Nos amis de la Associación Internacional de Tauromaquia (AIT) nous informent de ce qui en train de se passer à Xirivella (Valencia) où le nouveau maire, Michel Montaner Berbel (PSOE), a interdit les traditionnels Bous al carrer lors de la fête de septembre dernier mais vient d'organiser dans sa ville, durant la dernière semaine de février, une consultation électorale, considérée comme illégale, pour demander à ses administrés de se prononcer contre ces fêtes taurines populaires et ainsi se justifier à posteriori de son interdiction de septembre.

L'AIT fait savoir qu'avec la Peña Ricón Taurino de Xirivella elle a engagé une procédure judiciaire contre le maire.

Après avoir reproduit l'entame de son communiqué, nous en donnons une traducion :  

...................................................................................................................................

LA CONSULTATION DE XIRIVELLA SUR LES TAUREAUX : UNE FARCE !

Bien que les groupes, PSOE, Podemos, et Coalició Compromís (parti valencien, indépendantiste, progressiste et écologiste), aient fait une forte campagne contre les taureaux, ils ne sont arrivés qu’à mobiliser 7% de la population en laissant les urnes ouvertes durant six jours.

Les aficionados n'ont pas participé à une consultation illégale au résultat nul et rapprochant le maire du banc des prévenus.

Madrid 1er mars 2016

La "consultation populaire" au terme de laquelle le Maire de Xirivella (Valencia), Michel Montaner Bervel (PSPV-PSOE), au prix d’une ignominieuse fuite en avant cherchait à donner un vernis de légitimité à sa décision arbitraire d'empêcher les toros dans sa localité, est terminée.

Comme il était prévisible, la consultation illégale n'a pas attiré les habitants. Elle a mobilisé moins de 7 % de la population des plus de 18 ans ; seulement 1 726 personnes sur 23 790 ; 922 ont voté non, 798 ont voté oui aux bous al carrrer. À peine une différence de 124 voix, en excluant 4 bulletins blancs et 2 nuls.

Et cela, alors que la Mairie de Xirivella et les partis au pouvoir municipal, PSOE, Podemos et Coalició Compromís, ont fait tout ce qu’ils ont pu et plus, pour obtenir une forte participation et un vote écrasant en leur faveur, en prolongeant entre autres manœuvres, la consultation durant 6 longs jours, du 22 février au 26 février et dimanche 28, sans réussir à motiver les citadins, malgré des efforts grossiers et des expédients tordus aussi bien en faisant agir des pressions sur les personnes qu’à grands frais de publicité pour des affiches dans les rues et des pages d'Internet et de Facebook, mais sans obtenir les résultats espérés. Ainsi, quand, vendredi dernier, ils ont constaté l’évidente perspective de résultats défavorables pour eux, ils ont modifié de manière suspecte les bases de la consultation pour tenter de retourner la tendance.

Les aficionados, eux, n'ont pas fait campagne en faveur du oui,  considérant la consultation manifestement illégale comme dénoncé dans la plainte qu’ils ont présentée devant les tribunaux ; cependant ils ont laissé leurs concitoyens libres de faire ce qu’ils considéraient comme opportun, en face de cette parodie par laquelle le Maire prétendait être “légitimé” et éviter l’action de la justice qui le presse déjà pour son arbitraire et illicite comportement, pour avoir laissé Xirivella sans toros durant la fête.

La Mairie de Xirivella est en piètre posture devant la justice qui va examiner ses responsabilités tant dans son comportement illégal que dans les frais excessifs humains et matériels exposés pour organiser une douteuse consultation manifestement stérile.

Il sera intressant de suivre cette histoire pour voir comment elle va finir. Pour le moment, le Maire illustre ses biens piètres résultats, tout à fait conformes à ce qui nous a été exposé ci-dessus, en exhibant triomphalement sur le site municipal le camembert ci-dessous :

7 % de votants, 922 voix en sa faveur, 798 en sa défaveur, sur 23 790 habitants et il à le culot de présenter ça comme une victoire (voir ici). Il semble mal parti ! Bravo à nos amis espagnols !

Il faut retenir que l'illusion selon laquelle des élus espagnols plus ou moins indépendantistes voudraient interdire les corridas de toros mais tolèreraient les formes de tauromachies populaires locales, comme ce fut le cas en Catalogne, ne tient plus.

Point positif, les aficionados espagnols, toutes nuances confondues, s’associent dans la défense active de leurs cultures taurines.

J-J D