vega de Tordesillas vient de recevoir la puntilla alors que c'est une manifestation qui avait officiellement  été déclarée d’interêt culturel en 1980 et inclus dans les spectacles taurins traditionnels depuis 1999. La mort du toro ne sera plus possible en présence du public ce qui revient à l'interdire sous sa forme actuelle. Quelle forme prendra-t-il donc ? Arrêtera-t-on au premier coup de lance ? Fairons-nous fi de la Loi ?  En tous cas, voilà le dernier pas franchi avant la suppression de la mise à mort en corridas.

C’est curieusement le gouvernement de Castille et Léon, pourtant de droite, qui vient de prendre cette décision d’interdire la mort du toro dans tous les spectacles populaires et traditionnels alors que le PP se targue de défendre les traditions espagnoles. La mairie socialiste de cette petite ville a fait appel de cette décision prise à Valladolid, la capitale régionale toute proche, avec le soutien de l'opposition et de la population lors d'une manifestationj qui a rassemblé le 18 juin plus de 3000 personnes (la ville n'en compte que trois fois plus).

Cette tradition locale, issue du Moyen Âge, est la dernière survivance de la lanzada a pie, elle même l'héritière de pratiques cinégétiques existant déjà au moins à l'époque de Néandertal, avant l'apparition des armes de jets. Elle a lieu le premier mardi qui suit le 8 mai en présence d’un public nombreux.

Sans doute a-t-on voulu éviter par là de donner une trop grande publicité à la polémique servie ces dernières années par des groupuscules animalistes.

S’agit-il d’une décision définitive ou d’une stratégie électoraliste de mauvais aloi ? Pourquoi n’a-t-on pas demandé leur avis aux gens du cru ?

Quoi qu’il en soit la bien-pensance a encore frappé. Les citadins raffinés ont encore imposé leur loi aux paysans barbares.